IJL - Ouest
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  • Date de création 26 novembre, 2021
  • Dernière mise à jour 26 novembre, 2021

Rétablir l’équilibre des forces

Cette année, l’organisme pancanadien Développement et Paix a choisi le thème : Les gens et la planète avant tout pour leur campagne annuelle. Au-delà de la campagne, l’organisme milite pour que le gouvernement du Canada adopte une loi sur la diligence raisonnable.

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 Ophélie Doireau

IJL – Réseau.Presse – La Liberté

Dans le monde, chaque année, environ 300 personnes sont emprisonnées, torturées ou tuées parce qu’elles défendaient l’environnement.

Un des derniers exemples en date est le cas de Víctor Vásquez. Militant hondurien et leader autochtone de la communauté Lenca de Simpinula, il a été emprisonné sous le motif de « déplacements forcés ». Il a tout simplement défendu son territoire ancestral contre des entreprises qui souhaitaient s’y installer.

Ce genre d’exemple, Jason Cegayle, animateur par intérim pour Développement et Paix pour le Manitoba et Thunder Bay, en a plusieurs à partager. Il en parle pour donner un contexte autour de la campagne.

« Certains pays ont fait le choix de mettre l’économie avant l’environnement et même avant les personnes. Pour la première partie de notre campagne, c’est-à-dire jusqu’à décembre, on va se concentrer sur deux pays : le Cambodge avec Development and Partnership in Action et le Honduras avec le Centre Hondurien pour la Promotion du Développement Communautaire. »

Amplifier les voix du Sud

« Dans ces pays, les personnes autochtones, les fermiers et d’autres personnes perdent leurs terres au profit d’entreprises qui s’installent pour exploiter les ressources.

« On les accompagne dans leurs combats pour défendre leurs terres et leurs moyens de subsistances. »

Développement et Paix est l’organisme de justice sociale de l’Église catholique au Canada, et Jason Cegayle met en avant leur travail.  « Nous collaborons avec des organismes au Sud en se basant sur trois grands piliers d’action.

« Le premier de ces piliers est l’éducation. Autant l’éducation des Canadiens, en les sensibilisant sur comment ils peuvent soutenir ceux et celles qui vivent dans la pauvreté au Sud, que sur comment notre consommation au Nord a un impact sur le Sud. »

Phénomène bien connu. D’ailleurs, en marge de la COP26 tenue à Glasgow, l’ONG Oxfam a publié un rapport sur l’inégalité des émissions de gaz à effet de serre d’ici

2030 (1). En 2030, les émissions des 1 % les plus riches devraient être 30 fois supérieures au niveau compatible avec l’objectif de 1,5°C, c’est-à-dire

2,3 tonnes de CO2/année, tandis que les émissions des 50 % les plus pauvres devraient rester bien en-dessous de cet objectif.

C’est avec ce constat que Jason Cegayle poursuit. « Le deuxième pilier est un pilier de plaidoyer. On essaye de mettre une pression sur le gouvernement canadien pour qu’il réagisse aux inégalités qui se passent au Sud. Le Canada a une part de responsabilité dans le traitement de ceux et celles du Sud.

« Enfin, le troisième pilier est celui du prélèvement de fonds pour mettre en place des programmes avec des organismes-partenaires dans les pays du Sud. On a une approche de solidarité internationale anticoloniale, c’est-à-dire qu’on ne fait pas le travail pour eux. C’est eux qui sollicitent notre aide pour des projets identifiés. »

Adoption d’une loi

Développement et Paix a choisi ce thème en ayant conscience que c’était le moment critique pour amplifier la voix des communautés du Sud. « Cet été, nos forêts ont brulé, et certains pays vivent de grandes sécheresses. Les différents politiciens se sont rencontrés ces derniers jours pour savoir comment ils peuvent diminuer notre impact sur la planète. Au Sud, ces discussions ne sont pas possibles, parce que les personnes sont punies. »

Si tout ce travail se fait entre Développement et Paix et des organismes locaux, les Canadiens et les Canadiennes peuvent aussi agir, comme le souligne Jason Cegayle. « Il est possible de se mobiliser. On aimerait que le gouvernement canadien adopte une loi sur la diligence raisonnable, pour s’assurer que les militants du Sud puissent défendre leurs terres. Les systèmes juridiques locaux sont faibles. En signant notre pétition, on demande au gouvernement canadien d’adopter une loi qui obligerai les compagnies canadiennes, ou celles qui vendent des produits au Canada ou celles qui sont présentes au Canada, à être en mesure de prévenir les abus en matière de droit humain et d’environnement, de les traiter, et de proposer des recours, et cela dans l’ensemble de leurs chaînes d’approvisionnement mondiales. (2) »

L’achat de biens et des services à distance cachent deux coûts : celui de l’environnement et celui des droits humains. Récemment, le gouvernement canadien est accusé d’avoir accordé 221 millions $ en contrat pour obtenir de l’équipement de protection individuelle à une entreprise de Malaisie qui est soupçonnée d’avoir eu recours à du travail forcé (3).

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Photo : 

Jason Cegayle travaille pour l’organisme Développement et Paix.  (photo : Marta Guerrero)

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