Un plan d’attaque pour faire obstacle à la moule zébrée dans le Nord-Ouest
Un groupe a entrepris une collecte d’échantillons dans la rivière Madawaska, à Edmundston, et dans d’autres plans d’eau du Nord-Ouest afin de déterminer si la moule zébrée y est présente.
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Bobby Therrien
IJL – Réseau.Presse – Acadie Nouvelle
À l’automne 2022, la présence de cette espèce envahissante qui cause d’importants dommages aux écosystèmes et aux infrastructures a été découverte dans le lac Témiscouata, tout près de la frontière entre le Québec et le Nouveau-Brunswick.
Le groupe de partenaires – composé du Comité de l’aménagement rural du Nord-Ouest, du Comité des espèces envahissantes du Nouveau-Brunswick (CEENB), de la Commission de services régionaux Nord-Ouest (CSRNO), de Pêches et Océans Canada, de Nature-Loisirs Lac-Baker, de l’Organisme de bassin versant du fleuve Saint-Jean et de la Société d’aménagement de la Rivière Madawaska – a décidé de prendre des d’échantillons de la rivière Madawaska et d’autres plans d’eau du Nord-Ouest afin de connaître l’avancée de la moule zébrée.
Pour ce faire, des intervenants ont commencé un travail de filtration de l’eau. En analysant les filtres, on veut voir si l’ADNe de la moule se trouve dans la région du Nord-Ouest.
«Pour ce genre de test là, on filtre à peu près cinq litres d’eau. Ensuite, on ramasse les filtres, on les met dans de l’alcool et on amène ça dans un laboratoire pour dupliquer l’ADN spécifique à la moule. Ce que ça nous indique c’est, si l’ADN a été détecté, il y a sûrement une présence en amont», a expliqué Adrian Prado, analyste du territoire – Recherche et développement durable – à la CSRNO.
Même si on découvre de l’ADN de la moule zébrée, M. Prado estime qu’il est très difficile de déterminer à quel endroit elle se trouvera. Le moyen le plus simple est malheureusement d’avoir une confirmation visuelle de la moule.
Kristin Elton, représentante du CEENB, affirme que les intervenants ne savent pas encore s’il y aura des moules zébrées dans la rivière Madawaska cette année, mais il est très probable que l’ADN environnemental de la moule zébrée y soit déjà.
«Même si cela ne confirmait pas la présence des moules zébrées, nous demandons à la population d’être vigilante et de faire preuve de bonnes pratiques pour limiter le potentiel de propagation de la moule.»
Comme des moules ont été découvertes dans le lac Témiscouata, M. Prado estime qu’il y a une forte probabilité que si la rivière n’est pas déjà affectée par cette espèce, elle le sera bientôt.
«L’approche est de prévenir que la moule se répande dans d’autres plans d’eau. On sait que l’on n’a pas nécessairement l’infrastructure au Nouveau-Brunswick pour gérer cette situation. Au Nord-Ouest, on a une station de lavage de bateau à l’eau chaude sous pression et c’est au lac Baker. On mise vraiment sur la sensibilisation.»
Selon Adrian Prado, l’objectif de la CSRNO est de munir la région d’autres stations de lavage, mais elle a besoin de l’appui financier du gouvernement provincial.
Même avec l’ajout de stations de nettoyage des embarcations nautiques, Adrian Prado admet que sans la collaboration des gens, il sera difficile de tout contrôler.
«On sait que les gens se promènent d’un côté de la frontière à l’autre, que ce soit aux États-Unis, au Québec ou ici (Nouveau-Brunswick) (…) Il faut que le public prenne ça à cœur, car, comme il existe beaucoup de quais privés qui sont utilisés par les riverains, ça peut devenir difficile d’imposer des limites.»
De plus, la moule zébrée peut se reproduire très rapidement si les conditions sont propices : soit un taux de calcium élevé, un débit d’eau relativement lent et des précipitations abondantes qui pourraient faciliter le transport des larves de la moule.
«Dans le lac Témiscouata ça fait trois ans, possiblement quatre, qu’elle est là et il est possible qu’elle se soit propagée ailleurs (…) On peut dire que la rivière Madawaska est propice à ça. Je ne veux pas dire que ce sera certain à 100%, mais il y a de fortes chances que oui.»
Nicole Somers, présidente de la CSRNO, explique que les communautés de la région s’inquiètent de l’arrivée imminente de la moule zébrée sur le territoire néo-brunswickois.
«Nous avons interpellé les autorités provinciales il y a quelques semaines afin d’intervenir au niveau réglementaire et pour mettre en œuvre une approche concertée de toutes les parties prenantes. Dans l’attente d’un engagement du gouvernement provincial, nous demandons donc aux citoyens de faire de leur mieux pour protéger nos cours d’eau volontairement.»
Pour ce qui est des tests d’ADNe, les résultats devraient être connus prochainement, estime M. Prado. Des séances d’informations devraient aussi avoir lieu cet automne afin de parler des projets qui ont été réalisés en lien avec la moule zébrée et les plans pour les prochaines années.
En terminant, il est important de nettoyer ses embarcations, son équipement nautique et son équipement de pêche lorsque l’on change de plan d’eau afin d’éviter de répandre la moule zébrée.
Il est possible de nettoyer les embarcations à une station de lavage, comme celle nouvellement installée au lac Baker, ou chez soi, en lavant l’embarcation à l’eau chaude (60 degrés Celsius), en la vidant et en séchant l’équipement au soleil pendant environ cinq jours.
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Photos
Légende : Des moules zébrées.
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- Date de création 1 septembre, 2023
- Dernière mise à jour 1 septembre, 2023