Sol Mamakwa marque l’histoire à Queen’s Park
L’histoire a été marquée, mardi, alors qu’un député a pu s’adresser à l’Assemblée législative de l’Ontario en anishininiimowin, sa langue maternelle.
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Émilie Gougeon-Pelletier
IJL – Réseau.Presse – Le Droit
Pour la première fois de l’histoire de la province, une langue autre que l’anglais et le français a été permise en chambre.
«Alors que je m’exprime dans ma langue, je me sens plus fort, C’est comme une médecine, un médicament. On se sent bien», a déclaré le député néo-démocrate Sol Mamakwa durant un discours qui a duré dix minutes.
Il a fait son allocution en anishininiimowin, que l’on connaît aussi comme la langue oji-crie.
«Le gouvernement, il y a plusieurs années, nous a dépossédé de cette langue, alors que les colonisateurs ont retiré le droit de nos enfants de la parler. On utilisait le savon pour laver leur bouche pour les empêcher de parler cette langue», a-t-il soutenu.
Sol Mamakwa espère que les parlements à travers le pays, y compris la Colline parlementaire à Ottawa, puissent emboîter le pas qu’il vient de prendre.
Les galeries du public étaient pleines à craquer, mardi, alors que des proches de Sol Mamakwa et des partisans se sont déplacés au parlement ontarien afin d’assister à ce moment historique.
Sa mère, qui célébrait d’ailleurs son 79e anniversaire, était notamment présente.
«C’est grâce à elle que je parle cette langue, c’est elle qui me l’a apprise», a-t-il louangé.
Modification des règles
Jusqu’à cette journée, seules les langues officielles du pays étaient permises en chambre, à Queen’s Park.
Mais en mars dernier, les règles ont changé, après qu’un amendement permettant de s’adresser au président de l’Assemblée législative dans une langue autochtone parlée au Canada ait été adopté par les élus.
Désormais, lorsqu’un député voudra s’adresser à la Chambre dans une langue autochtone, il pourra en faire la demande auprès du greffier afin que les services d’interprétation puissent être mis en place.
Des interprètes de la langue anishininiimowin, tant français qu’anglais, étaient en poste mardi matin.
Interdiction de parler sa langue
L’interdiction de parler sa langue était un problème familier pour Sol Mamakwa, qui s’était vu retirer le droit de la parler lorsqu’il fréquentait un pensionnat pour Autochtones.
«Quand j’ai commencé à parler, ce matin, je m’attendais à ce que l’on me dise que j’étais en train de briser les règles, que je devais parler anglais», a admis le député néo-démocrate, à sa sortie de la Chambre.
Le député de Kiiwetinoong, Sol Mamakwa, est le seul élu membre des Premières Nations au sein du parlement ontarien.
Il représente cette circonscription du nord-ouest de l’Ontario, composée par des Autochtones à près de 70%, depuis 2018.
Demande accordée
Le député Mamakwa a également interrogé le gouvernement à propos des soins de longue durée dans sa circonscription durant la période de question, aussi dans sa langue maternelle.
Ses questions portaient sur le manque de lits à Sioux Lookout, une région éloignée du Nord de la province.
En campagne électorale, en 2018, Doug Ford avait promis que 76 lits de soins de longue durée seraient ajoutés dans cette communauté sous un gouvernement progressiste-conservateur.
C’était une promesse qu’avaient aussi faite les libéraux.
Mais six ans plus tard, les résidents de Sioux Lookout attendent toujours leur nouveau foyer de soins de longue durée, et plusieurs occupent des lits d’hôpital, en attendant.
Mardi, le premier ministre Doug Ford a pris la parole en réponse à Sol Mamakwa et s’est engagé à tenir cette promesse, avant de se lever et de serrer le député néo-démocrate dans ses bras.
«Personne n’a jamais fait ça, ce que vous faites aujourd’hui. Je veux simplement vous dire à quel point je suis fier de vous, à quel point tous les membres de l’Assemblée législative sont fiers et à quel point tous les membres des Premières Nations sont fiers», a déclaré Doug Ford.
«Je m’engage aujourd’hui, en public: nous construirons ces lits. Nous allons construire un foyer [de soins de longue durée] pour Sioux Lookout», a-t-il lancé.
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Photos
- Sol Mamakwa, seul député provincial membre des Premières Nations en Ontario, a fait son allocution en anishininiimowin, que l’on connaît aussi comme la langue oji-crie. (Archives Le Droit, Patrick Woodbury/Archives Le Droit, Patrick Woodbury)
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- Date de création 28 mai, 2024
- Dernière mise à jour 28 mai, 2024