Une saison record pour l’industrie acéricole du N.-B. en 2024
Pour la première fois de son histoire, le Nouveau-Brunswick a franchi, en 2024, la barre du million de gallons de sirop d’érable produits au cours d’une année, selon les plus récentes données de Statistique Canada.
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Bobby Therrien
IJL – Réseau.Presse – Acadie Nouvelle
L’industrie acéricole de la province a aussi généré des retombées économiques de près de 52 millions $.
On a ainsi pulvérisé le record précédent établi en 2022, alors que 811 000 gallons de sirop avaient été produits, pour une valeur brute de 33 millions $.
Le président de l’Association acéricole du Nouveau-Brunswick et copropriétaire de l’érablière Les Sirops d’Acadie, Frédérick Dion, s’est réjoui de cette statistique. Même s’il s’attendait à un record au terme de la dernière saison des sucres, il s’est dit surpris de l’ampleur de la production de sirop d’érable en 2024.
«Le plateau du 1 million (de gallons de sirop d’érable) n’était pas irréaliste, mais de voir que ça s’est rendu à 1,2 million, c’est assez exceptionnel. Je pense que l’on est tous un peu surpris de l’ampleur de cette année record.»
Selon M. Dion, plusieurs facteurs expliquent cette réussite. Tout d’abord, la température a été propice à la récolte de sirop en permettant à la saison des sucres de commencer de façon plus hâtive.
«On a eu des coulées qui ont commencé à la fin février. On a eu un bon cinq à six semaines de bonnes coulées où l’on n’a pas eu de fluctuations trop importantes. C’était une température idéale où l’on avait un gel le soir et une température au-dessus de 0°C le jour, mais sans que ça aille à l’extrême.»
Il a également souligné l’augmentation de l’efficacité des systèmes de récolte et de transformation des produits de l’érable, qui est le fruit des efforts des producteurs afin de tirer le maximum de leurs installations.
«On est vraiment rendus à des niveaux technologiques assez impressionnants. Il y a eu une évolution flagrante dans les 20 dernières années et les producteurs investissent année après année dans leurs systèmes.»
En tant que copropriétaire d’une érablière, M. Dion reconnaît que l’année 2024 a permis de faire oublier la saison désastreuse de 2023. Il aurait aimé qu’elle serve de tremplin pour entreprendre des projets de développement, mais il s’est buté à un refus du gouvernement pour des raisons qu’il ne peut expliquer. «Malgré tout, ça nous a permis de sortir du rouge, car 2023 a été très difficile.»
Le Nouveau-Brunswick est encore assez loin du Québec et de ses 18 millions de gallons récoltés en 2024, mais il demeure au deuxième rang de la production canadienne de produits de l’érable devant l’Ontario et la Nouvelle-Écosse.
Selon le président de l’Association acéricole, la province pourrait éventuellement s’approcher de l’État du Vermont, qui est le plus grand producteur de sirop d’érable aux États-Unis et qui a produit 3,1 millions de gallons de sirop en 2024.
Nouvel argument
Frédérick Dion croit que si l’industrie acéricole néo-brunswickoise souhaite se développer afin de rivaliser davantage avec les principaux producteurs de sirop d’érable, elle devra profiter d’une meilleure collaboration du gouvernement provincial, principalement sur la question du réaménagement des terres de la Couronne.
En 2025, la superficie des terres de la Couronne allouée pour l’exploitation acéricole s’élève à 19 500 hectares, ce qui représente, selon l’Association acéricole, 0,7% de la superficie totale. On juge que le potentiel acéricole des terres de la Couronne serait d’environ 166 000 hectares, soit 5% de la superficie totale.
«S’il y avait une volonté du gouvernement d’accroître le nombre d’entailles, on pourrait facilement devenir le deuxième producteur mondial après le Québec. Cependant, il faudra que la province mise sur cette industrie pour assurer son développement», a soutenu le président de l’Association acéricole du Nouveau-Brunswick.
Bien que la production acéricole du Nouveau-Brunswick soit principalement vendue au Québec, le Canada exporte encore beaucoup de produits de l’érable vers les États-Unis. Selon Frédérick Dion, il existe toutefois une croissance de l’intérêt en Europe et en Asie. «Il faut accroître la stratégie pour exporter nous-mêmes notre sirop vers ces marchés, surtout avec le président élu Donald Trump qui menace d’imposer des tarifs (douaniers) de 25% sur les produits du Canada.»
Pour l’instant, les discussions des membres de l’Association acéricole du Nouveau-Brunswick avec des représentants du gouvernement Holt ont été décevantes, confie M. Dion.
«Nous avons eu une rencontre à la mi-décembre avec le ministre (des Ressources naturelles) John Herron et ses fonctionnaires qui a été extrêmement décevante. Il y a eu un recul sur des engagements qui avaient été pris par le parti en campagne électorale. On attend de voir la suite des choses, mais on ne lâchera pas le morceau, car on a démontré que cette industrie peut avoir des retombées importantes pour l’économie de la province.»
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Photo : Acadie Nouvelle - Archives
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- Date de création 7 janvier, 2025
- Dernière mise à jour 7 janvier, 2025