Réduire ou abolir le péage du Pont de la Confédération : le fédéral est appelé à agir

Lors de la campagne électorale fédérale, le Parti libéral s'est engagé dans sa plateforme à réduire les péages sur le pont de la Confédération de 50 $ à 20 $ pour les véhicules standards, tout en réduisant de moitié les tarifs des véhicules personnels et commerciaux sur le traversier Wood Islands-Caribou et le traversier Souris vers les Îles-de-la-Madeleine. Des intervenants pressent le Premier ministre Mark Carney à passer de la parole aux actes.
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Damien Dauphin

IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien

 

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) espère que le gouvernement Carney restera fidèle à sa parole et réduira les péages sur le pont de la Confédération. Elle lui demande même de l’abolir entièrement, selon les termes d’une déclaration envoyée au Moniteur acadien le 19 juin.

L’année dernière, à la suite de consultations et de sondages menés auprès de ses plus de 900 membres propriétaires de PME de l’Île-du-Prince-Édouard, la FCEI a lancé la campagne «Free the Bridge» (Libérez le pont). Ces PME emploient plus de 10 200 personnes.

«Ce péage agit comme une barrière interprovinciale au commerce, à la mobilité de la main-d'œuvre et à la compétitivité régionale», martèle Frédéric Gionet, directeur de la FCEI pour la région Atlantique.

Dans le contexte actuel de la guerre commerciale avec les États-Unis et les engagements que prennent les provinces pour faire tomber leurs barrières historiques à la libre circulation entre elles, le péage du Pont de la Confédération fait figure de dernière muraille de Jéricho.

«Nous réitérons notre engagement à collaborer avec le gouvernement fédéral afin de faire tomber cette barrière économique et appuyer la prospérité des PME de l’Île-du-Prince-Édouard ainsi que celles des communautés avoisinantes du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse», scande M. Gionet.

Quels impacts financiers ?

Le Moniteur acadien a interrogé ses panélistes sur cette question épineuse, et leurs avis sont partagés.

«Politiquement et stratégiquement, Mark Carney aurait intérêt à suivre sa propre logique en faveur du libre commerce entre toutes les provinces canadiennes, mais également de l’étendre au profit d’une libre circulation terrestre interprovinciale», soutient Mathieu Gérald Caissie, directeur général de la municipalité de Nouvelle-Arcadie.

Carla Vautour élève des chiens de race pure. À l’instar d’autres éleveurs, cela implique qu’elle franchisse le pont pour se rendre au Collège vétérinaire de l’Atlantique, à Charlottetown. Toutefois, elle s’interroge sur les incidences financières qu’entraînerait la réduction ou l’abolition du péage. Selon certaines analyses, cette promesse électorale devrait coûter 85 millions de dollars à Ottawa rien que pour l’actuel exercice financier en cours.

«Quand on considère la suppression ou la réduction des frais de péage, il faut me dire d’où viendront les fonds pour rembourser cette énorme dette», a-t-elle fait savoir.

Le pont de la Confédération ainsi que les traversiers et les quais desservant la traversée de Wood Islands appartiennent au gouvernement fédéral, mais les services sont gérés par des exploitants privés. Strait Crossing Limited détient le contrat d'exploitation du pont de la Confédération jusqu'en 2032, tandis que Northumberland Ferries Ltd. détient un contrat d'exploitation du service de traversier entre l'Île-du-Prince-Édouard et la Nouvelle-Écosse jusqu'en 2027.

Luc J. Doucet balaie l’argument financier d’un revers de la main. Le Dieppois original de Balmoral fait observer que le Pont Champlain à Montréal, construit au coût de 4,239 milliards de dollars, n’a pas de péage. Le Pont de la Confédération, qui fait partie de l’autoroute transcanadienne, ne devrait pas en avoir.

«Il est très évident selon moi que ce péage sur le Pont de la Confédération doit être supprimé dans les plus brefs délais. J’ajouterais que les traversiers exploités ou financés par le gouvernement canadiens devraient être gratuits partout au pays.»

Pour Frédéric Gionet, le plus tôt serait le mieux. Il estime que plus brefs délais permettraient de maximiser les retombées durant la saison touristique et agricole en cours. Il n’est pas certain qu’il soit entendu.

«Symboliquement, une entrée en vigueur le 1er juillet serait hautement significative. À tout le moins, nous demandons au gouvernement d’annoncer une date précise d’entrée en vigueur des changements.»

Il est à noter le péage n’est appliqué que lorsque les véhicules sortent de l’Île-du-Prince-Édouard pour se rendre sur le continent.

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Photo

Titre : Pont

Légende : Le Pont de la Confédération n’est payant que lorsque l’on sort de l’Île-du-Prince-Édouard.

Crédit : Damien Dauphin – Le Moniteur Acadien

ENCADRÉ

Données chiffrées

Selon les données recueillies par la FCEI :

  • 76% des propriétaires de PME à l’Île-du-Prince-Édouard appuient l’élimination complète du péage.
  • Un tiers (1/3) des propriétaires de PME déclarent devoir augmenter leurs prix pour compenser les coûts du péage, tandis que les autres absorbent ces coûts au détriment de leur rentabilité,simplement pour rester compétitifs dans leur marché.
  • Les coûts directs et indirects liés au péage dans le secteur de la pomme de terre, sontestimés à près de 7 millions de dollars par année.
  • Ces frais représentent une "taxe unique" imposée aux producteurs et entreprises de l’Île, dans un contexte déjà marqué par l’inflation et la hausse des coûts d’exploitation.
  • Nombre de fichiers 2
  • Date de création 25 juin, 2025
  • Dernière mise à jour 25 juin, 2025
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