Saison des ouragans : «Le défi est de se préparer à l’inconnu»

La Voix acadienne - Davantage d’ouragans sont attendus cette année. La province et les municipalités de l’Île-du-Prince-Édouard se tiennent prêtes. Les responsables assurent être mieux préparés qu’avant Fiona. Ils évoquent plus de centres d’accueil, plus de formations pour le personnel et les bénévoles, ainsi qu’une meilleure coordination des efforts entre les différents acteurs. 

Marine Ernoult / IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne

L’Île-du-Prince-Édouard doit faire face à une saison des ouragans «supérieure à la moyenne», d’après les prévisions de l’Administration océanique et atmosphérique nationale des États-Unis (NOAA).

La NOAA prévoit cette année entre 13 et 19 tempêtes nommées, dont 6 à 10 ouragans. Parmi ces ouragans, de 3 à 5 pourraient être majeurs. La probabilité que la saison soit supérieure à la normale est de 60 %, selon l’agence.

«Le défi est de se préparer à l’inconnu, chaque tempête est différente», observe le directeur de l’Organisation des mesures d’urgence (OMU) de l’Île-du-Prince-Édouard, Jason Thistle. 

«Mais nous avons réalisé des investissements importants dans la gestion des urgences afin de renforcer nos ressources et de mieux préparer les communautés à l’éventualité d’une grosse tempête», ajoute le responsable. 

Approvisionnement en carburant garanti 

Depuis le passage de la tempête post-tropicale Fiona en 2022, l’OMU compte quatre nouveaux employés, portant l’équipe à neuf personnes au total. 

L’organisme a également augmenté le nombre de centres d’accueil à travers l’île et mis sur pied un programme de stations-service résilientes dotées de générateurs. 

«Une fois ce programme achevé, la sécurité des approvisionnements en carburant sera garantie. Plus de 80 % des habitants de l’île auront accès à des stations-service munies d’une alimentation de secours», affirme Jason Thistle. 

La province coordonne ses efforts avec le gouvernement fédéral, les municipalités, les infrastructures critiques (entreprises d’électricité, d’eau, de gestion des déchets, etc.), mais aussi les organismes communautaires. 

À cet égard, l’OMU s’est dotée d’un conseil des organisations non gouvernementales (ONG) qui se réunit tous les trimestres pour discuter des ressources à disposition et du soutien mutuel envisageable.

Jason Thistle et son équipe donnent par ailleurs des conseils aux municipalités sur leur plan d’urgence, tout en leur fournissant des formations sur la gestion des situations de crise.

À Charlottetown, le chef des pompiers et coordonnateur de l’organisation des mesures d’urgence de la ville, Tim Mamye, organise, lui aussi, de nombreuses formations internes pour le personnel municipal.

«Nous avons beaucoup appris de Fiona, partage Tim Mamye. Au cours des deux prochains mois, nous prévoyons des simulations sur table et des exercices d’entraînement, afin que tout le monde soit prêt.»

Avoir un kit d’urgence de 72 heures

Pour affronter des tempêtes plus nombreuses et plus intenses, la capitale provinciale dispose d’un plan de mesures d’urgence et d’un plan d’action climatique.

Elle travaille également en étroite collaboration avec Maritime Electric et plus de 40 groupes communautaires, dont la Croix-Rouge, à même d’offrir des moyens de transport, de la nourriture et des abris. 

«Tous les bâtiments municipaux peuvent servir de centres d’accueil et de réchauffement, explique Tim Mamye. Mais nous avons des protocoles d’accord avec de nombreux groupes, religieux notamment, qui peuvent ouvrir leurs propres bâtiments.»

En attendant, les deux responsables recommandent aux insulaires de rester à l’écoute des prévisions et des avis météorologiques durant toute la saison des ouragans. 

Ils conseillent d’avoir chez soi un kit d’urgence de 72 heures comprenant des denrées alimentaires non périssables, de l’eau, de petites sommes d’argent, une trousse de secours, des chargeurs de téléphone ou des batteries de secours, des lampes de poche et des piles de rechange. 

Jason Thistle rappelle de son côté l’importance de s’informer auprès de sources fiables. Il cite les médias grand public, les réseaux sociaux de la province, des municipalités et des représentants des forces de l’ordre.

«Il ne faut pas paniquer, en tant qu’insulaires, nous sommes toujours là pour nous entraider les uns les autres», insiste le directeur de l’OMU. 

 

       

PHOTOS :  

1- Davantage d’ouragans sont attendus en 2025 et les municipalités de l’Île-du-Prince-Édouard se tiennent prêtes. (Photo : PxHere)

2- Jason Thistle de l’Organisation des mesures d’urgence de la province assure que de nombreux investissements ont été faits depuis le passage de Fiona en 2022.  (Photo : Gracieuseté)

3- Le chef des pompiers de Charlottetown, Tim Mamye, explique que la ville offre des formations sur la gestion des situations d’urgence à la quarantaine de partenaires communautaires. (Photo : Gracieuseté)

 

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  • Date de création 3 juin, 2025
  • Dernière mise à jour 3 juin, 2025
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