Violence sexuelle: plus facile de dénoncer sur les campus ontariens

Émilie Pelletier

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Initiative de journalisme local

Queen’s Park

TORONTO — Le gouvernement Ford ne veut plus que les étudiants qui dénoncent des incidents de violence et de harcèlement sexuel se fassent poser des questions à propos de leurs antécédents sexuels.

La province veut aussi que ces étudiants ne subissent plus de répercussions pour avoir enfreint les règles de leur collège ou université en matière de consommation de drogues et d’alcool. 

Le ministre ontarien des Collèges et Universités Ross Romano a annoncé, cette semaine, son intention de réduire la peur et la stigmatisation pour les personnes qui signalent des agressions sexuelles ou des incidents de harcèlement sexuel.

Ces événements passent trop souvent «sous silence», a souligné le ministre, «souvent parce que les étudiantes et les étudiants craignent des représailles ou redoutent de ne pas être pris au sérieux». 

«Une occurrence d’agression sexuelle, de harcèlement ou de toute autre forme de violence dans nos communautés, c’est une occurrence de trop. C’est pourquoi il est si important de mettre en place des politiques qui assurent aux victimes qu’elles peuvent dénoncer sans crainte.»

Ces changements que propose le gouvernement ont été pensés à la suite des recommandations d’une alliance d’étudiants postsecondaires de l’Ontario Undergraduate Student Alliance (OUSA).

Ils forceront les établissements d’enseignement postsecondaires à modifier leurs politiques en matière de violence et de harcèlement sexuels pour que les personnes qui dénoncent ces événements soient protégées de questions non pertinentes et pour qu’elles ne soient plus punies pour avoir enfreint les politiques en matière de consommation de drogues et d’alcool de l’établissement au moment où l’acte serait survenu.

«Soyons clairs : nous n’avons aucune tolérance pour l’action de blâmer les victimes», a soutenu la ministre associée au dossier de l’Enfance et à la Condition féminine, Jill Dunlop. «Nous savons que, trop souvent, les femmes luttent contre la décision de dénoncer une agression sexuelle, nous savons que le processus d’enquête et le processus judiciaire peuvent être aussi traumatisants que l’agression même», a dit la ministre.

Mère de trois étudiantes de niveau postsecondaire, Jill Dunlop souhaite ainsi recentrer le processus de dénonciation sur l’agression, «pas sur des aspects sans importance». 

L’Ontario deviendrait l’une des seules provinces du Canada à mettre en place de telles protections pour les victimes dans la loi ou la réglementation. Des consultations publiques sur les changements proposés seront menées en ligne jusqu’au 15 mars, et le règlement sera modifié peu de temps après. 

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  • Date de création 30 janvier, 2021
  • Dernière mise à jour 29 janvier, 2021
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