Un programme pour faciliter l’achat d’une première maison
Le prêt à faible taux d’intérêt, fixé à 2,5 %, pourra couvrir jusqu’à 50 % de la mise de fonds. Il sera reportable jusqu’au remboursement ou au refinancement du prêt hypothécaire, peut-on lire dans le communiqué publié par le gouvernement le 23 avril dernier.
Le Programme yukonnais d’accès à une première propriété couvrira la différence entre l’épargne de la personne ayant présenté la demande et la mise de fonds exigée, sans toutefois dépasser 5 % du prix d’achat de la maison.
Plusieurs critères
Plusieurs conditions sont requises pour profiter de ce programme : être un acheteur·se d’une première propriété au Canada, avoir obtenu une préapprobation de financement d’un prêteur·se hypothécaire et disposer d’une somme suffisante pour couvrir au moins 50 % de la mise de fonds et des frais de clôture.
Pour être admissible, la propriété doit également remplir plusieurs conditions. La maison doit être neuve ou déjà construite, elle doit se situer au Yukon, avoir un prix de vente égal ou inférieur à la moyenne des prix de vente pour ce type d’habitation à Whitehorse, calculée sur la base des quatre derniers rapports trimestriels de l’immobilier publiés par le Bureau des statistiques du Yukon.
La propriété doit aussi rester la résidence principale de l’acheteur·se pendant toute la durée de l’hypothèque.
« Dans le cadre de nos services Emploi et établissement, nous rencontrons beaucoup de personnes récemment arrivées au Yukon, qu’elles viennent d’ailleurs au Canada ou dans le monde », informe Céline Dewez, gestionnaire Emploi et établissement à l’Association franco-yukonnaise (AFY). « De manière générale, les personnes les plus intéressées à acheter une maison sont des personnes âgées de 35 à 45 ans, citoyen·ne·s ou résident·e·s permanent·e·s. »
En effet, pour être admissible, la personne doit avoir la citoyenneté canadienne ou la ré- sidence permanente.
« L’augmentation exponentielle des loyers signifie que de plus en plus de personnes souhaitant s’installer durablement au Yukon envisagent l’achat d’un bien, qui leur reviendrait moins cher que la location », estime-t-elle.

Pour Céline Dewez, gestionnaire Emploi et établissement à l’Association franco-yukonnaise (AFY), ce programme pourra faciliter l’accès à la propriété des personnes immigrantes.
Une maison pour toutes et tous?
Selon Céline Dewez, le programme sera bénéfique pour de nombreuses personnes, mais il limite les occasions pour certains groupes de la population.
« Je pense notamment aux familles qui souhaitent s’installer ou rester au Yukon », précise-t-elle. « En effet, que les personnes soient nées au Canada ou viennent d’ailleurs, il n’est pas rare qu’une famille soit ou a déjà été propriétaire d’un bien dans sa région d’origine. Si la famille est immigrante, elle fait face à de nombreux obstacles systémiques, tels que le système de score de crédit ou la dévaluation de leurs acquis dans le milieu du travail, qui entraîne souvent une diminution salariale. »
« Malheureusement pour ces familles, elles sont confrontées aux loyers les plus élevés (plusieurs milliers de dollars pour un premier mois de loyer pour deux ou trois chambres), ce qui les pousse vers l’achat. Je pense donc que ce sont les personnes sans enfants qui bénéficieront le plus de ce programme, puisque davantage susceptibles de n’avoir jamais eu de propriété, qu’elles soient nées ailleurs ou au Canada. »
Meriem Kraba a déménagé au Yukon en 2022. Pour elle, « l’initiative est bonne pour les personnes concernées. » Toutefois, en tant qu’immigrante, elle rapporte qu’il est difficile pour elle d’épargner. « Le coût de mon loyer représente 95 % de mon revenu mensuel. Je ne pourrais pas bénéficier de cette aide parce que l’achat d’une première propriété est impossible vu ma situation financière, sans parler du prix de l’immobilier sur le marché! »
Limites
Céline Dewez aurait espéré que le programme encouragerait les personnes à s’établir en dehors de Whitehorse, là où les coûts sont plus abordables, selon elle. « Les opportunités d’emploi y sont parfois plus limitées, mais cela aurait été une opportunité pour les personnes qui souhaitent se lancer en affaires à partir de chez eux. Cependant, l’interdiction de vocation commerciale ou multiple de la résidence exclut complètement cette possibilité. »
Elle note un autre inconvénient : la propriété visée doit être assurée à valeur neuve. « Cela pourrait potentiellement exclure les propriétés qui ont été abîmées par le temps d’une manière ou d’une autre. Ce type de propriétés est souvent plus abordable, mais aux rénovations potentielles s’ajoute le coût d’une assurance basée sur l’état original de la maison et non sur son état actuel. »
Les démarches d’accès au programme sont disponibles en français. « Je trouve très positif que le formulaire de demande soit disponible en français », rapporte la gestionnaire. « Effectuer des démarches de ce type est stressant, et y avoir accès dans sa langue officielle de choix est une excellente chose! »
Pour obtenir plus de détails, on peut consulter le lien suivant : yukon.ca/fr
IJL – Réseau.Presse – L’Aurore boréale
- Nombre de fichiers 3
- Date de création 15 mai, 2025
- Dernière mise à jour 15 mai, 2025