Vivre avec les coyotes à Orléans

Ce n’est peut-être plus Bip Bip qui donne du fil à retordre à Vil Coyote dans le dessin animé de notre enfance, mais l’étendue urbaine qui vient fragiliser l’écosystème des coyotes. Au point que la ville d’Ottawa fera le point dans quelques jours sur la question, en organisant une rencontre virtuelle avec les citoyens au sujet de ces animaux.

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André Magny

IJL – Réseau.Presse – L’Orléanais

 

Laura Dudas, la conseillère d’Orléans, souligne en premier lieu que c’est le 7 mars à 18 h que se tiendra la séance d’information à laquelle les citoyens sont conviés et priés de s’inscrire.

Y a-t-il tant de coyotes à Orléans au point de faire une réunion sur ce type de problème ? Pas plus que dans l’ensemble de la région de la capitale canadienne, précise la conseillère.

Cependant, selon Laura Dudas, le mot «problème» ne serait peut-être pas le bon terme. Elle rappelle que les coyotes, comme une bonne partie de la faune de la région, étaient dans la vallée de l’Outaouais bien avant la création d’Ottawa. «L'un des objectifs de cette séance d'information est d'entendre des spécialistes de la faune locale expliquer comment respecter ces animaux, reconnaître le rôle qu'ils jouent dans notre écosystème local et coexister avec eux en toute sécurité», précise Mme Dudas.

Peu de dangers pour l’humain

Faut-il en avoir peur de ces animaux ? Tout comme la conseillère du quartier Innes, Frédérike Doyon, une finissante en biologie à l’Université Laval, qui a fait de nombreuses observations d’animaux notamment en Alberta, est d’avis que les coyotes ne sont pas dangereux pour l’être humain. Ils nous craignent.

Toutefois, la jeune biologiste ajoute que le danger viendrait d’une surpopulation de l’espèce. On dira alors que celle-ci a atteint «la capacité de support de son milieu», explique Mme Doyon. À ce moment-là, il pourrait donc commencer à y avoir des attaques sur des animaux de fermes ou de compagnie comme des chats ou des chiens, en raison d’un manque de nourriture disponible; les coyotes l’auraient pour ainsi dire épuisée.

Mais qu’on se rassure, on n’en est pas là. Il est cependant important que les Orléanais se familiarisent «avec ce que nous devons faire si nous rencontrons un coyote, et avec les précautions à prendre dans tous les cas», conseille Laura Dudas. Elle ajoute que la ville d’Ottawa dispose d'un site Web contenant de plus amples informations sur l’ennemi juré de Bip Bip, ce grand Géocoucou.

Diminuer le cheptel ?

Si les coyotes sont en croissance, c’est en partie parce qu’ils n’ont pas de prédateurs. Pourquoi? Parce que l'homme, en développant et urbanisant certaines zones, a fait disparaître des prédateurs. «Les coyotes se sont installés pour combler ce vide, et cela est particulièrement vrai dans nos environnements urbains», explique Mme Dudas.  Mme Doyon va également dans le même sens, en mentionnant notamment qu’il est important, pour préserver un écosystème en santé, de garder un équilibre entre prédateurs et proies.

L’une des solutions serait d’augmenter le quota de chasse ou de trappage des coyotes, mais d’après Laura Dudas, la Ville d’Ottawa n’a pas l’intention de diminuer la population locale des coyotes. «Il ne faut pas oublier, précise la conseillère, que leur rôle dans l'écosystème reste très important, car ils contribuent à contrôler les populations d'animaux comme les oies, les écureuils et les rats.»

En tant que biologiste en devenir, Frédérike Doyon trouve dommage qu’à cause de la fragmentation des territoires pour l’urbanisation l’homme ait brisé en quelque sorte cet équilibre dans la chaîne écologique. «La plupart du temps, on doit intervenir pour réparer les pots qu’on a cassés.»

 

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BP :

La jeune biologiste Frédérike Doyon. Crédit : Courtoisie de Frédérike Doyon

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  • Date de création 28 février, 2022
  • Dernière mise à jour 28 février, 2022
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