Saint-Louis-de-Kent: l’école MFR rend hommage aux expropriés du Parc Kouchibouguac

L’école Mgr-Marcel-François-Richard de Saint-Louis-de-Kent a dévoilé mercredi une œuvre commémorative afin de rendre hommage aux familles expropriées du Parc national Kouchibouguac.
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Justin Dupuis

IJL - Réseau.Presse - Acadie Nouvelle

Depuis sa construction en 1978, l’école Mgr-Marcel-François-Richard (MFR) a accueilli des milliers d’élèves descendants de familles qui vivaient sur le territoire qui forme aujourd’hui le Parc national Kouchibouguac.

En 1969, plus de 250 familles, soit plus de 1200 personnes, vivant dans les villages de Cap-Saint-Louis, de Claire-Fontaine, Fontaine, de Guimond-Village, de Kouchibouguac, de Rivière-du-Portage et de Saint-Olivier ont été expropriés pour faire place au futur parc.

Jonathan Richard, un enseignant d’histoire à l’école MFR, dit se souvenir que son grand-père lui indiquait souvent l’endroit du parc où il avait grandi lors de promenades en voiture.

«En grandissant et en entendant parler mon grand-père, j’ai réalisé que son chez lui n’était pas vraiment à Pointe-Sapin. Jusqu’à la fin de ses jours, le cœur de mon grand-père demeurait toujours dans son village, quelque part dans le parc Kouchibouguac», raconte M. Richard.

Il était donc logique pour lui que l’école trouve une manière de rendre hommage aux expropriées, tout en transmettant l’histoire de la région aux plus jeunes.

«Étant moi même descendant d’expropriés, l’histoire des gens de Kouchibouguac m’a toujours tenu à cœur, a expliqué M. Richard. Lorsque j’ai commencé ma carrière à MFR, je me suis lancé un défi, soit de préserver l’histoire des expropriés afin que les futures générations d’élèves prennent connaissance de leurs racines et de leur histoire locale.»

Il ajoute que c’est en discutant avec le concierge de l’école, Gérald Guimond, l’hiver dernier, qu’est venue l’idée d’installer une carte du parc où figurent les noms des familles expropriées et les villages où ils habitaient.

«C’est quelque chose qui aurait dû être fait depuis longtemps», croit M. Richard.

Il a donc sollicité l’aide du responsable des cours de métiers de l’école, Gaston Doucet, afin de faire construire une carte faite de bois franc qui serait exposée dans la cafétéria.

Jasmine Allain, une jeune artiste de Richibouctou et finissante à MFR, a accepté d’y inscrire les noms et les sites des anciens villages à l’aide d’un pyrograveur.

«J’ai mis beaucoup de temps, ça m’a pris au moins 70 heures, raconte celle qui est aussi présidente du conseil des élèves. Je trouvais que c’était une belle œuvre à réaliser pour l’école et pour montrer la fierté que j’ai pour ma communauté, même si ma famille n’était pas dans le parc, j’ai beaucoup d’amis, je connais beaucoup de gens qui avaient de la famille là.»

Mme Allain, qui poursuivra ses études en kinésiologie à l’Université de Moncton l’an prochain, ajoute que le projet lui aura permis de mieux comprendre l’histoire de sa région et la géographie du parc, chose qui lui servira dans le cadre de son travail d’été à Kouchibouguac.

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Photo

Légende : Gaston Doucet, Jasmine Allain et Jonathan Richard ont dévoilé hier une œuvre commémorative afin de rendre hommage aux familles expropriées en 1969 pour créer le Parc national Kouchibouguac.

Crédit : Photo : Gracieuseté

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  • Date de création 24 juin, 2021
  • Dernière mise à jour 24 juin, 2021
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