Récolte du maïs: wô, les moteurs!

La récolte du soya étant complétée à 75%, celle du maïs s’est enclenchée sur plusieurs fermes, notamment dans l’Est ontarien. Sauf que ces récoltes sont en avance d’une bonne dizaine de jours, voire même deux semaines par rapport à l’an dernier, ce qui cause des maux de tête aux transporteurs et aux courtiers.

 

Jean-Marc Dufresne

IJL – Réseau.Presse – Agricom

« On ne vient pas à bout d’être aussi vite que les producteurs », reconnaît d’emblée Martin Charlebois, gérant grains et volaille chez MacEwen à Maxville.  « On est obligé de dire à certains agriculteurs  d’attendre avant de nous envoyer leur maïs, pour donner le temps de finir de gérer le soya. »

Une attente payante

Cette attente bien involontaire peut toutefois devenir payante pour les producteurs. Présentement, le prix du soya est en recul et les moyens de pression effectués par les débardeurs au Port de Montréal risque de créer une congestion qui aura aussi un impact sur l’offre.

Jeannette Mongeon, copropriétaire de la Ferme Michel Dignard et Jeannette Mongeon, croit qu’il est préférable pour ceux qui le peuvent, de conserver leurs récoltes en silo pour mieux choisir le moment de vendre. « Ceux qui n’ont pas de silos peuvent généralement trouver de l’entreposage vraiment pas cher à la Coop », dit-elle.

Martin Charlebois n’hésite d’ailleurs pas à recourir au Plan B ou au Plan C pour faire sortir les récoltes du pays: « On peut acheminer les conteneurs à Sorel ou vers un autre port en Ontario. Une journée de grève du CN et du CP a coûté une semaine en réorganisation. »

Une récolte trop précoce peut aussi être un casse-tête, puisque les bateaux transportant le soya vers l’Europe et l’Asie sont réservés à l’avance pour une date précise. Quand les récoltes ont deux semaines d’avance, les navires ne sont pas au rendez-vous.

Récolte inégale

Difficile de se baser sur les récoltes des années précédentes pour prévoir les rendements de cette année. « On a des situations où la récolte n’est pas à la même date pour deux voisins, selon l’unité thermique utilisée et la date d’ensemencement », dit le gérant.

Propos auxquels fait écho Jeannette Mongeon. « L’an dernier, on a récolté le soya le 20 septembre, on l’a fait le 13 cette année même en ayant semé plus tard à cause de la pluie. Le maïs est un bon 10 jours plus tôt que l’an dernier, avec la même unité thermique. »

Le gel que l’on a connu au cours des dernières nuits a permis de ralentir ou de stopper la croissance des feuilles, une bonne chose selon elle. « Le problème, c’est la pluie. S’il pleut beaucoup, c’est parfois impossible d’aller au champ et quand on en sort, ça laisse beaucoup de boue sur le chemin. Et puis, il y a le séchage. Le vent aide; sinon, il faut faire sécher la récolte et avec la taxe sur le carbone, ça coûte très cher! »

Loin d’avoir fini

Bien que la récolte du soya soit essentiellement finie et que le maïs soit amorcé, il n’y a pas de répit en vue, tant pour les producteurs que les exportateurs. « Les céréales comme l’orge, l’avoine et le blé, c’est en septembre. Le soya se poursuit en octobre et on va transporter du maïs jusqu’à la mi-décembre », indique Martin Charlebois. Il y a donc peu de chances que vous croisiez ce dernier ou ses collègues à la chasse cet automne…

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Légende photo 1 : Les silos de le Ferme Michel Dignard et Jeanette Mongeon permettent d'entreproser les récoltes en espérant une remontée du prix du soya.

Légende photo 2 : Martin Charlebois demande aux producteurs de maïs d'être patients.

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  • Date de création 16 octobre, 2024
  • Dernière mise à jour 21 octobre, 2024
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