Réconciliation : Comprendre pour mieux avancer

Une formation intitulée Advancing Reconciliation in your Organization (Faire progresser la réconciliation au sein de votre organisation) s’est tenue au Centre de la francophonie le 24 mars dernier. Destinée au personnel de l’Association franco-yukonnaise (AFY), elle a permis d’approfondir la compréhension sur les façons de contribuer à la réconciliation.

Cette formation a été animée par Tosh Southwick, membre de la Première Nation de Kluane, et Davida Wood, membre du Conseil des Tlingits de Teslin du sud du Yukon. Toutes deux sont propriétaires et facilitatrices de l’organisme yukonnais IRP (Inspire, Reconciliation, Potential).

Divers thèmes ont été abordés, comme la santé, la stérilisation forcée, l’accès à l’éducation et à l’eau potable, ainsi que certains mythes que l’on peut avoir sur les Premières Nations du Yukon.

Cette formation s’inscrit dans la stratégie de rapprochement avec les Premières Nations de l’AFY, dans le premier axe « S’informer et comprendre ». « Le but était de voir comment les gens peuvent s’engager dans la réconciliation au niveau personnel, mais aussi au niveau organisationnel », rapporte Angélique Bernard, coordonnatrice de la stratégie sur la réconciliation avec les Premières Nations du Yukon.

« Comme l’ont bien dit les formatrices, l’éducation est vraiment la base. Il faut comprendre et avoir la vérité avant d’avancer vers la réconciliation », ajoute Mme Bernard. « On a pensé que ce serait une bonne façon de sensibiliser le personnel à la réalité des Premières Nations pour avancer ensemble dans la réconciliation. »

Déconstruire les mythes

« Si je devais choisir un mythe, je choisirais celui selon lequel les Premières Nations obtiennent toutes ces choses gratuitement et qu’elles ne paient pas d’impôts », partage Tosh Southwick.

« Je dirais qu’il y a beaucoup de malentendus dans le pays sur ce que les Premières Nations reçoivent ou ne reçoivent pas et sur les raisons pour lesquelles ces choses existent. Il est donc vrai que certaines Premières Nations reçoivent des articles gratuits dans certains endroits. Par exemple, nous n’avons pas nécessairement à payer pour la Croix Bleue de l’Alberta ou pour le système de santé de la Colombie-Britannique. Mais nous avons un système de santé très différent dans le cadre des prestations de santé non assurées. Nous ne bénéficions donc pas de tous ces éléments de la même manière que les autres Canadiens. Nous avons donc un système de santé à deux vitesses », explique la formatrice.

« Il est vrai que, parfois, nous ne devons pas payer la taxe sur les ventes. Le point de vente dépend de la province dans laquelle nous nous trouvons, mais nous devons payer l’impôt sur les mutations foncières. Nous devons payer l’impôt sur le revenu. Nous devons payer tous ces éléments », nuance-t-elle.

Les formatrices soutiennent les efforts de réconciliation de diverses entreprises et l’autodétermination des autochtones. (Sur la photo, de gauche à droite : Davida Wood, Christophe Lefebvre et Tosh Southwick).

Photo : Gwendoline Le Bomin

Tosh Southwick rappelle que les préjugés sur les Premières Nations persistent. « Lorsque la colonisation a eu lieu, il y a eu des accords qui ont été mis en place et que nous respectons encore aujourd’hui. Je pense que c’est là qu’interviennent certaines idées fausses. »

« Je pense que, dans ce pays, le gouvernement a toujours dépeint les autochtones comme des paresseux, des alcooliques qui ne paient pas d’impôts et ne veulent pas travailler. Je pense que ce discours l’a aidé à obtenir le soutien de l’ensemble de la nation pour continuer à exploiter les ressources. »

« Il est également vrai que la façon dont le gouvernement envisage la réconciliation, les efforts qu’il déploie en ce sens est très capitaliste et axée sur l’argent. Or, la terre est une ressource. »

Poser des gestes concrets

L’organisme yukonnais IRP travaille avec toutes sortes de secteurs, comme des ministères et des organisations gouvernementales, des entreprises privées, des industries, des ONG.

« Il peut s’agir d’aider à élaborer des déclarations de réconciliation, de travailler avec des secteurs qui tentent de s’engager ou de travailler avec les Premières Nations et qui rencontrent des difficultés », explique Tosh Southwick.

« Un autre aspect de notre travail consiste à soutenir l’autodétermination des autochtones. Ainsi, une grande partie de nos clients sont des organisations des Premières Nations ou des Premières Nations qui cherchent à faire avancer les choses, mais qui n’ont peut-être pas le personnel nécessaire ou les capacités nécessaires au sein de leurs équipes. Nous intervenons donc d’un point de vue extérieur pour soutenir ces initiatives », ajoute-t-elle.

« Nous disons souvent aux clients potentiels qu’ils vont soit s’engager dans la réconciliation, soit se laisser entraîner. Nous voulons donc les aider. L’objectif est donc aussi de sensibiliser les gens à la façon dont ils peuvent le faire sans avoir cette peur que beaucoup d’entre nous ont encore en tant que colons blancs. Et d’essayer de briser ces barrières. »

« J’ai beaucoup appris aujourd’hui sur la manière authentique dont la communauté francophone veut faire ce travail de manière positive », partage Tosh Southwick. « Elle a déjà essayé, commencé et pris des engagements dont je n’étais pas du tout consciente. Et je pense qu’il y a une véritable volonté de s’engager dans ce travail d’allié. »

Les deux formatrices ont également salué le travail des six membres de la Table de gouvernance de la Franco-Yukonnie qui ont signé la Déclaration sur la réconciliation avec les Premières Nations du Yukon en avril 2024.

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« Dans la prochaine année financière, on pense offrir des formations pour la communauté francophone et peut-être des sessions plus poussées sur un sujet en particulier pour le personnel de l’AFY », informe Angélique Bernard.

L’AFY prévoit également de rédiger un rapport en anglais de ses activités aux Premières Nations pour les tenir informées de ce qui se fait au sein de la communauté francophone.

IJL – Réseau.Presse – L’Aurore boréale

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  • Date de création 8 avril, 2025
  • Dernière mise à jour 8 avril, 2025
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