Qui dit été dit retour des algues bleues

La période estivale est, pour plusieurs, l’occasion de pratiquer des activités nautiques, mais ils doivent parfois composer avec la présence de cyanobactéries. La fréquence à laquelle ils seront affectés par des éclosions dépend cependant de plusieurs facteurs qui varient d’un endroit à l’autre.

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Bobby Therrien

IJL – Réseau.Presse – Acadie Nouvelle

Depuis le début de l’année, huit cas de prolifération d’algues bleues ont été confirmés par la Santé publique du Nouveau-Brunswick. La plus récente date du 7 juillet sur une partie de la rivière Kennebecasis.

Charles-Oneil Crites, professeur de chimie à l’Université de Moncton, campus d’Edmundston, explique d’entrée de jeu que les cyanobactéries ont toujours été présentes dans les lacs et les rivières.

«C’est un peu comme une infection à levure (chez l’humain). C’est parce qu’il y a un débalancement de ta flore bactérienne. C’est le même principe avec les cyanobactéries. Il y en a tout le temps dans l’eau, mais le problème est quand la concentration devient trop élevée en raison d’un débalancement quelconque.»

Habituellement, la présence de cyanobactéries est plus importante de la mi-juillet jusqu’au mois de septembre. Les deux manifestations les plus courantes sont les fleurs d’eau (ressemble à de l’écume en surface ou à un tapis d’algues qui sont souvent de couleur bleu-vert) et les tapis benthiques (des amas de végétaux qui peuvent être noirs, bruns ou vert foncé dans l’eau et bruns ou gris lorsqu’ils sont secs sur la rive).

«Il va souvent y avoir des petites fleurs d’eau dans la région vers le mois d’août. On en retrouve souvent dans le lac Baker, par exemple, mais ce n’est pas en quantité importante et c’est dans des endroits très localisés.»

«Si on commence à voir une concentration élevée dans un lac au mois de juin, ça veut dire que ça ne va pas bien», a ajouté M. Crites.
Pour l’instant, dans la région du Nord-Ouest, il n’y a pas eu d’éclosion. La dernière éclosion d’envergure s’est produite au lac Unique, situé dans le Haut-Madawaska, en 2023.

Quantité de phosphore

Selon le professeur de chimie, plus un point d’eau contient une grande quantité de phosphore, plus il est à risque de subir des éclosions d’algues bleues. Les probabilités sont donc plus grandes dans un lac situé dans un milieu où il y a une grande présence humaine.

«Il est clair que s’il y a des gens qui résident autour d’un lac et qui n’ont pas de fosse septique aux normes ou qui font une mauvaise utilisation des sols, ça fait une différence (…) Il y a une partie que l’être humain contrôle et il y en a une autre qu’il ne contrôle pas.»

Mis à part l’activité humaine, l’impact des changements climatiques se fait aussi sentir.

«La règle générale est que les cyanobactéries ont tendance à dominer lorsque la température de l’eau est supérieure à 20 degrés Celsius. Le nombre de jours où la température est plus de 20 degrés dans certains lacs de la région a augmenté dans les dernières années.»

Pour M. Crites, les températures plus chaudes et le nombre d’heures d’ensoleillement peuvent aussi faire en sorte que les premières éclosions de cyanobactéries se produisent plus tôt au cours de la saison estivale.

«On a des raisons de croire que quand il fait très chaud, le phosphore qui est présent dans le fond de certains lacs, comme le lac Unique, sera relâché et amplifiera le phénomène.»

«Ce sont des facteurs, mais il peut y en avoir une foule d’autres qui peuvent expliquer pourquoi il y a des éclosions. La situation peut aussi varier d’un lac à l’autre.»

Selon le professeur en chimie, dans l’optique des changements climatiques, il peut être difficile de convaincre les gens de changer leurs habitudes.

«Ce sont de petits effets qui s’additionnent. Il faut faire comprendre que chaque petit geste compte, car s’il y a 100 personnes qui font la même chose ça a un impact. C’est quelque chose qui est difficile à mettre en lumière.»

Que les éclosions soient localisées ou de plus grande envergure, Charles-Oneil Crites reconnaît que les gens doivent faire preuve de prudence, surtout chez les enfants en bas âge, les animaux ou les personnes qui ont une peau plus sensible.

Selon la Santé publique, les cyanobactéries peuvent produire des toxines pouvant causer des irritations de la peau, des yeux et de la gorge. Des effets plus graves, comme des maladies gastro-intestinales, peuvent se produire si des toxines sont absorbées.

«Il y a eu une étude, qui a été faite il y a quelques années, qui a démontré que les populations de cyanobactérie ont changé. Il y en a plein de types différents. Il y en a qui ne sont pas toxiques et il y en a qui le sont. Ce qui rend la situation complexe est que, le lundi, tu pourrais être aux prises avec des cyanobactéries toxiques alors que le lundi suivant, ça pourrait être le contraire.»

Comme les toxines peuvent parfois rester dans l’eau pendant plusieurs semaines après que les fleurs d’eau ne sont plus visibles, la Santé publique recommande aux gens d’éviter d’utiliser l’eau à des fins récréatives dans les zones où des fleurs d’eau ont été vues ou dont la présence est soupçonnée.

 

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Photo : Le lac Unique, il y a quelques années, alors qu’il était aux prises avec une éclosion de cyanobactéries. - Archives

 

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  • Date de création 10 juillet, 2025
  • Dernière mise à jour 10 juillet, 2025
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