Un organisme religieux a bénéficié d’un financement accéléré du gouvernement Higgs
Kelly Lamrock, le défenseur des enfants, des jeunes et des aînés, critique le processus «accéléré» qui a mené le gouvernement Higgs à accorder 1,46 million $ au Village of Hope, un organisme de rétablissement pour personnes chrétiennes qui ont une dépendance aux drogues.
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Alexandre Boudreau
IJL – Réseau.Presse – Acadie Nouvelle - Atl
xLe gouvernement Higgs a financé cette initiative par l’entremise de la Société de développement régional, à l’aide d’un processus politisé, selon Kelly Lamrock.
L’argent visait à agrandir un centre de rétablissement situé à Tracy, à environ 40 kilomètres au sud de Fredericton.
Kelly Lamrock ne cherche pas à examiner l’efficacité du programme de rétablissement de cet organisme religieux, mais plutôt la décision du gouvernement Higgs qui a mené à son financement. Il affirme que l’organisme Village of Hope (“Village de l’espoir”) a agi de bonne foi dans sa demande de financement et qu’il n’y a aucune preuve «d’actes répréhensibles» dans ses programmes.
Selon Kelly Lamrock, l’organisme a communiqué par courriel avec le premier ministre Blaine Higgs, puis l’a rencontré. La question du financement de Village of Hope a été approuvée par le cabinet, puis a ensuite été examinée par la fonction publique. C’est le contraire du processus habituel pour des demandes de financement d’organismes de ce genre, selon lui.
La Société de développement régional, un organisme de développement économique, a le droit de financer des projets à la demande du cabinet.
Son utilisation peut donc être concrètement politisée, ce qui n’est pas nécessairement une mauvaise chose quand son financement est réservé à des initiatives touristiques ou à des rénovations de centres communautaires qui ne cadrent pas bien avec d’autres catégories de financement, selon M. Lamrock.
Mais il est inhabituel que la SDR serve à financer des programmes sociaux, et elle n’est pas bien équipée pour s’assurer de financer les bons programmes, d’après lui. Selon le rapport du défenseur, ce ministère ne s’est pas assuré de vérifier s’il s’agissait de la meilleure façon d’investir de l’argent dans le traitement de la toxicomanie.
Gilles LePage, l’actuel ministre responsable de la SDR, a accueilli la recommandation de Kelly Lamrock de clarifier le mandat de la Société au sujet du financement de services sociaux, et dit «envisager cette question» pour la session du printemps 2025.
David Coon, le chef du Parti vert, affirme que le vérificateur général devrait se pencher sur l’attribution de fonds à cet organisme religieux.
«Ça ne sent pas bon et le vérificateur général devrait examiner cela.»
Un traitement inégal
Kelly Lamrock juge que le financement prioritaire accordé à cet organisme chrétien privé est «inhabituel» et qu’il a bénéficié de «toute l’attention du cabinet», alors que le même processus accéléré n’est pas offert «pour des projets similaires affectant les communautés des Premières Nations ou le grand public».
Le financement prioritaire de ce programme peut limiter le choix des personnes qui ont une dépendance aux drogues mais qui n’adhèrent pas à la foi chrétienne, d’après Kelly Lamrock.
«Il n’y a aucun doute que le modèle de Village of Hope semble fonctionner pour certaines personnes. Il semble aussi ne pas fonctionner pour d’autres.»
Il rappelle que, selon le ministère de la Santé, entre 140 à 160 personnes figurent habituellement sur une liste d’attente pour avoir ces services, et doivent parfois attendre de 6 à 8 mois. Cela ne comprend pas les gens qui aimeraient bénéficier de ces services mais qui ne les demandent pas parce qu’il leur faudrait attendre 8 mois, selon lui.
Surveiller Village of Hope
Les ministères de la Justice, de la Sécurité publique et de la Santé dirigent souvent les toxicomanes vers le Village of Hope. Or, l’organisme oblige les participants au programme à travailler sans rémunération, et à formuler des demandes d’aide sociale au gouvernement. L’argent qui en ressort sert à financer ses programmes.
Par conséquent, Kelly Lamrock croit que le gouvernement devrait mieux surveiller ce genre d’organisme, puisque des milieux de ce genre peuvent potentiellement mener à de l’exploitation de personnes vulnérables.
Dans une déclaration par courriel, Village of Hope n’a pas répondu à ces commentaires, mais a dit respecter le travail du défenseur.
L’organisme se dit aussi en faveur d’élargir l’offre de services pour la population atteinte d’une dépendance aux drogues, et donc d’offrir des alternatives qui ne sont pas fondées sur la religion.
«Nous croyons fermement qu’une variété d’options de soutien devrait être mise à la disposition des individus et des familles et nous encourageons toutes les parties prenantes à travailler ensemble pour lutter contre la crise de la dépendance.»
Rob McKee, le ministre responsable du traitement des dépendances, affirme que son ministère effectue déjà le travail de créer un plan pluriannuel sur le traitement des dépendances, comme l’a recommandé le défenseur.
«Je pense que c’était évident que c’était une décision du premier ministre et de la ministre responsable du traitement des dépendances qui voulaient financer ce centre. Je pense qu’ils ont mis la charrue devant les bœufs, et ils ont trouvé une façon de financer ce projet qui serait peut-être en-dehors des procédures normales», a affirmé M. McKee.
Le ministre examine aussi comment les autres provinces surveillent les centres privés afin de voir comment le N.-B. devrait les réglementer.
Sherry Wilson réplique
Sherry Wilson, anciennement ministre responsable du traitement des dépendances du gouvernement Higgs, a défendu la décision de son gouvernement en entrevue.
«Je ne crois pas que c’était un processus politisé», dit-elle au sujet de la décision du cabinet Higgs de financer l’organisme.
Elle rappelle que son gouvernement a aussi financé d’autres initiatives de réadaptation, comme l’ajout de lits au centre de traitement des dépendances de Campbellton et le financement d’un projet à Elsipogtog, selon elle.
Alors, pourquoi le choix de Village of Hope?
«On regardait qui pouvait faire le meilleur travail et qui aurait le plus de succès à régler le problème de l’itinérance et de la dépendance», a-t-elle affirmé.
Elle a aussi écorché le gouvernement fédéral pour ce qu’elle appelle la «légalisation des drogues», soit le cannabis. L’ancienne ministre croit que le pot est une «gateway drug» qui mène à l’utilisation de drogues plus nocives, comme le fentanyl, «pour beaucoup de gens».
«Depuis que le gouvernement fédéral a légalisé les drogues, nous avons constaté une énorme augmentation. […] Je n’ai jamais vraiment été d’accord avec cela, mais c’est la loi maintenant.»
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Photo : Dans cette photo prise lors de l’annonce de financement, on peut voir l’ancienne ministre de Service Nouveau-Brunswick, Mary Wilson; le directeur général et cofondateur de Village of Hope, Andrew Vähi; et l’ancienne ministre responsable des Services de santé mentale et de traitement des dépendances, Sherry Wilson. (5 septembre 2024)
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- Date de création 9 décembre, 2024
- Dernière mise à jour 9 décembre, 2024