Réduction salariale massive: jusqu'à 12 000 $ par an pour les migrants travailleurs temporaire

Le rapport de Migrant Right Network, publié en juin dernier, expose les effets néfastes des réformes gouvernementales fédérales sur les migrants étrangers temporaires. 

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Farida Agogno 

IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse - Atl

Stacey Gomez, directrice générale du Centre pour les droits des travailleurs migrants en Nouvelle-Écosse, explique dans un rapport de l’Organisation des Nations unies (ONU) que le gouvernement fédéral a été fortement critiqué à cause de son système de permis de travail fermé, qui lie les migrants travailleurs à  un seul employeur.

D’après ce rapport, le Programme des travailleurs étrangers temporaires est un terreau propice aux formes contemporaines d’esclavages.

En réponse, le gouvernement fédéral a annoncé des changements pour les travailleurs migrants dans le secteur de l’agriculture et de la transformation des produits de mer.

Au lieu de lier des travailleurs à un employeur précis, le fédéral propose de les lier à des industries spécifiques, ce qui impliquerait la création d’un nouveau type de permis de travail pour ces secteurs.

Pour Mme Gomez, cette approche semble mieux sur papier, mais les travailleurs migrants et les défenseurs de leurs droits craignent que cela n'améliore pas réellement les conditions de vie et de travail des travailleurs.

Elle affirme que cette proposition ne répond pas de manière significative aux critiques formulées dans le rapport de l’ONU.

Mme Gomez raconte que, si un travailleur est victime d’abus, il ne pourra pas facilement quitter son emploi pour en trouver un autre.

Il devra obtenir une autorisation spéciale pour changer d'employeur dans la même industrie. «Nous craignons que cela continue de piéger les travailleurs dans des environnements abusifs», appuie-t-elle.

Elle révèle que l’un des problèmes majeurs de cette décision est l’augmentation des déductions salariales. Les nouvelles propositions fédérales permettraient aux employeurs de déduire jusqu’à 30 % du salaire pour le logement, sans garantie d'amélioration des conditions jugées insalubres et surpeuplées, selon les migrants.

Le rapport de Migrant Right Network révèle que 66 % des travailleurs jugent leur logement médiocre ou très mauvais.

«Le gouvernement envisage des salaires basés sur le marché, qui ne reflètent pas nécessairement le cout de la vie ni la valeur du travail effectué», poursuit-elle.

«Les travailleurs migrants sont déjà vulnérables en raison de leur statut temporaire et du système de permis fermé, qui rend difficile l’exercice de leurs droits, ajoute-t-elle. Nous craignons que la situation ne s’aggrave. Bien que les réformes puissent sembler progressistes, elles n’apportent pas d’améliorations concrètes.»

De plus, Mme Gomez souligne que les travailleurs migrants dénoncent depuis longtemps les mauvaises conditions de logements. Donc, leur demander de payer davantage pour un logement de mauvaise qualité semble, selon elle, profondément injuste.

Mme Gomez soutient également que cette proposition fédérale montre que les droits des travailleurs migrants ne sont pas  considérés comme une priorité.

Par ailleurs, le rapport de Migrant Right Network suggère des recommandations, comme un permis de travail ouvert, un accès universel aux soins de santé et au transport, une résidence permanente dès l'arrivée,  des normes de logements contraignantes et zéro déduction pour le logement.

D’après Mme Gomez, ce rapport, qui comporte aussi des témoignages des travailleurs, a été soumis au gouvernement. «Maintenant, nous attendons la réponse du gouvernement», dit-elle.

«Il a déjà indiqué que certains changements pourraient entrer en vigueur dès cette année, avec une mise en œuvre complète prévue pour 2027. Nous continuerons à faire pression pour des réformes qui bénéficient réellement aux travailleurs migrants.»

Le Courrier a contacté le ministère du Travail, des Compétences et de l’Immigration, qui a décliné un entretien tout en envoyant une déclaration par courriel.

Elle indique que le ministère suit de près les changements proposés et travaille pour stimuler l’économie en reliant les résidents aux emplois et en attirant de nouveaux arrivants dans des secteurs clés, comme la santé et la construction.

Le Courrier a contacté Syed Hassan, directeur d’Alliance des travailleurs migrants pour le changement, mais n’a pas reçu de réponse avant la date de publication.

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  • Date de création 25 août, 2025
  • Dernière mise à jour 22 août, 2025
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