Vers une interdiction des pièges à colle?
La Voix acadienne - Les pièges à colle sont toujours en vente libre à l’Île-du-Prince-Édouard. Le collège vétérinaire de l’Atlantique réclame pourtant leur interdiction depuis des années. Ils causent en effet d’importantes souffrances aux animaux.
Marine Ernoult / IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne
Le collège vétérinaire de l’Atlantique, à Charlottetown, demande toujours à la province de bannir les pièges à colle pour rongeurs.
«C’est facile à utiliser, mais c’est difficile d’imaginer une cause de mort plus cruelle et prolongée. Ce type de piège est contre tous les principes de base du bien-être animal», dénonce le professeur émérite du Collège vétérinaire de l’Atlantique, Pierre-Yves Daoust.
«Ces pièges sont inhumains, ils causent des souffrances atroces et des blessures importantes aux animaux», renchérit la professeure en médecine de la faune au Collège vétérinaire de l’Atlantique, Lara Cusack.
Les victimes restent en effet coincées dans une couche de colle très épaisse. Lorsqu’elles essaient de se libérer, elles «peuvent s’arracher la peau, se fracturer les os et finalement mourir à petit feu», alerte la vétérinaire.
«Les animaux meurent de soif et d’épuisement, ça peut prendre plus de 24 heures», ajoute Pierre-Yves Daoust.
Miser sur la prévention
Régulièrement, le Collège vétérinaire reçoit de petits animaux comme des écureuils, des chauves-souris ou des oiseaux coincés et sévèrement blessés.
Aux yeux des deux spécialistes de la faune, ces pièges se trouvent trop facilement dans le commerce, en accès libre dans les rayons des magasins de bricolage.
Lara Cusak pointe le manque d’informations du grand public : «Dans les magasins rien n’indique la dangerosité et les gens ne vont probablement pas faire des recherches sur le sujet. Ils présument que si c’est disponible, ce n’est pas dangereux.»
«Les mentalités ont évolué sur le bien-être animal, mais pas encore suffisamment. Ce n’est pas un réflexe pour tout le monde d’y penser», poursuit Pierre-Yves Daoust.
Le 10 octobre dernier, Lara Cusack a pris la parole lors d’une réunion du Comité permanent des ressources naturelles et de l’environnement de l’Assemblée législative de l’Île-du-Prince-Édouard pour réclamer l’interdiction de ces pièges.
Il y a un an, le Collège avait déjà envoyé une lettre au gouvernement provincial pour qu’il les bannisse, «mais il n’y a pas eu de mouvement depuis», rapporte Pierre-Yves Daoust.
Pour Lara Cusak, les Prince-Édouardiens doivent d’abord miser sur la prévention pour empêcher les rongeurs de rentrer dans les maisons : boucher les trous, se débarrasser des sources de nourriture qui attirent rats et souris.
Déjà interdit dans plusieurs pays
Il existe également d’autres solutions permettant de tuer les souris plus rapidement.
«Ces méthodes, même si elles ne sont pas parfaites, sont nettement meilleures en termes de douleur, de détresse et de souffrance pour les animaux», estime Lara Cusak.
Pierre-Yves Daoust recommande par exemple l’utilisation de pièges à ressort qui permettent de «tuer presque instantanément une grande proportion de rongeurs».
Des pays comme la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas ou l’Allemagne ont d’ores-et-déjà interdit les pièges à colle. En revanche, l’île serait la première province au Canada à les bannir.
«Nous pourrions servir de modèle partout au pays, souligne Lara Cusack. J’ai bon espoir qu’avec les informations que nous avons fournies au comité, les autorités prendront une décision favorable au bien-être de tous les animaux.»
PHOTOS :
1- Régulièrement le Collège vétérinaire de l’Atlantique doit soigner de petits animaux comme des écureuils coincés dans des pièges à colle. (Photo : La Voix acadienne)
2- Lara Cusack du Collège vétérinaire pointe le manque d’informations du grand public sur les pièges à colle. (Photo : Gracieuseté)
3- Pierre-Yves Daoust du Collège vétérinaire conseille plutôt l’utilisation de pièges à ressort. (Photo : Gracieuseté)
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- Date de création 6 novembre, 2024
- Dernière mise à jour 6 novembre, 2024