Serment au roi: un délai accordé aux employés de TFO

Le diffuseur public franco-ontarien TFO a décidé d’accorder quelques jours de plus au personnel avant de les obliger à prêter serment au roi Charles III.

_______________________ 

Émilie Gougeon-Pelletier

IJL – Réseau.Presse – Le Droit

Lundi, la direction de TFO a appris à ses employés, dont certains journalistes, que dès le 29 août, ils allaient devoir participer à des séances d’assermentation où ils devront prononcer leur allégeance à la Couronne britannique.

La mesure vise à se conformer à une loi ontarienne, en place depuis 2006, qui demande à tous les fonctionnaires de la province de suivre cette démarche.

Les séances d’assermentation devaient donc commencer jeudi, mais la direction de TFO a toutefois confirmé au Droit qu’elles auront finalement lieu à compter du 16 septembre, «pour donner l’occasion à la direction de répondre aux préoccupations du personnel face à ce processus».

Sous le couvert de l’anonymat, plusieurs employés de TFO ont confié au Droit leur malaise face à cette situation.

Frustration

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a quant à lui fait part de sa frustration, lors d’une entrevue avec Le Droit.

Il a rappelé que le député libéral René Arsenault, originaire du Nouveau-Brunswick, avait proposé de rendre ce serment au roi facultatif pour l’entrée en fonction des élus fédéraux, mais son projet de loi a été rejeté à la Chambre des communes, en avril.

«Que les libéraux, comme le NPD et les conservateurs n’aient pas soutenu cette démarche-là et que les conservateurs aient chanté le God save de King après, me fait dire que malgré toutes les nouvelles tendances idéologiques et les discours vertueux qu’on peut entendre, il y a toujours une bonne part de néo-colonialisme au Canada vis-à-vis les francophones. Ça me semble évident», a-t-il soutenu.

Selon lui, «pour les francophones de partout au Canada, la naissance d’un Québec indépendant va changer les dynamiques dans une logique de s’assurer d’obtenir du respect et non pas devoir le quémander à genoux pour être déçu».

Les journalistes

Actuellement, seuls les Autochtones et les non-citoyens peuvent être exemptés de cette mesure.

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), qui compte parmi ses membres des journalistes de TFO, croit qu’ils devraient eux aussi pouvoir être exemptés de ce règlement.

«Le seul serment que des journalistes devraient avoir à prêter, s’il y a serment à prêter, c’est à l’endroit d’un guide de déontologie», a soutenu le président de la FPJQ, Éric-Pierre Champagne.

Le député néo-démocrate Guy Bourgouin, porte-parole de l’Opposition officielle en matière de francophonie, a affirmé que la Loi de 2006 sur la fonction publique de l’Ontario devrait être modifiée pour exclure les journalistes de l’obligation de prêter serment à la Couronne.

Contrairement à TFO, son confrère anglophone TVO se plie à ce règlement depuis qu’il est en place.

La Guilde canadienne des médias se pose plusieurs questions concernant cette annonce soudaine de TFO, en début de semaine.

«C’est la première fois, de mémoire pour moi, que cette question vient sur la table pour nos journalistes, alors c’est sûr qu’il y a un peu de travail à faire. C’est sûr que ça accroche pour certains», a indiqué la présidente de la Guilde, Annick Forest.

Celle-ci note que pour les journalistes, il s’agit d’une question «de déontologie et d’éthique», et elle ajoute que la Guilde canadienne des médias a entamé des démarches «à ce niveau-là».

-30- 

 

Photos 

  • Nombre de fichiers 1
  • Date de création 30 août, 2024
  • Dernière mise à jour 30 août, 2024
error: Contenu protégé, veuillez télécharger l\'article