Soins de longue durée: la ministre Fullerton esquive les questions

ÉMILIE PELLETIER

Initiative de journalisme local — Le Droit

En point de presse lundi matin pour s’adresser aux médias à propos du rapport final de la Commission d’enquête sur la COVID-19 dans les foyers de soins de longue durée de la province publié vendredi, Merrilee Fullerton n’a accepté d’entendre que trois journalistes, n’a répondu directement à presque aucune des questions et a laissé la population dans le néant, en quittant 20 minutes plus tard. 

Les commissaires chargés d’enquêter sur la COVID-19 dans les foyers de soins de longue durée de l’Ontario ont publié leur rapport tant attendu, vendredi. 

La Commission d’enquête, créée par le gouvernement Ford à l’été 2020, conclut entre autres que le système de soins de longue durée de l’Ontario était mal préparé à affronter la pandémie de COVID-19, et ce malgré les recommandations formulées à la suite de virus précédents. 

S'excuser?

Voulant offrir sa réaction face au rapport, la ministre des Soins de longue durée Merrilee Fullerton a plutôt esquivé plusieurs questions. 

Questionnée à savoir si elle avait l’intention de s’excuser pour les ravages de la COVID-19 dans les établissements pour aînés ayant causé la mort de plus de 4000 résidents, la ministre a évité la question pendant plus de trois minutes et n’a pas offert de mea culpa.

Dans le cadre de leur enquête, les commissaires font aussi état d’une situation troublante: avant l’arrivée des militaires, 26 résidents de foyers de soins de longue durée sont morts de déshydratation en raison du manque de personnel pouvant s’en occuper. 

«Ils sont morts alors que tout ce dont ils avaient besoin, c’était de l’eau et un essuyage», peut-on lire dans le rapport.

«Il faut avancer»

Lorsqu’une journaliste a demandé à la ministre Fullerton de préciser le moment ou la date à laquelle elle avait été mise au courant de cette situation, celle-ci n’a pas accordé de réponse. 

Elle a plutôt remercié l’aide des Forces armées canadiennes, affirmé qu’elle prenait les recommandations des commissaires très au sérieux, et réitéré qu’en tant que médecin de famille, elle a passé des décennies à aider les gens. 

«Il faut avancer. Je suis en politique parce que je veux réparer le secteur des soins de longue durée», s’est-elle contentée de dire.

Qu’aurait-elle pu faire différemment dans le cadre de sa gestion de la crise sanitaire dans les établissements de soins de longue durée? À cette question, la ministre a indiqué que les choses changent très rapidement durant la pandémie, sans pour autant préciser ce qu’elle aurait pu faire autrement.

Constats

Parmi les décès causés par la COVID-19 en 2020, 61% étaient des résidents de foyers de soins de longue durée. 

Entre septembre 2020 et mars 2021, plus de 700 personnes ont été consultées dans le cadre de cette enquête.

L’un des principaux constats du rapport est que les résidents de foyers de soins de longue durée ne reçoivent pas les soins dont ils ont besoin, et que les employés de ces établissements sont surchargés, sous-formés et sous-payés, notamment. 

Les commissaires recommandent au gouvernement ontarien d’offrir au personnel des salaires et des avantages sociaux qui correspondent mieux à ceux fournis au personnel dans les hôpitaux. 

À quand de meilleurs salaires et conditions de travail pour les préposés aux bénéficiaires et le personnel des établissements pour aînés? Merrilee Fullerton n’a pas répondu à cette question non plus.

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  • Date de création 3 mai, 2021
  • Dernière mise à jour 3 mai, 2021
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