Test d’anglais pour les infirmières auxiliaires : timide ouverture du gouvernement

Test d’anglais pour les infirmières auxiliaires : timide ouverture du gouvernement

L’Assemblée législative de l’Île-du-Prince-Édouard a adopté, vendredi 20 novembre, une modification de la Loi sur les professions réglementées en santé. Au milieu de plusieurs mesures d’ordre cosmétique se trouve un assouplissement des exigences linguistiques pour les infirmiers et infirmières francophones formés dans la province.

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Laurent Rigaux

Initiative de journalisme local – APF – Atlantique

Ce sont quelques lignes dans un projet de loi qui ne sont pas passées inaperçues dans la communauté francophone de l’Île. Porté par le ministre de la Santé, James Aylward, le texte prévoit d’amender la loi sur les professions réglementées de santé. Il a été débattu le 17 novembre et adopté le 20 à l’unanimité.

La loi actuelle stipule que toute personne qui souhaite travailler dans une profession réglementée de santé «possède une maîtrise raisonnable de l'anglais écrit et parlé, conformément aux règlements». Le texte adopté à l’Assemblée législative ajoute, parmi d’autres mesures : «sauf disposition contraire des règlements». «Cela va nous permettre, à travers la réglementation, d’assouplir certains des requis concernant la maîtrise de l’anglais, explique James Aylward. On a besoin de plus d’infirmiers et infirmières francophones.»

«Une toute petite ouverture»

Il s’agit donc d’une porte ouverte vers plus de flexibilité pour les infirmiers et infirmières auxiliaires formé(e)s au collège de l’Île. Aujourd’hui, les étudiants doivent passer un test d’anglais, une exigence du College of Licensed Practical Nurses of PEI (LPNPEI) pour celles et ceux qui n’ont pas poursuivi leur scolarité en anglais.

Deux anciennes élèves du Collège de l’Île s’étaient émues de cette obligation dans un article paru sur le site de l’IJL plus tôt ce mois-ci. La semaine suivante, le président du Collège Donald DesRoches, allait jusqu’à parler de «discrimination», car les étudiants formés à l’Île ne peuvent pas y travailler sans prouver leur niveau d’anglais, même si certains ont passé leur vie ici. Le responsable appelait alors le gouvernement à «changer la loi et les règlements».

C’est désormais chose faite, pour la loi au moins. Mais cela ne changera pas grand-chose au quotidien des étudiants du Collège de l’Île, toujours obligés d’aller au Nouveau-Brunswick pour passer un examen au coût de 300 dollars. «La récente modification du texte de loi sur les professions réglementées est une toute petite ouverture pour revoir la rigidité des exigences linguistiques présentement en vigueur, commente Donald DesRoches. Le gouvernement est clair sur le besoin de professionnels de la santé bilingues. Toutefois, sans modifications des règlements eux-mêmes, le défi demeure entier pour n’importe qui dont la langue première ou la langue dans laquelle il a étudié n’est pas l’anglais.»

Faire en sorte «que ce soit plus facile»

A l’Assemblée, lors du court débat sur le texte (19 minutes), Sonny Gallant, sans remettre en question le bien-fondé du test, demande au ministre s’il pouvait faire en sorte que ce soit «plus facile» pour les étudiants qui veulent travailler à l’Île. Le député libéral d'Évangéline-Miscouche (où se trouve le campus de Wellington du Collège de l’Île) souhaiterait notamment que ce test puisse être fait dans la province. «Moi aussi, je veux que ce soit le plus facile possible» répond James Aylward, tout en précisant que la situation était similaire pour les étudiants qui doivent aller à Halifax passer le test d’admission en médecine (MCAT). Avant la mise en place de la bulle Atlantique, ces personnes devaient s’isoler 14 jours à Halifax, passer le test, puis s’isoler à nouveau en revenant à l’Île. «Cela n’avait aucun sens», ajoute le ministre, qui précise n’avoir pas réussi à faire en sorte que le test puisse être effectué dans la province.

Au sujet des étudiants francophones, James Aylward affirme que les consultations avec l’ordre professionnel réglementaire sont en cours, et que ce dernier «soutient totalement» la démarche. Du côté du Collège de l’Île, on se dit prêt à poursuivre les discussions pour «faire avancer le dossier».

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PHOTOS : (incluant titre de la photo, légende et crédit du photographe ou courtoisie)

Photo Aylward : Le ministre de la Santé, James Aylward, explique que la modification de la Loi sur les professions réglementées de santé va permettre «d’assouplir les exigences» linguistiques pour les étudiants francophones.

 

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  • Date de création 27 novembre, 2020
  • Dernière mise à jour 29 novembre, 2020
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