Sécurité nautique : toujours trop d’alcool à la barre

La Voix acadienne - La Semaine de la sécurité nautique du 17 au 23 mai est l’occasion de rappeler l’importance du port du gilet de sauvetage. Si le nombre d’accidents liés à la navigation de plaisance diminue, la consommation d’alcool, le manque d’expérience et l’excès de confiance constituent toujours des causes de collisions et de chavirements. 

Marine Ernoult / IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne

«Le plus important, c’est de s’assurer que toutes les personnes à bord du bateau portent un gilet de sauvetage à la bonne taille en tout temps», insiste l’agent de sécurité nautique pour Transports Canada, Christopher Hanlon. 

Dans la région de l’Atlantique, les équipes du ministère fédéral ont enregistré, en 2024, sept décès liés à la navigation de plaisance et onze quasi-accidents, «qui auraient probablement entraîné la mort sans l’intervention de la Garde côtière canadienne et des premiers intervenants locaux», précise Christopher Hanlon. 

À Charlottetown, la Garde côtière canadienne dispose d’une station d’embarcation de sauvetage côtier qui a ouvert le 16 mai dernier. Composé d’étudiants de niveau postsecondaire, cette station assure les services de recherche et de sauvetage jusqu’au début du mois de septembre.

La Garde côtière auxiliaire canadienne des Maritimes (GCAC-M) participe également aux opérations de secours en mer ou en rivière. L’organisation à but non lucratif compte quelque 62 navires et 107 bénévoles à l’Île-du-Prince-Édouard. 

«Temps imprévisible»

«Il est très important de connaître les procédures de sécurité pour son type de bateau, ça peut sauver des vies», souligne le directeur général de la GCAC-M, Darcy Henn. 

Il évoque notamment l’importance d’avoir une lampe de poche et un extincteur et de vérifier que le klaxon fonctionne correctement. 

Selon Christopher Hanlon, un nombre important des accidents mortels répertoriés sont liés à la consommation d’alcool à bord des embarcations : «La conduite d’un bateau avec des facultés affaiblies est illégale et tout aussi dangereuse que celle d’une voiture.»

«Nous voulons décourager cette pratique, mais c’est difficile […] il y a beaucoup de culture autour de cela», ajoute-t-il. 

Le manque d’expérience et l’excès de confiance figurent également en bonne place parmi les causes des collisions, chavirements et noyades. 

«Le temps peut être imprévisible dans nos régions, rappelle Christopher Hanlon. Vous pouvez sortir par une belle journée ensoleillée, puis soudain le brouillard apparaît, les vagues s’élèvent et vous ne savez plus quoi faire.»

«Surtout en mai, juin, l’eau des voies navigables est encore très froide et ne se réchauffe pas aussi rapidement que l’air», poursuit Darcy Henn. 

Cours de navigation obligatoire 

Les incidents impliquent aussi bien des jeunes que des personnes plus âgées. Christopher Hanlon explique que les premiers ont tendance à «être un peu plus téméraires», tandis que les seconds sont plus enclins à «refuser le port d’un gilet de sauvetage, car ce n’était pas obligatoire dans le passé.»

Après une hausse durant la pandémie de COVID-19, le nombre d’incidents graves est néanmoins en baisse. «Les gens savent généralement mieux ce qu’ils doivent faire, disposent de beaucoup plus d’équipements de sécurité», confirme Christopher Hanlon.

Le propriétaire d’un bateau à moteur doit obligatoirement posséder une carte de conducteur d’embarcation de plaisance. Cette carte signifie qu’il a dû suivre des cours  de navigation en ligne et passer un examen. 

Pour les locations, au moment de la signature du contrat, l’agence de location doit passer en revue toutes les mesures de sécurité de base à respecter, tout en expliquant en détail les particularités de la zone de navigation. 

À Charlottetown, la Garde côtière canadienne et Transports Canada ont aussi mis en place un programme de vérification des embarcations de loisir. «Ils se rendent sur votre bateau et si vous avez tout l’équipement de sécurité nécessaire à bord, vous obtenez un autocollant indiquant que vous êtes approuvé», détaille Christopher Hanlon.

À quelques semaines du début de la haute saison estivale de la navigation, les équipes de Transports Canada sont plus que jamais mobilisées.

  

 

       

PHOTOS :  

1- Même à bord d’un canoë, il faut porter un gilet de sauvetage. (Photo : Gracieuseté)

2- «La conduite d’un bateau avec des facultés affaiblies est illégale», rappelle Christopher Hanlon de Transports Canada. (Photo : Gracieuseté)

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  • Date de création 20 mai, 2025
  • Dernière mise à jour 20 mai, 2025
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