Une foule d’outils pour mieux intervenir auprès de nos enfants
Organisée par le Réseau de santé en français au Nunavut (RÉSEFAN) et ouverte à toute la communauté, une conférence pour la Petite enfance en santé (PES) a eu lieu le 27 janvier dernier. À la fois théorique et pratique, cette journée enrichissante a permis aux familles d’en apprendre davantage sur la gestion des émotions, la façon d’aborder le suicide chez l’enfant et de se familiariser avec une activité peu connue, le zumbini.
_________
Karine Lavoie
IJL — Réseau.Presse — Le Nunavoix
L’objectif de la Conférence était de mettre ensemble tous les savoirs qui ont été construits au cours de l’année avec les projets PES à travers des ateliers et des présentations.
Pour l’occasion, Émilie Tremblay-Séguin jouait un double rôle.
En plus d’être la gestionnaire de projets pour le RÉSEFAN et d’être à ce titre l’organisatrice de la conférence, elle a aussi présenté, en tant que gestionnaire de projets pour l’Association des francophones du Nunavut (AFN), les projets PES gérés par le Regroupement des parents francophones du Nunavut (RPFN).
Aglaë Thibaudeau en a fait de même en tant que directrice du CPE Les Petits Nanooks.
Un sujet à démystifier
Disponible au printemps 2024, le livre « Parler du suicide aux enfants » a été présenté durant la conférence.
Cet outil a été écrit par les employés du Embrace Life Council, avec l’aide de professionnels dans le milieu de la santé et d’aînés.
« Le livre aide surtout à faciliter une conversation sur le suicide avec les parents. Il explique comment aborder le sujet honnêtement avec un jeune enfant sans causer de traumatisme et les émotions qu’ils peuvent éprouver et observer chez les autres quand il y a un décès. Il souligne aussi l’importance des soutiens sociaux et l’intelligence émotionnelle », informe Nastassja Bjørknes qui en a fait la présentation et qui est responsable de la formation au Embrace Life Council.
Elle a du même coup présenté une bande dessinée qui accompagne le livre ciblant les préadolescents de 9 à 12 ans, ainsi que l’atelier « Talking to children about suicide », disponible en anglais.
Selon elle, il est difficile pour les enfants en bas âge de comprendre la mort comme un état permanent, que ce soit par suicide ou non.
Pour les enfants d’âge scolaire, le sujet peut être abordé en restant franc, clair, et sans aborder les détails du décès.
Nastassja Bjørknes souligne que les enfants plus âgés auront souvent des questions plus spécifiques, par exemple, sur ce qui va se passer avec le corps de la personne, ou sur ce qui se passe après la mort ; des questions pour lesquelles la bande dessinée fournit des réponses.
Le suicide demeure néanmoins un thème difficile à aborder, peu importe l’âge de son interlocuteur.
« En étant honnête avec l’enfant, on peut présenter le sujet comme une occurrence triste et difficile, mais qu’il est possible de traverser cette épreuve avec l’aide de sa famille, de ses amis et de l’aide professionnelle au besoin », ajoute-t-elle.
Bien qu’il existe différentes ressources destinées aux enfants pour aborder le suicide, la plupart de celles-ci ont été développées hors du Nunavut.
Le ministère de la Santé et le Embrace Life Council travaillent donc ensemble pour développer des ressources spécifiques au territoire et à la culture inuit.
Comment aider nos petits à gérer leurs émotions ?
Caroline Quarré, intervenante psychosociale et propriétaire de Service psychosocial Pas-à-Pas, a fait le voyage du Québec pour venir transmettre ses connaissances concernant la gestion des émotions chez les tout-petits.
L’intervenante a entre autres présenté l’évolution du cerveau de l’enfant.
« Souvent, on va demander à un enfant de gérer ses émotions, mais en fait, il n’a pas la capacité de gérer ses émotions parce que dans son petit cerveau, au niveau neurologique, les liens ne sont pas tous faits encore, donc ils ne peuvent juste pas le faire. Il faut leur donner des outils pour apprendre à se calmer », résume Émilie Tremblay-Séguin.
L’empathie est aussi importante envers les jeunes enfants qui ont, eux aussi, de grosses journées.
Alors que la présence de Caroline Quarré se voulait plus théorique en avant-midi, les familles ont ensuite pu participer à des ateliers plus concrets lors de la deuxième partie de sa présentation.
Par exemple, des exercices de respiration ont été proposés aux familles pour aider leur enfant à se calmer.
Bouger en s’amusant!
Après la pause pour le dîner, les familles ont pu se dégourdir en participant à une activité de Zumbini offerte par Nadine Petnkeu.
« C’est un zumba parent-enfant avec des mouvements de danse. Aussi, il y a des instruments de musique qui sont intégrés. Les familles ont beaucoup aimé », souligne Émilie Tremblay-Séguin.
Cette activité était en quelque sorte une forme d’introduction puisqu’elle sera maintenant offerte par l’entremise d’ateliers du RPFN.
Ayant suivi la formation et acquis tout le matériel nécessaire au bon fonctionnement de l’activité, Nadine Petnkeu en sera l’instructrice.
-30-
Photo 1
Crédit : Courtoisie RÉSEFAN
Légende
À la fois théorique et pratique, la journée de conférence a permis aux familles d’en apprendre davantage sur la gestion des émotions, la façon d’aborder le suicide chez l’enfant et de se familiariser avec une activité peu connue, le zumbini.
- Nombre de fichiers 2
- Date de création 15 février, 2024
- Dernière mise à jour 15 février, 2024