Une sixième année de suite sans défilé de la Saint-Patrick à Ottawa
C’est la sixième année consécutive que le défilé de la Saint-Patrick est annulé dans la capitale.
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Par Clémence Labasse
IJL - Réseau.Presse - Le Droit
Le défilé de la Saint-Patrick, initialement prévu pour le samedi 15 mars n’a pas eu lieu cette année encore.
En janvier, la Société irlandaise de la région de la capitale nationale [Irish Society of the National Capital Region] avait pourtant annoncé à ses membres que le défilé aurait bien lieu à nouveau cette année.
Permis trop coûteux
Alors qu’est-ce qui a changé depuis? «Les coûts… Nous étions en train de remplir les papiers pour l’obtention d’un permis, mais le permis n’a jamais été délivré parce que la facture était trop élevée», explique Tom O’Neill, président de la société irlandaise.
L’organisme culturel rapporte que la somme nécessaire pour tenir l’événement aux normes demandées par la Ville cette année était de 48 000 $: 26 000 $ pour payer 33 policiers et 22 000 $ pour les barrières et les barricades.
Selon le règlement des événements spéciaux de la Ville (no 2013-232), les demandeurs de permis doivent prouver qu’ils se sont procuré, à leurs frais, les services de sécurité, de soins médicaux, de pompiers ou tout autre service que les gestionnaires de la Ville leur demandent, avant que le permis puisse être octroyé.
Or, la route originellement proposée pour le défilé de la Saint-Patrick dans la capitale canadienne devait descendre une grande partie de la rue Elgin. Une rue qui fait partie de la zone du centre-ville d’Ottawa, où la sécurité ne cesse d’être renforcée depuis la pandémie et les manifestations du «convoi de la liberté» de 2022.
Selon le précédent président de l’association en charge d’organiser le défilé, Sean Kelly, avant la pandémie, en 2019 et les années précédentes, la société payait environ 3500 dollars pour les barrières et les barricades, grâces, entre autres à de bons partenariats avec l’industrie de l’événementiel de la région.
«Nous avons discuté avec d’autres organisateurs de défilés, tels que la marche des fiertés et le défilé des pères Noël, et ils sont confrontés à la même situation. Les organisateurs doivent maintenant faire face à de nouveaux coûts qui n’existaient pas auparavant», déplore Tom O’Neill.
«Tout ce que nous demandons, c’est un simple défilé. [...] Si nous étions des manifestants, nous n’aurions pas à payer tout ça! Si vous suivez les règles, vous payez 48 000 dollars de police et de barricades. Mais si vous ne suivez pas les règles, tout est gratuit».
— Tom O'Neil, président de la Société irlandaise de la région de la capitale nationale
Mais difficile de définir l’origine exacte de cette hausse des prix, car les règlements de la ville ont été établis en 2013. Et si un processus de révision des règles est en cours depuis l’an dernier, les recommandations de modifications ne seront pas présentées avant mai 2025 au conseil municipal.
«Nous n’avons pas vu [de mises à jour récentes à ces règles]. Nous avons demandé une copie des règles et règlements et des statuts à la Ville, et nous ne l’avons pas encore obtenue», explique le président de l’association.
Tom O’Neill ajoute avoir eu des conversations avec des conseillers municipaux sur le sujet, et espère que des changements auront lieu du côté de la ville avant l’an prochain.
Pas d’alternatives pour le moment
L’association a pour un temps considéré une route alternative sur la promenade Queen Elizabeth. Un trajet symbolique, «le long du canal que nos ancêtres ont construit», comme soulignait l’organisme dans un communiqué publié le 2 mars.
Problème: les règlements de la Commission de la capitale nationale (CCN) interdisent que des foules immobiles se rassemblent dans cette zone. «Nous pourrions avancer, mais personne ne serait autorisé à regarder le défilé passer», explique Tom O’Neill.
Ainsi, pour le moment, peu d’options se présentent à la société irlandaise d’Ottawa.
Le 1er mars, l’association a retiré sa demande de permis auprès de la Ville, ce que confirme la municipalité par courriel. «Nous n’avions toujours pas le permis de la ville... Donc, alors que la date s’approchait à grands pas, il nous a fallu prendre la décision de dire à tout le monde, les groupes de musiciens, les organisateurs, les gens des concerts et des chars que c’était fini, pour qu’ils soient prévenus et puissent trouver des engagements ailleurs.»
Le dernier défilé tenu dans la capitale nationale pour la fête de la Saint-Patrick remonte au 16 mars 2019 au centre-ville. L’année d’avant le défilé avait eu lieu dans le quartier du Glebe.
En 2020, la 38e édition de l’événement avait dû être annulée en raison de la pandémie, qui a aussi précipité l’annulation du défilé pour 2021 et 2022.
Puis, en 2023, l’organisme organisateur expliquait n’avoir pas réussi à accumuler assez de financements de la part de commandites pour pouvoir tenir l’événement. Enfin, en 2024, le défilé avait été annulé pour une raison administrative. Selon la Ville, la société irlandaise n’avait pas envoyé sa demande de permis dans les délais escomptés.
De nombreuses dates importantes s’en viennent pour l’association, notamment le 200e anniversaire de Thomas D’Arcy McGee, une figure importante pour les communautés irlando-canadiennes à qui le défilé de cette année devait être dédié.
Et malgré les obstacles, la société irlandaise de la région de la capitale nationale se dit optimiste pour l’an prochain: le défilé aura lieu à temps pour célébrer les 200 ans de Bytown.
Questionné par rapport à la situation, Richard Bruxer, gestionnaire du soutien aux entreprises et des services techniques d’Ottawa, souligne uniquement que la Ville a accordé 186 permis pour la tenue d’événements spéciaux l’an dernier.
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- Date de création 17 mars, 2025
- Dernière mise à jour 17 mars, 2025