Un programme inclusif pour la formation d’agents correctionnels
Le programme Qaujimalaaqtut a été élaboré afin de combler une lacune critique en matière de formation pour les nouveaux agents correctionnels au Nunavut. Il représente une formation obligatoire pour tout Nunavummiut désirant œuvrer dans le domaine.
Tout au long d’un parcours de dix semaines, les étudiants forgent leurs compétences sur les pratiques exemplaires en ce qui a trait au milieu correctionnel, à la justice réparatrice et à la culture inuit.
Une combinaison de théorie et de pratique
Le nom inuktitut du programme Qaujimalaaqtut se traduit par « ils sauront comment » et comporte la transmission de compétences pratiques et théoriques.
La formation se compose de sept modules dont la communication efficace, l’introduction au système de justice pénale, la gestion des systèmes pour les délinquants et la sûreté et sécurité en établissement.
Les premiers secours, le recours à la force et les premiers soins en santé mentale complètent l’aspect théorique du cours.
Chaque étudiant effectue aussi dix quarts de travail d’orientation dans l’un des six établissements correctionnels du territoire dont quatre sont situés à Iqaluit, soit le Centre correctionnel pour femmes du Nunavut, l’Établissement pour jeunes contrevenants Isumaqsunngittiarvik, le Centre correctionnel de guérison Aaqqigiarvik et le Centre résidentiel communautaire d’Uttaqivik. Le Centre de guérison de Rankin Inlet et le Centre Kugluktuk Ilavut figurent également sur cette liste.
Stephen P. Shaddock, directeur des politiques et de la planification au ministère de la Justice du Nunavut, indique qu’avant le lancement de ce programme, les nouveaux employés ne recevaient que dix quarts de travail d’orientation sans formation officielle. Le ministère comptait alors sur les sous-traitants pour fournir des instructions essentielles aux recrues, mais celles-ci venaient souvent avec du retard.
« Le programme nous permet maintenant d’offrir une formation uniforme tout au long de l’année afin que les nouveaux agents correctionnels soient adéquatement formés lorsqu’ils se rendent au travail dans les installations » ajoute Stephen P. Shaddock.
Selon lui, ce parcours est conçu pour être accessible à un large éventail de candidats et qu’une expérience préalable en sécurité n’est pas une exigence : « Compte tenu de notre bassin limité de candidats dans le territoire, il était important d’élaborer un programme d’études complet et inclusif. La structure fait en sorte que tous les participants, quel que soit leur parcours, reçoivent une formation complète et pratique pour réussir dans leurs rôles ».
La première cohorte de 2025, qui se composait initialement de 25 étudiants, comportait un nombre important de femmes, ce que le ministère a observé comme une tendance continue ces dernières années.
« Bien que le domaine soit traditionnellement considéré comme dominé par les hommes, nous sommes fiers de voir une forte représentation féminine parmi nos agents correctionnels », poursuit le directeur.
Le ministère ne dispose d’aucun chiffre précis sur la situation d’emploi de tous les diplômés ou sur le fait qu’ils travaillent dans le domaine correctionnel ou de la sécurité publique. On affirme toutefois continuer de s’efforcer de pourvoir plusieurs postes vacants d’agents correctionnels.
Une approche de formation calquée sur la culture et les valeurs inuit
La culture et les valeurs inuit sont intégrées tout au long du programme de formation. Par exemple, le volet sur les premiers soins en santé mentale comprend des instructions adaptées à la culture sur le travail avec les populations autochtones, en particulier dans les contextes nordiques.
Stephen P. Shaddock souligne que les cours sur les communications efficaces mettent également l’accent sur l’Inuit Qaujimajatuqangit et les valeurs sociétales inuit. Les recrues reçoivent aussi un aperçu général de l’histoire autochtone et des considérations pertinentes pour le Nord.
« Ces éléments sont essentiels au succès du programme, étant donné qu’environ 98 % de notre clientèle est inuit. Nous accordons également la priorité à l’emploi des Inuit dans le cadre de nos processus de recrutement, ce qui renforce l’importance de l’intégration culturelle ».
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Photo : La plus récente cohorte du programme Qaujimalaaqtut a permis de former 22 nouveaux agents correctionnels, dont plusieurs femmes.
Crédit : Fournie par le ministère de la Justice
- Nombre de fichiers 2
- Date de création 1 mai, 2025
- Dernière mise à jour 1 mai, 2025