Rougeole: pas de cas à Ottawa, mais les autorités sur le qui-vive
Alors qu’une épidémie de rougeole inédite depuis des décennies touche l’Ontario, la population d’Ottawa et de l’est de la province reste pour le moment épargnée.
_______________________
Par Clémence Labasse
IJL - Réseau.Presse - Le Droit
C’est ce que confirme le médecin en chef en santé publique par intérim de la capitale nationale, le Dr Trevor Arnason.
Santé publique Ottawa (SPO) reste aux aguets et annonce accélérer ses campagnes de prévention et de vaccination pour s’assurer que la population soit immunisée.
La flambée épidémique a démarré fin octobre, l’an dernier.
En date du 19 mars, Santé publique Ontario recense 470 cas de rougeole (361 cas confirmés et 109 cas probables) depuis le début de l’éclosion de rougeole dans la province, le 28 octobre 2024. De ce nombre, 74 % des cas qui ont été détectés affectent des mineurs, dont 115 cas chez les cinq à neuf ans et 118 chez les enfants de moins de cinq ans.
Parmi tous ceux-ci, 34 cas ont nécessité une hospitalisation, et deux ont requis des soins intensifs. Pour le docteur Paul Roumeliotis, médecin hygiéniste et directeur général du Bureau de santé de l’est de l’Ontario, ces chiffres soulignent la gravité de l’infection respiratoire.
«C’est un taux d’hospitalisation élevé, presque 10 % des cas. La rougeole n’est pas comme un rhume».
— Paul Roumeliotis, médecin hygiéniste et directeur général du Bureau de santé de l'est de l'Ontario
«Certains parents ont parfois encore l’impression que ce sont juste des petites tâches qui vont s’en aller sans problème. Ça arrive dans beaucoup de cas, mais surtout chez les enfants, on peut avoir des complications très sévères, dont des infections du cerveau, comme l’encéphalomyélite ou autre», fait valoir le médecin.
La rougeole est une maladie virale particulièrement contagieuse.
«Une personne affectée peut transmettre l’infection à 18 personnes en moyenne. Pour comparaison, quelqu’un qui a la grippe peut infecter deux ou trois personnes en moyenne», insiste le docteur.
Rappels et avis de suspensions
Plus tôt dans la semaine, des milliers d’élèves ontariens ont reçu des avis de suspension de l’école, car ils n’avaient pas reçu tous les vaccins requis par la loi sur l’immunisation des élèves (LIE).
À Ottawa, entre décembre et janvier, les familles de plus de 15 000 élèves ont reçu des avis leur rappelant de mettre à jour les dossiers de vaccination de leurs enfants. En février, l’agence de Santé publique de la Ville a commencé à envoyer des avis de suspensions aux élèves dont les parents n’auraient pas remédié à la situation.
«Les parents et tuteurs qui reçoivent un deuxième avis ont encore un mois pour mettre à jour le dossier avant le début de la suspension», explique Marie-Claude Turcotte, directrice du programme de vaccination et infirmière en chef à Santé publique Ottawa. «Les suspensions [...] constituent un dernier recours pour s’assurer que les dossiers d’immunisation ont été mis à jour et peuvent durer jusqu’à 20 jours scolaires si aucune mesure n’est prise».
Ces rappels sont d’autant plus nécessaires que durant la pandémie, les taux de vaccination ont chuté drastiquement en Ontario.
«Avant la pandémie, dans notre région, le taux de vaccination contre la rougeole étaient d’environ 90-93 %. Durant la pandémie, ces taux ont chuté à 43 %», relate le docteur Paul Roumeliotis.
«L’an dernier, nous avons commencé des campagnes de menaces de suspension pour les élèves en retard sur leurs vaccins dans les quatre conseils scolaires de notre zone, et aujourd’hui, je suis content de dire qu’on est rendu à 90 %», ajoute-t-il.
À Ottawa, depuis le début de l’année scolaire et l’envoi des avis par la municipalité, le nombre d’élèves non vaccinés a diminué: de 70% à 37% chez les enfants de 7 ans, et de 59% à 40% pour les jeunes de 17 ans.
Le taux de vaccination qui garantit l’immunité communautaire est de 95 %.
«L’efficacité de deux doses de vaccin contre la rougeole pour prévenir la maladie est proche de 100 % chez les enfants», explique Marie-Claude Turcotte. Et cette immunité reste à vie.
Les autorités ontariennes ont découvert pour le moment 67 lieux d’exposition à la rougeole à travers la province, dont la majorité au sud-ouest de la région, particulièrement dans la zone Chatham-Kent (23 lieux), et dans le comté de Windsor Essex (15 lieux), non loin de la frontière avec les États-Unis.
Les cas rapportés le plus à l’est de l’Ontario présentement se trouvent dans le comté d’Hastings, à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Kingston. Mercredi après-midi, le bureau de santé de la zone a enregistré 35 nouveaux cas de rougeole.
En vertu de la loi sur l’immunisation des élèves, les enfants scolarisés en Ontario doivent être vaccinés contre la rougeole, la diphtérie, l’infection à méningocoques, les oreillons, la coqueluche, la poliomyélite, la rubéole et le tétanos. Les enfants nés en 2010 ou après doivent également être vaccinés contre la varicelle.
-30-
Photos:
- Nombre de fichiers 1
- Date de création 21 mars, 2025
- Dernière mise à jour 21 mars, 2025