Retrait des pistes cyclables: l’Ontario veut se protéger contre les poursuites
Le premier ministre ontarien Doug Ford a évité les questions, vendredi, concernant un amendement surprise proposé la veille qui protégerait le gouvernement contre de possibles poursuites judiciaires si des cyclistes sont blessés ou tués dans les rues où des pistes cyclables ont été retirées.
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Émilie Gougeon-Pelletier
IJL – Réseau.Presse – Le Droit
Les progressistes-conservateurs de l’Ontario, qui comptent sur un gouvernement majoritaire, ont adopté un amendement surprise, jeudi, lors d’une audience d’un comité législatif qui étudie le projet de loi 212, qui prévoit restreindre des pistes cyclables à travers la province.
L’amendement vise à protéger le gouvernement ontarien contre de possibles poursuites judiciaires si des cyclistes sont blessés ou tués dans les rues où des pistes cyclables ont été supprimées.
La province a déjà identifié trois pistes cyclables à Toronto, situées sur les rues Bloor et Yonge, ainsi que sur l’avenue University, qui devront être retirées si le projet de loi est adopté.
Même si le plan du ministre des Transports, Prabmeet Sarkaria, n’interdit pas aux cyclistes de circuler sur les rues où des pistes réservées aux vélos auront été retirées, il a suggéré que lorsque ce sera le cas, ils devraient quand même les éviter, pour leur propre sécurité.
«La chose la plus sûre à faire pour un cycliste serait de prendre la décision d’aller dans des rues plus sûres», a lancé le ministre.
«C’est ce que nous croyons être la bonne façon de procéder, c’est-à-dire dans nos rues secondaires où le volume de circulation est beaucoup moins important et, en fin de compte, plus sûr pour les cyclistes et pour tout le monde», a-t-il ajouté.
Doug Ford détourne la question
Le premier ministre Doug Ford a évité les questions des journalistes concernant l’amendement sur les poursuites judiciaires lors d’une conférence de presse portant sur la santé des pompiers, vendredi matin.
«Mon cœur est avec les familles et je suis vraiment désolé que ça arrive, tout comme je suis désolé quand des gens ont des accidents de voiture ou de moto», a dit Doug Ford en réponse à une question portant sur les familles de cyclistes décédés qui souhaiteraient intenter des poursuites contre le gouvernement.
Il a détourné les questions liées à l’amendement du ministre Sarkaria portant sur les poursuites judiciaires.
«Je veux assurer la sécurité de tous sur les routes. Mais vous savez pour qui je veux aussi assurer la sécurité? Quand les pompiers sautent dans leurs camions et qu’ils essaient de descendre University, qu’ils sont coincés par la circulation et qu’ils ne peuvent pas y arriver pour sauver des vies, ou lorsqu’ils essaient de descendre la rue Bloor et qu’il y a des bouchons de là jusqu’à Tombouctou», a-t-il lancé.
Ce n’est pas la première fois que le premier ministre ontarien cite les pompiers parmi ses raisons de vouloir retirer des pistes cyclables dans la Ville Reine.
Toutefois, la Ville de Toronto a démenti cette assertion, disant que les services d’urgence de la métropole n’ont pas exprimé d’inquiétudes quant aux difficultés liées aux pistes cyclables.
Les chefs des ambulanciers paramédicaux et des pompiers de Toronto ont aussi déclaré, lors d’une réunion du comité des infrastructures et de l’environnement de la ville, qu’il n’y avait aucune preuve que l’installation de pistes cyclables dans le centre-ville de Toronto avait eu une incidence sur les délais d’interventions d’urgence.
Embouteillages
Le gouvernement Ford maintient que les pistes cyclables sur les routes principales contribuent aux embouteillages.
Le projet de loi 212, intitulé la Loi de 2024 sur le désengorgement du réseau routier et le gain de temps, permettrait à la province d’outrepasser les décisions municipales sur l’emplacement des pistes cyclables.
Les municipalités devront obtenir l’approbation provinciale pour les pistes cyclables si elles empiètent sur une voie de circulation pour les automobiles, et la province prévoit étudier toutes ces pistes cyclables installées dans les municipalités au cours des cinq dernières années.
Le gouvernement pourrait décider de forcer les villes à retirer celles qui ne correspondent pas à ses critères.
Le ministre des Transports a indiqué que ce serait la province qui assurerait les frais des retraits de pistes cyclables.
N’empêche, le premier ministre Ford est convaincu que la Ville de Toronto a «gonflé les coûts» en estimant que le retrait des trois pistes cyclables déjà identifiées s’élèverait à 48 millions de dollars.
«C’est une vraie blague, s’est-il exclamé. On penserait que les rues sont peintes avec de l’or!»
Plusieurs experts et activistes ont averti que de telles restrictions face aux voies réservées aux vélos entraîneraient plus de décès et de blessures impliquant des cyclistes.
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Photos
- Le ministre ontarien des Transports, Prabmeet Sarkaria, a conseillé aux cyclistes d'éviter les rues où des pistes cyclables auront été retirées. (Émilie Gougeon-Pelletier/Le Droit)
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- Date de création 22 novembre, 2024
- Dernière mise à jour 22 novembre, 2024