Un hiver doux… Ou pas?

Certains l’attendent avec impatience. D’autres n’y voient qu’une variante de l’horoscope. Pourtant, depuis 233 ans, l’Old Farmer’s Almanach fait la pluie et le beau temps, c’est le cas de le dire, sur les prévisions météo à l’échelle du pays et même au-delà.

 

Jean-Marc Dufresne

IJL – Réseau.Presse – Agricom

« La moyenne de précision de nos prévisions des deux cents quelques dernières années s'établit tout de même autour de 80% », affirme l’éditrice exécutive de la publication, Sarah Perreault. « Bien que l’an dernier a été plus difficile, avec un taux de précision de 65%. »

Neige ou pas?

La question qui est sur toutes les lèvres: quel genre d’hiver nous attend? « Ça dépend évidemment de l’endroit où vous habitez », indique Mme Perreault. « Le nord et le centre de l’Ontario verront beaucoup de neige et de froid, tandis que dans le sud et l’est de la province, tout comme au Québec, on s’attend plutôt  à un hiver doux sans grande précipitations de neige. »

Au nord et au centre de l’Ontario, la neige débuterait aussitôt qu’en novembre, avec des périodes de froid intense au début des mois de janvier et février. Quand à l’est ontarien et au Québec, « moins de neige que la moyenne » ne signifie pas qu’il faut ranger les pelles et sortir les bermudas. « Il y aura des chutes de neige, mais on ne s’attend pas à des accumulations importantes », précise-t-elle.

Sur quoi on se base?

Nos ancêtres cultivateurs observaient la nature et faisaient ainsi des prédiction basées sur la nature: la hauteur des nids d’abeilles, l’épaisseur des pelures d’oignons et même la douleur d’un cor au pied leur ouvrait la porte à une prévision plus ou moins fiable. Inutile de dire que les temps ont bien changé.

« Nous accumulons des  données statistiques depuis plus de 200 ans, il nous est donc possible de créer un modèle mathématique assez fiable », affirme la spécialiste. « Par exemple, l’an dernier, nous avons vécu le passage d’El Nino alors que cette année, nous sommes en transition entre deux systèmes, une phase qu’on appelle ENSO (pour El Niño-oscillation australe. ) Selon Mme Perreault, la phase ENSO peut être El Niño (chaud), La Niña (froid) ou neutre, et oscille entre ces phases selon des cycles pouvant durer de deux à sept ans.

« Nous entrons dans la phase d’oscillation El Nino chaud », révèle-t-elle.

Quel impact sur l’agriculture?

S’il ne retient pas son souffle dans l’attente de voir les prévisions se confirmer ou s’infirmer, l’agronome Paul Sullivan rappelle qu’un couvert minimum de neige est nécessaire pour protéger les cultures.

« Le manque de neige peut favoriser un gel dommageable aux racines et aux plants dormants », dit-il. « Mais ce n'est pas le seul risque. Un temps doux peut permettre à des insectes indésirables de traverser l’hiver et causer des dommages au printemps. »

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Légende photo 1 : Un hiver trop doux peux endommager les plants et favoriser la survie des insectes ravageurs.

Légende photo 2 : Selon Sarah Perreault, l'hiver sera plus doux et moins neigeux que la moyenne dans le sud-est ontarien.

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  • Date de création 11 septembre, 2024
  • Dernière mise à jour 21 octobre, 2024
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