Un point central pour la sécurité alimentaire
Sur ce site Web, de nouvelles ressources sont mises à disposition, incluant un atelier pour les jeunes, des indications pour l’apprêtage de viandes sauvages et une base de données centrale.
Le Réseau est le résultat d’une collaboration entre plusieurs organismes communautaires ayant à cœur l’amélioration de la sécurité alimentaire au Yukon. Michelle Watson, coordinatrice du Réseau, indique que « le but est de coordonner les efforts afin d’augmenter l’impact collectif. »
Pour le comité de pilotage du Réseau, les systèmes alimentaires se situent à l’intersection de plusieurs facteurs, dont les systèmes politiques, les systèmes sociaux, les ressources naturelles, et l’économie. Kristina Craig, membre du comité de pilotage, explique que l’insécurité alimentaire au Yukon est souvent le fait de revenus insuffisants. Elle rappelle que, bien que la moyenne salariale soit sensiblement plus élevée qu’ailleurs au Canada, le coût de la vie est autrement plus élevé. Et le problème s’accentue à mesure qu’on s’éloigne de la capitale. « Dès que tu sors de Whitehorse, les salaires chutent et le prix de l’alimentation augmente, ce qui accentue les problèmes d’insécurité alimentaire. »
Atelier sur le droit à l’alimentation
Une des nouvelles initiatives du réseau est la création d’ateliers destinés aux élèves de la 2e à la 7e année. David Whiteside, également membre du comité de pilotage, mentionne que quelques présentations ont eu lieu à Dawson.

Michelle Watson nous parle de l’atelier créé pour les jeunes afin de les amener à réfléchir à ce que serait une situation idéale de sécurité alimentaire au Yukon.
Un des objectifs est de permettre aux jeunes de bien comprendre ce qu’est la sécurité alimentaire. Au Yukon, l’un des enjeux les plus pressants est la souveraineté alimentaire, car, actuellement, moins de 5 % des aliments consommés dans le territoire sont produits localement. Mme Watson rappelle aussi que la sécurité alimentaire doit inclure le fait que la nourriture est culturellement appropriée, c’est-à-dire qu’elle permette la transmission de savoirs traditionnels et un rapport sain au territoire.
Bien que les renseignements ne soient disponibles qu’en anglais pour l’instant, la coordinatrice mentionne qu’il pourrait être possible pour le Réseau d’offrir de l’animation en français et de produire du matériel dans la langue de Molière.
Ressources pour les viandes sauvages
Le site Web met à disposition des informations pertinentes afin de soutenir une utilisation optimale de la viande sauvage (maniement, découpe, empaquetage, etc.), en particulier pour sa distribution communautaire. Un plan type de site de transformation et un guide des bonnes pratiques pour servir de la viande sauvage sont ainsi disponibles dans cette section du site Web.
Courtney Wheelton, de la Direction de l’éducation des Premières Nations du Yukon (Yukon First Nation Education Directorate, YFNED), rappelle que l’organisation autochtone a la ferme conviction que la nourriture et la culture sont intimement liées. Ainsi, la YFNED essaie, autant que possible, d’inclure de la viande sauvage dans ses programmes, comme de la viande d’orignal.
Des données probantes
Pour David Whiteside, la plateforme de données (data hub) comprise dans le nouveau site Web vise à ce que les intervenant∙e∙s puissent avoir un portrait juste. Par exemple, selon les données compilées, il est clair que le nombre de repas servis par les organismes communautaires au Yukon est en nette augmentation depuis quelques années. À partir de ces données, il est ensuite possible d’influer sur les facteurs qui concourent à l’insécurité alimentaire. « Si les gens ont besoin d’être convaincus qu’il y a une nécessité, ils peuvent y aller [sur le data hub], ils peuvent voir les graphiques qui sont, pour moi, frappants. »
Pour Mme Craig, les facteurs autres que les systèmes sociaux devront aussi être améliorés si l’on veut atteindre une situation de sécurité alimentaire au Yukon. Entre autres, elle est d’avis qu’il y a place à ce que les instances publiques soutiennent davantage l’agriculture locale. « Si la production locale était une priorité, il y aurait beaucoup plus d’investissements, point final. Il y a encore beaucoup de place pour des investissements dans la production locale et la distribution », estime-t-elle.
IJL – Réseau.Presse – L’Aurore boréale
- Nombre de fichiers 3
- Date de création 6 février, 2025
- Dernière mise à jour 11 février, 2025