Services ambulanciers: la grogne s’intensifie à Grand-Sault
Les élus de la Municipalité régionale de Grand-Sault ont partagé leur frustration face au manque d’ouverture d’Ambulance NB dans le dossier de la couverture ambulancière sur leur territoire.
_______________________
Bobby Therrien
IJL – Réseau.Presse – Acadie Nouvelle
Le conseiller David Raines, qui est responsable du dossier, est catégorique: le service est souvent déficient dans la région de Grand-Sault. Selon des données qu’il a obtenues, le territoire a été dépourvu d’ambulance – au cours d’une période d’au moins quatre heures – pendant environ 160 jours en 2023.
Selon M. Raines, une première rencontre pour discuter de la problématique avec des représentants d’Ambulance NB devait avoir lieu en juillet. Celle-ci a été repoussée à l’automne.
Le conseiller raconte qu’il a fallu qu’il rencontre personnellement le PDG d’Ambulance NB, Craig Dalton, alors qu’il était en visite dans les environs quelques semaines plus tard, pour fixer une nouvelle date de rencontre.
«On m’a assuré que la rencontre aurait lieu. Nous avons reçu un appel cette journée-là pour nous confirmer qu’il y aurait une rencontre le 23 septembre.»
Il a ajouté que depuis cette confirmation, la municipalité a été sans un service d’ambulance adéquat au cours de huit journées supplémentaires.
Plus tôt cette semaine, la Municipalité régionale de Grand-Sault a reçu un nouvel avis d’Ambulance NB, indiquant que la réunion sera de nouveau repoussée, soit après les élections provinciales qui ont été déclenchées jeudi.
«Pour nous ce que ça veut dire, c’est que ce sera probablement aux alentours du début de la nouvelle année. Cette nouvelle excuse est tout à fait inacceptable», a mentionné David Raines.
«Le problème ne s’en ira pas tant qu’ils (dirigeant d’Ambulance NB) acceptent de s’asseoir avec nous et écouter ce que nous avons à leur dire.»
Le conseiller a martelé que les citoyens de la municipalité et ses environs se trouvent dans une situation dans laquelle chaque nouvel incident peut mener à une catastrophe.
«Ce n’est plus quelque chose que l’on peut simplement regarder des lignes de côté. Je crois que c’est le moment idéal pour Ambulance NB de nous rencontrer. Ils pourront récolter l’information nécessaire pour qu’ils puissent, quand le nouveau gouvernement sera en place, savoir quoi lui demander. Pour l’instant, on ne le sait pas, car nous n’avons pas eu cette discussion.»
David Raines a proposé que l’administration municipale fasse de nouvelles démarches auprès du PDG d’Ambulance NB, du ministre de la Santé, Bruce Fitch, et du premier ministre Blaine Higgs afin d’organiser une réunion dans les plus brefs délais.
«On veut avoir cette discussion avant qu’une tragédie nous force à l’avoir. S’ils ne sont pas prêts à tenir une réunion avant les élections, peut-être qu’ils devraient se demander ce qu’ils feraient si un de leurs proches vivait dans notre municipalité et se trouvait dans une situation d’urgence. Est-ce qu’ils seraient à l’aise de les laisser ici?»
Le maire de la Municipalité régionale de Grand-Sault, Bertrand Beaulieu, a également fait part de ses frustrations. Il s’est dit irrité de voir que la vie de certains citoyens dépend d’un facteur comme les élections.
«Il va toujours y avoir des élections, mais ça n’empêche pas que Ambulance NB devrait être là pour servir nos citoyens. Il est tout à fait inacceptable que nous ayons passé 160 jours sans ambulance pendant plus de quatre heures. On attend quoi? Qu’il se produise un événement tragique pour corriger la situation?», a déclaré M. Beaulieu en faisant référence à la région de Saint-Quentin qui n’a reçu une couverture plus adéquate qu’à la suite d’un grave accident de la route.
Le maire Beaulieu soutient qu’un refus dans ce dossier n’est pas acceptable.
«On veut s’asseoir avec Ambulance NB pour leur faire part de nos inquiétudes et entendre ce qu’ils ont comme piste de solution.»
Bertrand Beaulieu a toutefois tenu à mentionner que la problématique ne provient pas du travail réalisé par les travailleurs paramédicaux, mais plutôt d’un manque de main-d’œuvre.
«Les gens qui sont sur le terrain font un excellent travail, mais il n’y a simplement pas assez de gens pour effectuer le travail. Quand il n’y a pas de travailleur, il n’y a pas d’ambulance. Il y a une foule d’autres problèmes que l’on veut aussi partager à Ambulance NB.»
Chez Ambulance NB, on n’a fait que confirmer que la rencontre avait été repoussée à plus tard cet automne.
-30-
Photo : - Archives
- Nombre de fichiers 2
- Date de création 23 septembre, 2024
- Dernière mise à jour 23 septembre, 2024