Sudbury dans la mire des progressistes-conservateurs de Doug Ford

Le Parti progressiste-conservateur de l’Ontario n’a pas élu de député à Sudbury, où 30 % des résidents sont francophones, depuis la fin des années 80. N’empêche, le premier ministre Doug Ford a clairement établi qu’il convoite cette circonscription en multipliant les attaques contre le député néo-démocrate de cette région au cours des derniers jours.

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Émilie Gougeon-Pelletier

IJL – Réseau.Presse – Le Droit

Le premier ministre ontarien Doug Ford était à Sudbury, lundi dernier, pour annoncer un projet d’infrastructure de traitement des eaux usées de 34,9 millions de dollars.

À la fin de son point de presse, Doug Ford s’en est pris au député néo-démocrate de Sudbury, Jamie West.

Sans le nommer, le premier ministre a lancé que «Sudbury a besoin d’une voix» à Queen’s Park, et non de quelqu’un «assis dans un coin qui joue aux cartes».

En entrevue avec Le Droit, le député West affirme que ces piques ne sont pas un phénomène nouveau.

«Il fait ça depuis 2018, lorsque j’ai été élu. Ça arrive régulièrement qu’il vienne faire une annonce de financement et qu’il m’insulte dans le cadre de celle-ci», a indiqué le Sudburois.

«Tant qu’il annonce des investissements dans ma circonscription, il peut m’insulter autant qu’il le souhaite», a-t-il toutefois noté.

Doug Ford a aussi semblé insinuer que deux régions du Nord ontarien bénéficient de plus de visites ministérielles et de plus de financement après avoir voté pour deux candidats progressistes-conservateurs au lieu de candidats du NPD lors des dernières élections.

Élections anticipées

Les élections ne sont pas prévues avant juin 2026, en Ontario.

Doug Ford a assuré qu’il n’enverrait pas les Ontariens aux urnes en 2024, mais il n’a pas exclu la possibilité de le faire en 2025.

Plusieurs spéculations ont été faites au cours des derniers mois concernant les intentions du gouvernement Ford de déclencher un scrutin anticipé au printemps prochain pour renforcer - ou du moins maintenir - la majorité des sièges progressistes-conservateurs à Queen’s Park.

Historiquement, lorsque les libéraux sont au pouvoir au gouvernement fédéral, les conservateurs de l’Ontario ont de plus grands succès, et vice-versa.

Alors que la popularité des libéraux de Justin Trudeau s’affaiblit dans les sondages, les progressistes-conservateurs de Doug Ford pourraient vouloir tenir des élections dans la province avant un possible changement de gouvernement, à Ottawa.

La liste de députés progressistes-conservateurs ayant annoncé qu’ils ne se représenteront pas aux prochaines élections ontariennes continue de s’allonger.

Le mois dernier, l’ancienne ministre et députée ottavienne Lisa MacLeod a annoncé qu’elle tirait sa révérence.

Vendredi, la députée torontoise Robin Martin a elle aussi annoncé qu’elle ne sera pas candidate lors de la prochaine campagne.

«Je fais cette annonce maintenant pour laisser le temps à l’association de circonscription locale et au Parti PC de l’Ontario de désigner un candidat pour représenter Eglinton-Lawrence», a-t-elle écrit sur les réseaux sociaux, contribuant aux spéculations qui circulent concernant de possibles élections provinciales au printemps.

De récentes annonces du gouvernement Ford, y compris la promesse d’envoyer des chèques de 200 $ à tous les Ontariens, ont également alimenté ces soupçons.

Intégrité

Lors de la conférence de presse à Sudbury, lundi dernier, Doug Ford a par ailleurs, à la blague, invité le maire Paul Lefebvre à être candidat pour son parti aux prochaines élections.

Même s’il n’a pas l’intention de demander au commissaire à l’intégrité de se pencher sur les commentaires du premier ministre lors de son point de presse à Sudbury, Jamie West se demande si celui-ci jugerait qu’ils étaient «éthiques».

Un membre du gouvernement ne «peut pas laisser entendre que si vous soutenez son parti, vous serez récompensé», souligne le député Jamie West.

«Sous-entendre que si vous ne votez pas conservateur, vous n’obtiendrez rien, c’est une violation [de la Loi sur l’intégrité des députés]. Je ne sais pas si c’était aussi fort dans la façon dont il l’a formulé, mais je serais curieux de connaître la réaction du commissaire à l’intégrité», dit-il.

La Loi sur l’intégrité des députés établit les règles relatives aux conflits d’intérêts et aux autres obligations éthiques des députés.

Or, le commissaire à l’intégrité ne peut donner son avis que si le député le lui demande.

«En raison de ces circonstances dans lesquelles le commissaire peut fournir un avis, et parce que toutes les questions sont fondées sur des faits précis, le Bureau ne fait pas de commentaires publics sur la question de savoir si une situation répond aux exigences de la Loi», a indiqué au Droit le bureau du commissaire, dans un courriel.

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Photos 

  • Le gouvernement progressiste-conservateur a annoncé un projet d’infrastructure de traitement des eaux usées de 34,9 millions de dollars à Sudbury. (LE DROIT , PATRICK WOODBURY/LE DROIT , PATRICK WOODBURY)
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  • Date de création 4 novembre, 2024
  • Dernière mise à jour 4 novembre, 2024
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