Une garderie pour soigner les enfants traumatisés à Shédiac

Un centre d’apprentissage et de la petite enfance spécialisé en traumatologie pour les enfants victimes de violence familiale pourrait voir le jour à Shédiac, le deuxième projet du genre au pays.
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Justin dupuis

IJL - Réseau.Presse - Acadie Nouvelle

Ce centre de la petite enfance pas comme les autres sera aménagé dans les tout nouveaux locaux du Centre de ressources et de crises familiales Beauséjour, à Shédiac.

D’après la directrice du Centre, Kristal LeBlanc, la nécessité pour ce genre de service est devenu apparent à la suite de consultations menées auprès de survivantes de violences familiales.

«Originellement, l’idée c’était d’ouvrir une garderie pour les résidents du Centre de ressources et de crises familiales Beauséjour, mais en essayant de comprendre quels étaient les besoins pour ce genre de service, les survivantes nous ont expliqué que ça prenait non seulement une garderie certifiée afin de préparer leurs enfants pour l’école, mais aussi un lieu avec les outils nécessaires pour traiter les traumatismes psychologiques que ces jeunes ont vécus», explique Mme LeBlanc.

Mme LeBlanc s’est donc lancée dans un processus de recherche afin de comprendre comment ce genre de garderie est habituellement organisé, mais, à sa «grande surprise, ce genre de service n’existe nulle part en Amérique du Nord.» Un projet semblable est toutefois en chantier en Colombie-Britannique.

L’objectif du projet est d’offrir aux jeunes les outils nécessaires pour traiter leurs traumatismes et de leur permettre d’arriver à s’exprimer.

«La seule chose qu’ils ont connue c’est que c'est la personne qui crie ou qui frappe le plus fort qui attire l’attention», se désole Mme LeBlanc.

Les traumatismes causés en bas âge en raison de violences causent souvent des problèmes de santé mentale, de décrochage scolaire et des taux d’incarcération plus élevés.

«On veut accompagner ces enfants dans leur cheminement pour vraiment briser le cycle de la violence, précise Mme LeBlanc. Je veux éviter que ces jeunes se retrouvent à leur tour un jour devant la cour. On a une responsabilité de leur venir en aide.»

Le Centre de ressources et de crises familiales Beauséjour compte déjà une équipe multidisciplinaire, qui travaille notamment auprès des enfants des victimes de violences familiales, capable d’appuyer le service de garde. S’il va de l’avant, des éducatrices spécialisées se joindront aussi au centre.

«Il ne faut pas oublier que l'agresseur, c'est souvent quelqu’un en qui ils avaient confiance, qui était censé être la personne avec qui ils se sentaient en sécurité. Pour eux, les adultes peuvent être épeurants, donc il nous faut des éducatrices qui seront formées pour répondre aux traumatismes et établir des liens.»

La garderie, qui devrait compter 20 places pour les enfants d’âge préscolaire, sera ouverte à toute la communauté afin d’aussi accueillir les enfants victimes de diverses formes de violence ou ayant des connus des expériences défavorables, par exemple «des expériences émotionnelles très négatives vécues à la suite du décès soudain des parents dans un accident de la route.» Les enfants d’immigrants qui ont eu des antécédents de traumatisme, notamment des réfugiés, pourraient aussi bénéficier des services.

Le nouveau centre de la petite enfance pourrait aussi offrir un service de garde après classe, des camps d’été ainsi qu’un camp pour le congé scolaire de mars.

La course pour les femmes en soutien au projet

Le Centre de ressources et de crises familiales Beauséjour espère que les profits de l’édition 2021 de la Course pour les femmes, qui se déroulera virtuellement du 4 au 11 juillet, permettront d’amasser

125 000$ afin d’appuyer le développement de son projet de centre d’apprentissage et de la petite enfance.

Le Centre recevra 35$ provenant des frais d’inscription de chacun des participants ainsi que l'argent que celui-ci aura amassé dans le cadre de sa collecte de fonds.

Pour atteindre son objectif, le Centre de ressources et de crises familiales Beauséjour compte recruter

1 500 coureurs. Mardi, 994 personnes avaient confirmé leur participation. Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 25 juin (www.coursepourlesfemmes.ca).

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Photos

Légende : Kristal LeBlanc, directrice du Centre de ressources et de crises familiales Beauséjour, et Marielle, le chien de service du Centre. -

Crédit : Acadie Nouvelle: Gracieuseté

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  • Date de création 16 juin, 2021
  • Dernière mise à jour 16 juin, 2021
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