Redécouvrir Casselman, 79 ans plus tard
Les villages canadiens ont complètement changé de facette depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Certains sont méconnaissables. C’est le choc qu’a vécu Jacques Proulx, 88 ans, dont le rêve était de se rendre à Casselman en train, 79 ans après sa dernière visite.
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Charles Fontaine
IJL – Réseau.Presse –Le Droit
Plus d’une cinquantaine de personnes s’étaient rassemblées à la gare de Casselman en ce jeudi matin ensoleillé pour accueillir Jacques Proulx et son épouse Lise Fournier. Ayant grandi sur la Rive-Sud de Montréal, M. Proulx est le descendant de Samuel Legault, frère de sa mère et l’un des bâtisseurs du village. Lorsqu’il était enfant, il prenait le train de Montréal vers Casselman avec sa mère pour rendre visite à sa famille maternelle. Il n’avait pas foulé le sol du village depuis l’âge de 9 ans.
Grâce à la Fondation Chartwell, qui finance certains rêves des personnes âgées qu’ils hébergent, il a pu prendre le train de Montréal à Casselman et visiter les immeubles importants du village avec l’aide de la municipalité.
Sur le quai d’embarquement, la tension est palpable. Tout le monde a hâte de voir le visage ébahi de M. Proulx. Autant des aînés du village que des adolescents y sont présents. Une vingtaine d’élèves de l’École secondaire catholique de Casselman s’exercent pour une chorale qu’ils offriront à l’invité d’honneur. La gare est également le toit du Centre d’information touristique de Casselman, mené par Jérémie Racine, qui a participé à l’organisation de la visite des Proulx. «Il réalise un rêve qui met son village en valeur, souligne-t-il. Ça reflète notre fierté de Casselman, c’est un rêve noble.»
Après une heure de retard, le train arrive enfin. Les pancartes se font brandir et les applaudissements créent un esprit de fête. Le couple descend du train tel un premier ministre accueilli dans un pays étranger sur le tarmac. La mairesse désigne monsieur et madame Proulx comme les premiers citoyens honorifiques de Casselman.
Bouffée d’amour
«Je ne m’attendais pas du tout à ça», a concédé M. Proulx, qui flottait toujours sur un nuage une trentaine de minutes après son arrivée.
«C’est plein d’amour qu’on nous donne, a ajouté son épouse Lise, 90 ans. Je ne nous pensais pas si importants que ça!»
Peu importe le sujet abordé avec M. Proulx, il cherche à savoir quelles familles sont encore établies à Casselman.
«Est-ce que c’est encore un tel qui a l’épicerie?» Et la discussion est lancée.
Après avoir vu la gare et la caserne de pompiers, l’invité d’honneur a admis que «tout a changé à Casselman».
«Je me souvenais de la rue Saint-Joseph, mais le reste est pratiquement méconnaissable. Ce que j’ai en tête est le village de 1944. Dans le temps, le village finissait à la gare. À côté du chemin de fer, ce n’était que des fermes.»
Durant ses deux jours de visites à Casselman, la municipalité lui a fait visiter les artères principales, soit l’église, l’épicerie, le cimetière, et autres. Le rêve de monsieur Proulx s’est abouti au village de Saint-Albert pour un dîner avec des descendants de Samuel Legault.
Le village n’avait pas l’allure des années 1940 et les Legault à qui Jacques Proulx venait rendre visite ne sont plus tous en vie. Ce qui perdure, toutefois, c’est l’excitation de visiter le village natal de sa mère, et sa passion pour les trains.
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Photos
Lise Fournier et Jacques Proulx. (Charles Fontaine/Le Droit)
De nombreux élèves ont accueilli les Proulx à Casselman. (Charles Fontaine/Le Droit)
Plus d'une cinquantaine de personnes s'étaient rassemblées à la gare pour accueillir le couple. (Charles Fontaine/Le Droit)
Jacques Proulx et Lise Fournier débarquent à Casselman. (Charles Fontaine/Le Droit)
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- Date de création 16 octobre, 2023
- Dernière mise à jour 16 octobre, 2023