Une vie dédiée à la francophonie

«Bernard Grandmaître, pour nous, c’est lui qui nous a donné la Loi sur les services en français. J’ai toujours vu le prix Bernard Grandmaître comme l’apogée. J’apprécie tout ce que j’ai reçu, mais ce prix était toujours quelque chose d’un peu plus haut que j’envisageais», souligne celle qui a travaillé au comité de direction de l’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO), et que ce soit au niveau provincial autant qu’à Ottawa. C’est d’ailleurs cet organisme qui présentait le gala du 7 mars dernier.

Cette grande dame, aujourd’hui âgée de 84 ans, pourrait être surnommée le «bouclier de la francophonie», qualificatif que lui a attribué le journaliste du Droit Denis Gratton il y a plusieurs années. «Ça me fait grand plaisir», mentionne-t-elle à ce sujet.

Cet acharnement à la protection de la francophonie en Ontario a débuté en 1969, alors qu’elle siégeait au sein d’un conseil scolaire à Timmins. Toutes les réunions se déroulaient en anglais alors qu’il n’y avait qu’un anglophone parmi ses collègues. «Je me suis rendu compte à ce moment-là qu’il fallait qu’on fasse quelque chose pour protéger et préserver notre langue. Ç’a commencé là et je pense que ça ne s’est jamais arrêté.»

Gravir les échelons

L’enseignante et diététicienne de formation a fait le saut au niveau provincial après s’être grandement engagée auprès des organismes de Timmins, sa ville natale.

Alors que son mari n’avait pas le temps de siéger au sein du Conseil des Affaires franco-ontariennes du gouvernement de William Davis, il a proposé la nomination de sa femme.

Ce fut le premier mandat provincial de Mme Cousineau, dont la plus grande fierté fut la création des 12 conseils scolaires de langue française en Ontario.

«Pour moi, c’est une des choses les plus importantes que j’ai faites», soutient-elle en ajoutant à cela aussi la création des six premiers monuments de la francophonie à Ottawa.

Elle n’a, par la suite, jamais regardé derrière. «Une commission mène à une autre», dit-elle.

Elle a également été la directrice générale de la Fédération nationale des conseils scolaires de langue française. Elle a aussi siégé au sein de l’organisme international francophone Richelieu international.

Mais, Trèva Cousineau n’a pas que travaillé dans des comités qui se penchaient sur les droits des francophones au cours de sa longue carrière.

Elle s’assurait également que les communautés francophones soient toujours entendues, comme lorsqu’elle œuvrait au sein de la Commission sur le financement des écoles élémentaires et secondaires en Ontario. «J’étais la seule francophone du groupe. Je voulais connaître l’impact sur les écoles de langue française», se rappelle-t-elle.

Malgré ses nombreuses récompenses, la leader franco-ontarienne ne veut pas qu’on lui attribue tous les changements apportés par les équipes dont elle a fait partie.

«Il y a bien sûr la création des conseils scolaires, mais il y aurait quelqu’un d’autre qui l’aurait fait à ma place. Je pense que mon travail a porté fruit, parce qu’il y a du développement et les choses s’améliorent, mais je ne prendrais jamais le crédit pour des choses comme ça. C’est toujours un travail d’équipe», affirme-t-elle, humblement.

Le seul regret de l’octogénaire est de ne pas avoir réalisé son rêve de devenir députée provinciale. «Quand j’étais à Timmins, je me préparais pour la politique, tout le monde savait que je me présentais à la prochaine élection provinciale. Mais, mon mari a accepté un poste de juge à Sudbury. J’ai dû faire une croix sur ce rêve, ce désir que j’avais.»

Francophonie ontarienne

Depuis le début de sa carrière, elle observe un grand changement dans la place des francophones en Ontario.

«Ça s’est beaucoup amélioré, les francophones sont beaucoup plus fermes, beaucoup plus forts. Les francophones n’ont plus peur de prendre leur place. Déjà, on voyait une certaine crainte, mais on ne voit plus ça. Je trouve que la francophonie est en bonne position», dit celle qui est bénévole depuis 10 ans.

Elle se consacre en ce moment à la construction du nouveau centre multifonctionnel du Mouvement d’implication francophone d’Orléans (MIFO). «Il ne reste que la subvention du gouvernement», lance la présidente sortante du MIFO.

Matinale et énergique, la militante Trèva Cousineau continuera de défendre et de représenter tous les francophones de l’Ontario.

-30-

  • Nombre de fichiers 3
  • Date de création 14 mars, 2022
  • Dernière mise à jour 14 mars, 2022
error: Contenu protégé, veuillez télécharger l\'article