Quand on apporte ses contenants à l’épicerie

Quand on apporte ses contenants à l'épicerie

Et si on tentait l’expérience d’apporter nos propres contenants pour faire nos emplettes aux comptoirs de grande surface de St. John’s, la capitale de Terre-Neuve-et-Labrador? Deux envoyés spéciaux ont fait le test.

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Coline Tisserand et Cody Broderick - Initiative de journalisme local - APF - Atlantique

Première mission: au Sobeys tu iras, tes pots tu rempliras

« Est-ce qu’on peut avoir 150 grammes d’olives ? ». L’employée s’apprête à nous servir en s’emparant d’un contenant jetable et en plastique. L’envoyé spécial la stoppe avec un sourire - on ne sait jamais, ça peut aider : « …dans notre propre contenant c’est possible? ». Temps d’arrêt. Elle tend la main pour attraper notre Tupperware en verre, accompagnant son geste de propos paradoxaux que nous traduisons librement de l’anglais.

«On n’est pas autorisé à faire ça. Vous n’êtes pas les premiers à me le demander. C’est à cause de la sécurité alimentaire. Si votre contenant n’est pas propre et que vous tombez malade, c’est à Sobeys qu’on lancera le blâme. J’imagine que ça va changer, puisque les sacs en plastique sont interdits à partir du 1er février chez nous. Bon... combien de grammes voulez-vous?»  L’employée jette un regard aux alentours et nous sert quand même dans notre contenant.

Ensuite, direction le comptoir de viande. Le commis est en en fait étonné par notre demande, c’est une première pour lui. Il ne sait pas trop ce qu’il doit faire et quelles sont les normes. « Ça ne me dérange pas, je peux le faire, mais je vais devoir coller l’étiquette du prix directement sur votre couvercle. » Ça nous va, on prend l’autocollant tant que ce n’est pas emballé ! La mission est donc réussie sans encombre par nos envoyés spéciaux sur le terrain.

Deuxième mission: chez Dominion tu te rendras, de la viande sans emballages tu trouveras

La situation est à peu près la même au Dominion. Que les employés soient au courant ou non de la politique en vigueur de la bannière concernant l’utilisation des contenants des clients, ils se sont montrés collaboratifs. 

Lorsque nous avons demandé à une employée du rayon des charcuteries de déposer le jambon que nous achetions dans notre Tupperware, elle a acquiescé à notre demande tout en nous avertissant du risque de contamination croisée : «Il y a des gens qui viennent avec leurs propres plats, mais je dois quand même emballer la viande dans du papier ciré», a-t-elle insisté. Il semble que Dominion ait les mêmes soucis hygiéniques que la bannière concurrente.

Ça se complique un peu au comptoir des olives. Nous demandons d’abord à la commis si on doit utiliser les contenants jetables mis à notre disposition. Elle nous répond: «Oui, sinon vous allez payer plus cher car votre contenant en verre est plus lourd et ça aura un effet sur le prix à la caisse». 

Ne reculant devant rien, nous nous dirigeons vers le comptoir du service à la clientèle. Le personnel présent a rapidement trouvé une solution. On nous conseille de peser nos tupperwares avant d’y déposer les olives afin qu’à la caisse on sache quel montant déduire.

Nos expériences nous ont démontré que, malgré les politiques floues – voire inexistantes – des grandes surfaces, il est possible de faire son épicerie en évitant les emballages jetables de toutes sortes. Et qu’il en va souvent de la volonté du personnel sur place. Vous ne trouverez toutefois aucun panneau vous invitant à apporter vos propres contenants.

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  • Date de création 4 février, 2020
  • Dernière mise à jour 6 février, 2020
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