Vivre avec le diabète type 1

Vivre avec le diabète type 1

 

La Journée mondiale du diabète était le 14 novembre et chaque année, à cette occasion, on demande aux gens de porter du bleu en soutien aux personnes qui en souffrent. Le diabète est une maladie chronique qui survient quand le corps n’est plus en mesure de produire assez d’insuline dans le sang ou qu’il ne l’utilise pas bien. Les trois principaux types de diabète sont le type 1, le type 2 et le diabète de grossesse. Jérémy Richard a reçu son diagnostic de diabète à l’âge de 15 ans, il est atteint du type 1, une maladie auto-immune qui fait en sorte qu’il dépend d’une source externe d’insuline pour le reste de sa vie.

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Renée-Pier Fontaine

IJL – Réseau.Presse – Journal Le Nord

 

Malgré le fait que le diabète type 1 soit une maladie génétique, il peut survenir même si personne dans la famille immédiate n’en souffre puisqu’on le retrouve dans les gênes. « La maladie survient quand le pancréas ne fonctionne plus, je n’ai donc plus d’insuline pour contrôler ce que je mange. L’insuline vient descendre mon niveau de sucre de mon sang. Ce qui arrive avec le diabète, c’est que si je me donne trop d’insuline ou que je fais de l’activité physique, mon sucre baisse trop bas et je dois donc manger du sucre pour ramener mon taux à la normale. La norme c’est d’être entre 4 et 6, selon la personne », explique M. Richard.

 

Le diabète de type 2 est traitable, puisqu’il est souvent relié à un surpoids. Des médicaments existent pour l’éliminer, les gens peuvent faire de l’exercice et perdre du poids pour vaincre la maladie. Le diabète de grossesse disparait à l’accouchement, mais les risques de développer un diabète de type 2 pour la mère sont augmentés. Les données de Diabète Canada démontrent qu’en Ontario 29 % de la population sont diabétiques ou prédiabétiques et que 10 % de la population vit avec un diabète diagnostiqué. Selon l’étude, l’augmentation de la prévalence du diabète (diagnostics de type 1 et de type 2) entre 2020 et 2030 sera de 28 %.

 

Par chance pour Jérémy, son diagnostic n’a pas eu de grandes incidences sur sa vie quotidienne à l’adolescence. La seule déception qu’il a vécue c’est de recevoir son diagnostic deux jours avant de partir en voyage éducatif. En fait, lorsque le diabétique reçoit la nouvelle, il doit être hospitalisé immédiatement pendant une période d’environ 14 jours. « J’avais aussi une responsabilité de plus : je devais faire attention à ce que je mange, compter mes carbs, etc. J’ai eu une période où je voulais être comme tout le monde et nier un peu mon diabète, la conséquence de ça c’est que j’ai été hospitalisé un peu plus que la moyenne des gens », dit M. Richard. Lors de soirées entre amis, il devait faire attention, car certaines boissons contiennent beaucoup de sucre. Parfois, les parents sur les lieux vérifiaient sa condition et lui rappelaient de tester son taux de sucre pour que son état ne se détériore pas.

 

Depuis que M. Richard a reçu son diagnostic, les dispositifs de surveillance de glucose et la façon d’injecter l’insuline à son corps ont changé. Jérémy se rappelle : « Au début, je devais piquer mon doigt tous les jours pour vérifier mon sang et j’injectais ensuite l’insuline dans mon ventre à l’aide d’une aiguille chaque fois que mon sucre était trop haut ou chaque fois que je mangeais. J’avais aussi une insuline à prendre le soir. » La technologie permet maintenant aux diabétiques de recevoir la bonne quantité d’insuline par rapport au nombre de glucides qu’ils ont ingérés grâce à une pompe reliée au corps par un tube collé sur la peau. Pour ce qui est de la vérification de glucose dans le sang, plus besoin de se piquer le doigt ; Jérémy utilise maintenant un moniteur Bluetooth qui envoie les données à sa pompe et sur son cellulaire toutes les cinq minutes. De plus, si son taux de sucre baisse durant la nuit, une alarme sonnera pour le réveiller afin qu’il puisse aller manger des glucides pour faire remonter son sucre.

 

Pour Jérémy, le changement de routine en ce qui concerne la prise de son médicament n’a pas été instantané. « Je n’étais pas prêt à avoir un changement, pas prêt à avoir une pompe toujours attachée sur moi. Je me disais : qu’est-ce que les gens vont penser ? Qu’est-ce que je vais faire avec ça ? Pour toutes les circonstances de la vie, comme quand je fais du sport, me baigner ou peu importe », confie Jérémy. Il se trouve fortuné d’être bien entouré, ayant d’autres personnes diabétiques autour de lui. Leurs encouragements l’ont rassuré et aidé à faire le choix d’opter pour la pompe. Quatre ans plus tard, il reconnait que c’était la meilleure chose à faire et apprécie davantage ce que la technologie a à lui offrir.

 

  1. Richard est plus en contrôle de son diabète, affirmant toutefois qu’un état stable n’existe pas avec sa maladie. « C’est quelque chose qui est constant, tous les jours, toutes les heures et même chaque minute. Je dois toujours dire à ma pompe ce que j’ai mangé pour le calcul d’insuline, le but c’est d’être stable à court terme. Étant de type 1, mon pancréas ne fonctionne plus, je dois donc lui en donner manuellement comme quelqu’un qui conduirait une voiture manuelle », explique-t-il. Jérémy n’a pas de restriction alimentaire pour cette raison, il dément aussi le mythe qu’un diabétique de type 1 ne doit absolument pas manger de sucre. Comme c’est le cas pour tout le monde, l’ingestion d’une trop grande quantité d’aliments sucrés et riches en glucides aura un effet néfaste sur la santé.

 

Les symptômes pour le diabète sont les mêmes chez l’enfant et l’adulte. Le diabète de type 2 est très rare chez les enfants puisqu’il est souvent relié à l’obésité. M. Richard dit que si votre enfant ressent une soif intense, va au petit coin plus souvent que la norme, est très déshydraté, a un manque d’énergie et un manque de concentration, de gros maux de tête, il se pourrait que ça soit le diabète. C’est possible de faire passer un test de cétone dans l’urine du bébé ou de l’enfant qui ressent de tels symptômes et ainsi voir si elle contient beaucoup de sucre ou non.

 

Vivre avec le diabète implique aussi des dépenses mensuelles essentielles à la survie des gens qui en souffrent. Pour Jérémy, les dépenses reliées à sa maladie sont relativement stables puisque son glucomètre est couvert depuis environ un an, ce qui représente une économie de 300 $ par mois. « Le gouvernement aide beaucoup avec certaines choses. La pompe d’insuline coute environ 250 $ par mois, le gouvernement me donne 200 $ par mois, donc ça me coute seulement 50 $ pour ma pompe. Mon insuline est couverte par mon plan au travail, mais disons que si je ne l’avais pas, ça me couterait très cher », conclut-il. Le gouvernement de l’Ontario offre de plus en plus de programmes afin de faciliter l’accès aux médicaments, aux fournitures et aux systèmes de surveillance du glucose. Des dépenses personnelles peuvent survenir quand même pour ceux qui ont des régimes d’assurances privés s’il y a une franchise à payer ou un plafond de couverture annuelle.

 

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Photos gracieuseté de Jérémy Richard

 

  1. Sur la photo Jérémy vérifie son taux de glucose
  2. Photo de lui, sa femme Kyrah et sa fille Elayah
  • Nombre de fichiers 3
  • Date de création 16 novembre, 2023
  • Dernière mise à jour 16 novembre, 2023
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