The Guest Room : un espace pour aider les artistes à s’épanouir
Au début, ce n'était qu'un petit espace d'enregistrement personnel dans le sous-sol de Laura Rae. Aujourd'hui, The Guest Room est un espace qui permet à des artistes de tous genres de fleurir.
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Jean-Philippe Giroux
IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse
D’une pièce à un studio
Laura Rae a commencé à construire son studio de rêve en 2019, lorsqu’elle a repris l’écriture de chanson, après une longue pause. Son premier projet était l’enregistrement d’un simple, dans son sous-sol, avec Jon Landry du groupe de rock celtique The Stanfields.
À l’époque, le lieu d'enregistrement de sa cave était beaucoup plus petit que le studio de musique et l’espace de répétition d’aujourd’hui. C’est lors de la réalisation de cette chanson que Landry lui a suggéré d’élargir le projet du Guest Room. « Il était comme ''Tu sais que tu pourrais faire ça. T’as le cerveau pour ça. T’as les connaissances musicales.'' »
Rae voulait enregistrer plus de chansons, mais pour embaucher des experts, ça coûte cher, fait-elle remarquer. Sa solution : acheter des instruments et des accessoires, un à la fois. Elle s’est aussi procuré un logiciel de création musicale pour s’enseigner à elle-même comment construire une maquette.
Au début, c’est elle et ses amis qui ont eu recours au studio afin de réaliser leurs projets musicaux, dont le premier microalbum à Rae, Chanson pour ma grand-mère. « Maintenant, c’est ça que je veux faire, à temps plein », lance-t-elle.
Développement et collaborations
Dernièrement, Laura Rae a commencé à développer son réseau. Sur son site Internet, elle invite les musiciens à lui envoyer un message pour discuter de leur projet, que ce soit pour la production, la traduction, l’enregistrement ou la coécriture.
L’idée lui est venue après avoir collaboré avec l'artiste Kristen Martell, originaire du nord du Nouveau-Brunswick. « Elle m’a vu faire de la musique en français et m’a dit ''Hey! J’aimerais en faire. Voudrais-tu écrire ensemble ?'' »
Au fur et à mesure du processus de création, The Guest Room est devenu l’espace clé, où Rae a créé sa première chanson pour un artiste établi.
La Fédération culturelle acadienne de la Nouvelle-Écosse (FéCANE) a aussi cogné à sa porte afin de contribuer à la réalisation et l’écriture de chansons pour l'album jeunesse La Relève vol. 3.
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Elle travaille en ce moment avec une artiste de Par-en-Bas, Amber d’Entremont, qu’elle a rencontré dans le cadre d’un autre projet de la FéCANE. D’ailleurs, la native de Pubnico était au Guest Room en fin de semaine afin d’enregistrer les trames vocales de sa nouvelle chanson.
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C’est à travers la FéCANE que Rae a reçu du mentorat, mais en a aussi donné pour de jeunes artistes. « C’est tellement le fun, dit-elle. Les jeunes sont tellement créatifs. C’est difficile, des fois, comme adulte, si tu les connais pas, de créer ces liens vraiment vite parce que t’arrives dans une salle pis on écrit une chanson, aujourd’hui. »
« Ça peut être difficile, dans ce sens, ajoute-t-elle, parce que c’est vraiment vulnérable, d’écrire une chanson, de parler de ses émotions pis des expériences qu’on eux. »
Plus de femmes en musique
Laura Rae souhaite faire plus de coécriture avec d’autres musiciennes. « Il y a tellement un manque d’artistes femmes francophones en Nouvelle-Écosse. C’est pas pour dire que la musique qui existe ou qui est populaire en français ici n’est pas bonne. C’est juste que j’aimerais voir de nouvelles façons de créer de la musique en français. »
Elle veut également continuer à suivre les jeunes dans leur parcours musical, après le secondaire, pour qu’elles puissent se développer et grandir.
L’un de ses chevaux de bataille est de maximiser la visibilité et la représentation des femmes au sein de l’industrie musicale de la Nouvelle-Écosse, tant sur la scène que dans les coulisses. « Je pense que travailler avec les écoles, c’est vraiment important, de montrer aux jeunes que c’est possible de faire une vie en musique », partage-t-elle.
Son rêve est de voir plus de femmes en production, dans les salles d’enregistrement avec les jeunes filles, pour créer un espace plus sûr pour les artistes en début de carrière.
La musique, un outil
Laura Rae a une maîtrise en éducation axée sur l'intégration de la musique dans l'enseignement des langues secondes. Pour la compléter, elle a effectué sa recherche avec des élèves du primaire en immersion.
Or, elle trouve que ces connaissances sont fort utiles pour n’importe qui, notamment « les artistes qui explorent pour la première fois la musique en français, qui sont bilingues, mais qui ont jamais vraiment écouté pis créé de la musique en français. C’est de trouver des façons de dire des mots dans une chanson qui sonne bien ou qui fonctionne bien avec le rythme de la chanson. »
Avec les jeunes francophones, qui consomment principalement du contenu en anglais sur les réseaux sociaux, il lui arrive souvent de recevoir des paroles de chanson en anglais et de faire du travail de traduction, ce qui n’est pas toujours évident. Le message n’est pas toujours pareil, lorsqu’on traduit mot pour mot, précise Rae.
- Nombre de fichiers 5
- Date de création 19 février, 2024
- Dernière mise à jour 19 février, 2024