Un opioïde 4 000 fois plus puissant que l’héroïne à Toronto
Il est 100 fois plus puissant que le fameux fentanyl. 4 000 fois plus violent que l'héroïne. 10 000 fois plus fort que la morphine. Il s’agit de l’opioïde de synthèse dit carfentanil, développé à l’origine pour endormir des rhinocéros et des éléphants. À en croire le Service de contrôle des drogues de Toronto (TDCS), ce produit d’une dangerosité extrême est en train d’inonder les rues de la métropole.
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Soufiane Chakkouche
IJL – Réseau.Presse – l-express.ca
En effet, en août dernier, 14% des échantillons de fentanyl analysés par ce service contenaient du carfentanil, soit un niveau record depuis le lancement des tests en 2019. On est donc loin des 1 à 2% enregistrés au printemps dernier.
«Le carfentanil est presque toujours découvert de manière inattendue dans des échantillons obtenus ou achetés comme du fentanyl. Pour cette raison, nous considérons le carfentanil comme un contaminant», explique Karen McDonald, directrice générale du TDCS.
Et de compléter: «L’approvisionnement en fentanyl non réglementé (ou «de rue») est de plus en plus contaminé et imprévisible. Cela est observé depuis le lancement du Service de vérification des drogues de Toronto en 2019, et même bien avant.»
Un produit hautement dangereux
Selon le TDCS, l’usage du carfentanil peut s’avérer très dangereux pour son consommateur, voire mortel, à plus forte raison lorsqu’il est consommé à son insu en combinaison avec d’autres opioïdes très puissants, tels que le fentanyl.
«Ce qui est presque toujours le cas, étant donné la contamination extrême et l’imprévisibilité de l’approvisionnement en fentanyl non réglementé», comme le fait remarqué Karen McDonald.
Par ailleurs, au-delà du risque de surdose propre à toutes les drogues dures, le carfentanil peut entraîner une suppression dangereuse des fonctions vitales, notamment un ralentissement de la respiration, de la tension artérielle et du rythme cardiaque.
Ces risques s’accentuent lorsque la quantité consommée est inconnue, ce qui, là encore, est souvent le cas, car le produit est mélangé dans d’autres drogues.
Interventions et soutiens
De son côté, contacté par l-express.ca, Santé publique Toronto (TPH) ne nie point le fait que la ville reine connaît une crise sanitaire directement corrélée à la consommation des drogues, mais sans pour autant nommer un produit spécifique.
«Toronto continue de traverser une épidémie de toxicité liée aux drogues. Santé publique Toronto reconnaît que les surdoses d’opioïdes et les décès par surdose peuvent être évités grâce à un ensemble complet d’interventions et de soutiens en matière de soins de santé fondés sur des données probantes», admet la communication de TPH.
Une situation qui a conduit la mairesse de Toronto, Olivia Chow, à proclamer le 31 août dernier Journée de sensibilisation aux surdoses à Toronto.
Promouvoir la santé mentale
Parmi les nouvelles mesures prises figure le lancement du plan dit Notre santé, notre ville: stratégie de santé mentale, d’utilisation de substances, de réduction des méfaits et de traitement pour Toronto.
«En tant que stratégie globale à l’échelle de la ville, Notre santé, notre ville formule des recommandations visant à promouvoir la santé mentale et le bien-être tout au long de la vie et à réduire les impacts sanitaires et sociaux liés à la consommation de substances dans notre ville», fait valoir le TPH.
Et d’ajouter: «La stratégie souligne la nécessité d’intensifier les services de prévention, de réduction des méfaits et de traitement à travers l’ensemble du continuum de soins.»
Dépolitiser la lutte contre la toxicomanie
Toutefois, de manière plus globale, pour que ces mesures soient efficaces, le TDCS recommande vivement de séparer la lutte contre la drogue de la politique et/ou des calculs à la course aux urnes.
«Les politiques qui orientent la réponse du Canada à la crise des drogues toxiques pourraient être améliorées en s’assurant qu’elles soient dépolitisées, fondées sur des preuves et élaborées en collaboration avec les personnes qui consomment des drogues. Il existe un potentiel important d’amélioration de la réponse du Canada à cette crise, que ce soit en matière de prévention, de réduction des méfaits, de traitement ou de sécurité publique», avertit Karen McDonald.
Pour rappel, les données préliminaires du Bureau du coroner en chef de l'Ontario font état de 463 décès liés à une intoxication aux opioïdes à Toronto en 2024. Certes, ce chiffre a diminué de 17% par rapport à la moyenne de 2020-2022, néanmoins, il reste supérieur de 49% au niveau d’avant la pandémie.
D'autres décès connexes
De plus, cette statistique ne prend en considération que les décès liés directement à la consommation des opioïdes, ce qui écarte de facto ceux liés à d’autres drogues ou ceux en lien avec les conséquences de cette consommation, comme le suicide ou les accidents.
Enfin, près de la moitié de ces décès concernent des individus âgés de 25 à 44 ans, soit des jeunes dans la force économique de l’âge.
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Photos :
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Légende : Le rapport Our Health, Our City, de la Ville de Toronto.
Crédit : Ville de Toronto
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Légende : Karen McDonald, directrice générale du Service de contrôle des drogues de Toronto (TDCS).
Crédit : courtoisie
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Légende : Nombre de morts par surdose à Toronto depuis 2015.
Crédit : ureau du coroner en chef de l’Ontario
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Légende : Décès ces cinq dernières années pour chaque drogue.
Crédit : Service de contrôle des drogues de Toronto (TDCS)
- Nombre de fichiers 5
- Date de création 2 octobre, 2025
- Dernière mise à jour 2 octobre, 2025