Rogersville: aimer l’école grâce à des poules

Rogersville: aimer l'école grâce à des poules

Miriame Richard, Simon Chiasson et Isaac Racette sont unanimes. Ces élèves âgés de huit à 11 ans ont davantage envie d’aller à l’école Étoile de l’Acadie, à Rogersville, depuis qu’un poulailler s’y trouve.
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Cédric Thévenin

IJL - Réseau.Presse - Acadie Nouvelle

«Le poulailler nous donne du temps libre dehors pendant lequel on apprend quand même quelque chose, remarque Miriame. On donne à manger et à boire aux poules. Je ne savais pas comment faire ça avant.»

C’est la naissance de poussins qui a marqué Simon.

«On a mis sept œufs fécondés dans un incubateur, puis on a eu deux poussins, explique-t-il avec l’aide de son enseignant, Vincent Guérette. On était content.»

Miriame et Simon rendent visite tous les lundis aux cinq poules qui vivent dans une remise à l’extérieur de leur établissement. Isaac y va même tous les jours!

«J’aime beaucoup les poules, exprime-t-il. Je leur donne du pain. Des fois, je prends des œufs que j’emmène à la pharmacie. Comme ça je prends des marches.»

Son enseignant explique que le garçon vend les œufs au pharmacien qui voisine l’école avant de s’occuper de l’argent reçu.

«Il voit vraiment la chaîne complète d’une entreprise», résume M. Guérette.

Apprendre concrètement

Le professeur pense que son poulailler permet aux élèves d’apprendre concrètement les mathématiques, les sciences, la biologie et l’autosuffisance. Mais peut-être que les enfants font des découvertes encore plus profondes.

«C’est la première fois que j’ai vu une poule et un poussin mourir, raconte Miriame. Les poussins on ne sait pas vraiment pourquoi, mais la poule, c’est parce que sa hanche était brisée.»

Il y a quatre ans, M. Guérette a initié ce projet à cause d’un élève aux besoins particuliers.

«On voyait qu’il se connectait bien aux animaux. Les poules le motivaient à aller à l’école, diminuaient beaucoup ses crises et l’ont fait progresser énormément en mathématiques, en français, en géographie et en anglais parce qu’il voulait travailler avant d’aller les voir.»

Le jeune pédagogue a constaté l’engouement de beaucoup d’autres enfants pour son poulailler et les a impliqués dans sa construction et son entretien.

Favoriser l’inclusion

«Là, mon petit bonhomme avait la chance de pouvoir communiquer dans un domaine où il était à l’aise, raconte-t-il. Avant ça, il n’avait jamais voulu parler à personne. Au poulailler, il a enseigné à des élèves de deuxième année comment prendre soin des poussins!»

L’homme de 29 ans poursuivra l’inclusion de l’enfant au système scolaire grâce à des cultures en serre l’année prochaine.

«Il va pouvoir s’y faire un réseau d’amis, explique M. Guérette. La serre va fonctionner toute l’année grâce à des panneaux solaires. J’aimerais que les enfants puissent cuisiner les légumes pour les offrir aux gens qui ont moins de chances d’avoir des produits frais.»

Le plus gros apport de ce genre de projet est la motivation des élèves, d’après lui.

«Je pense que ç’a aussi beaucoup aidé au niveau de leur assiduité et de leur sens des responsabilités. Pour les notes, je ne sais pas, mais pour moi, c’est moins important», sourit M. Guérette.

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Photos

Légende : Les élèves de l’école Étoile de l’Acadie à Rogersville apprennent beaucoup de choses grâce à un poulailler depuis quatre ans.

Crédit : Gracieuseté

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  • Date de création 9 juin, 2021
  • Dernière mise à jour 9 juin, 2021
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