Une clinique pas comme les autres ouvre ses portes à Vanier
Alors que le nombre de personnes sans médecin de famille ou prestataire de soins primaires attitré ne cesse de grandir à travers le Canada et l’Ontario, une nouvelle clinique sans pareil tente de remédier à son échelle aux besoins de la capitale, dans l’une des zones où ceux-ci sont les plus criants.
_______________________
Par Clémence Labasse
IJL - Réseau.Presse - Le Droit
Alors que le nombre de personnes sans médecin de famille ou prestataire de soins primaires attitré ne cesse de grandir à travers le Canada et l’Ontario, une nouvelle clinique sans pareil tente de remédier à son échelle aux besoins de la capitale, dans l’une des zones où ceux-ci sont les plus criants.
0:00Écouter la version audio
«Cette clinique est un cadeau précieux. C’est vrai une lettre d’amour à Vanier et Overbrook et à tous les résidents», a déclaré avec émotion la conseillère municipale pour le quartier Ottawa-Vanier, Stéphanie Plante, jeudi.
L’enthousiasme était tangible dans les bureaux flambants neufs du cinquième étage de l’édifice Trillium, rue Montréal. Les «wow» de nombreuses personnalités politiques et des acteurs communautaires rassemblés pour l’occasion n’ont cessé de retentir dans les couloirs, lors des visites des salles d’examen et des nouveaux bureaux.
Les locaux inaugurés jeudi comprennent 10 salles d'examen équipées, quatre salles dédiées aux professionnels de la santé alliés, un laboratoire, une salle sécurisée pour les médicaments et plusieurs espaces communs pour le personnel.
En moins d’un an, sous la direction minutieuse et acharnée de l’infirmière praticienne Hoda Mankal, une clinique de soins primaires intégrés, dirigée par du personnel infirmier praticiens à Ottawa (CDPIP), a réussi à voir le jour. Un genre de projet qui n’avait pas été financé par la province depuis plus de dix ans.
«C’est absolument incroyable de voir ce qui a été réalisé en si peu de temps, c’est rare!», commente Simone Thibault, ancienne directrice générale du centre communautaire de santé de Centretown et membre du conseil d’administration de la nouvelle clinique.
«On avait besoin d’une meilleure offre des soins primaires pour cette communauté depuis longtemps, mais aussi de services sociaux, diététiques, de dermatologie, de la santé mentale — tout ça a été intégré dans la création de cette clinique!»
Soins offerts
Prise en charge des maladies chroniques, prévention et vaccination, soutien en santé mentale, éducation à la santé, aiguillage et aide à naviguer dans le système: voilà certains des soins primaires qui seront offerts gratuitement et dès maintenant aux résidents de tous âges de Vanier, Overbrook et dans les zones de code postal K1K et K1L.
La première clinique dirigée par du personnel infirmier praticien d'Ottawa dessert les habitants des quartiers de Vanier, Overbrook, Manor Park et Quarries qui résident dans les zones de code postal K1L et K1K
«Il n’y a pas de grosse différence que nous autres et un autre édifice avec des docteurs. C’est comme un petit centre communautaire de santé», explique Christian Prevost, responsable de l’administration du CDPIP.
«De 0 à 99 ans, on prend n’importe qui, sur rendez-vous! Notre but c’est avant tout d’accompagner le mieux possible.»
— Christian Prevost, responsable de l'administration de la nouvelle clinique.
«On va faire ça sur place et avec l’aide de tous nos partenaires, comme la pharmacie qui va bientôt ouvrir ses portes au premier étage, ou l’équipe de traitement intensif de l’Hôpital Montfort au troisième étage, et beaucoup d’autres», ajoute-t-il.
Au-delà des cinq infirmiers et des infirmières praticiennes qui seront en mesure d’évaluer, de suivre les patients et de prescrire des médicaments, la clinique à but non lucratif accueille également des travailleurs sociaux de la Ville, des agents paramédicaux et elle recevra hebdomadairement des spécialistes pour mieux accompagner encore les personnes, dont un psychiatre, un dermatologue et une diététicienne.
Vanier et ses environs: une priorité
À Ottawa, plus de 130 000 résidents n’ont pas accès à un médecin de famille ou à un prestataire de soins primaires.
Pour l’Hôpital Montfort, c’est le cas de 30 % des patients qui se présentent à ses urgences. Et l’hôpital reçoit par ailleurs deux fois plus de patients qui ont besoin d’aide en santé mentale que les autres hôpitaux de la ville, d’après le directeur de l’institution de santé francophone.
«Quand Hoda nous a contactés et parlé de son projet, on lui a répondu tout de suite: ‘C’est ambitieux! Comment pouvons-nous vous aider?’», raconte Dominic Giroux, président-directeur général de l’Hôpital Montfort.
Selon lui, la nouvelle clinique va considérablement aider à diminuer les besoins urgents dans la communauté.
«Les infirmières praticiennes à l’origine du projet ont fait le choix délibéré d’installer la clinique ici, et elles ont fait un travail d’engagement communautaire époustouflant.»
— Dominic Giroux, PDG de l'Hôpital Montfort
«Nous les avons sensibilisés aux réalités de la communauté francophone, mis en contact avec des leaders communautaires et nous avons déjà mis en commun des patients», ajoute-t-il.
«C’est très important de travailler main dans la main.»
Compassion, équité, santé
Une autre particularité de la clinique est d’être gérée par et pour la communauté qu’elle dessert — une valeur qui se manifeste au cœur même de son offre de soins.
«L’un des aspects qui rend ce projet si spécial et qui m’a tout de suite enthousiasmé, c’est l’importance qui est mise à accueillir les gens pour qu’ils soient à l’aise, pour les recevoir dans leur langue, que ce soit le français, l’anglais ou l’arabe, par exemple», souligne Simone Thibault, du conseil d’administration.
«Les personnes autochtones, de couleur ou de la communauté LGBTQIA+ n’ont pas toujours été bien desservies par le monde de la santé, par exemple. Beaucoup de gens peuvent être méfiants envers les prestataires de soins, ajoute celle-ci. Donc, depuis le début, pour Hoda, c’était crucial d’organiser la clinique pour que la chaleur, l’accessibilité et l’inclusivité soient une priorité.»
Le CDPIP a officiellement commencé à accueillir des patients dans ses locaux cette semaine, mais elle prend déjà en charge plus de 100 patients, pour la plupart des enfants et des nouveaux arrivants. Depuis mars, une infirmière praticienne employée par la clinique a commencé à recevoir des patients dans une salle du centre de services communautaire de Vanier.
«Nous avons hâte de servir encore plus de résidents, et nous espérons qu’à l’avenir nous pourrons étendre nos services encore plus loin», conclut Hoda Mankal.
--30--
Photos:
LD_HodaMankal | Plus d'une cinquentaine d'invités ont visité les nouveaux locaux de la nouvelle clinique dirigée par du personnel infirmier praticien (CDPIP) de Vanier jeudi, dont cinq députés provinciaux pour Ottawa, le maire et deux conseillers municipaux et de nombreux autres dignitaires. Au centre, avec les ciseaux: Hodal Mankal, infirmière praticienne depuis près de 20 ans et directrice générale du CDPIP d'Ottawa. (Etienne Ranger/Le Droit)
LD_Clinique | Les locaux inaugurés jeudi comprennent 10 salles d'examen équipées, quatre salles dédiées aux professionnels de la santé alliés, un laboratoire, une salle sécurisée pour les médicaments et plusieurs espaces communs pour le personnel. (Etienne Ranger/Le Droit)
Carte_CDIP | La première clinique dirigée par du personnel infirmier praticien d'Ottawa dessert les habitants des quartiers de Vanier, Overbrook, Manor Park et Quarries qui résident dans les zones de code postal K1L et K1K (Google Maps, avec modification C. Labasse, Le Droit)
LD_Giroux |Dominic Giroux, président-directeur général de l’Hôpital Montfort. (Patrick Woodbury/Archives Le Droit)
- Nombre de fichiers 4
- Date de création 18 septembre, 2025
- Dernière mise à jour 18 septembre, 2025