Protection hygiénique : privilège ou droit fondamental?

Protection hygiénique : privilège ou droit fondamental?

Une collecte de fonds viendra en aide aux jeunes filles du Nunavut qui n’ont pas les moyens de s’acheter des produits d’hygiène féminine à chaque mois.
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Gabrielle Poulin
Initiative de journalisme local - APF - Nunavut

À chaque mois, de nombreuses jeunes filles nunavoises redoutent l’arrivée de leurs menstruations. Cet événement marquant chez une fille fait encore aujourd’hui l’objet d’une grande stigmatisation. Au Nunavut, il arrive souvent que des adolescentes manquent l’école car elles n’ont pas accès à des produits d’hygiène féminine.

L’Association africaine et caribéenne du Nunavut (ACAN) veut combattre ce problème en menant une collecte de fonds pour venir en aide aux adolescentes du Territoire. L’objectif monétaire de la collecte est de 10 000$, un montant qui permettra de distribuer un bon nombre de produits d’hygiène féminine à travers les écoles primaires, secondaires et les centres de jeunes du Territoire.

« Nous sommes d’avis que l’accès aux serviettes hygiéniques ne devrait pas être un privilège ou un luxe, mais un droit fondamental, » explique la page Gofundme de l’ACAN. Cette conviction fait d’ailleurs partie des objectifs fondamentaux de la collecte de fonds. Les autres étant d’améliorer l’assiduité scolaire des filles partout au Nunavut et de les encourager à poursuivre leurs études, à ne pas s’inquiéter de leur hygiène menstruelle ainsi qu’à accroître leur estime de soi.

Des coûts exorbitants

Un nombre important de filles nunavoises ont du mal à faire face à leurs menstruations en raison du coût élevé des produits d’hygiène féminine. À Iqaluit, le prix moyen d’une boîte de 40 tampons est de 17,99$ alors que la même boîte coûte 7,99$ à Ottawa.

La durée moyenne d’une menstruation est d’environ une semaine, et il est recommandé de changer le tampon toutes les quatre à huit heures pour éviter les infections. Une fille menstruée pourrait donc utiliser au moins 28 tampons par mois. Au cours d’une année, cela représente à peu près 336 tampons, soit 8 ou 9 boîtes et entre 143,92$ à 161,91$ pour une Nunavoise. C’est presque le double de ce qu’une fille à Ottawa payerait pour les mêmes produits; et ça ne comprend pas les autres dépenses associées aux effets secondaires qui accompagnent les menstruations.

Ces prix, en plus de la stigmatisation entourant les règles et les journées d’école manquées, ont des effets néfastes pour l’estime et l’apprentissage des adolescentes du Nunavut. Plusieurs d’entre elles ne voient aucune autre option que d’abandonner l’école, ce qui limite le choix de carrière plus tard dans la vie.

Cet enjeu affectant la moitié de la population nunavoise entraîne déjà la mobilisation de plusieurs organismes, comme l’ACAN, pour fournir les produits nécessaires aux écoles. Cela dit, une fois l’école terminée, le problème persiste chez les femmes du Nunavut. Pour les aider, le ministère de la Santé du Gouvernement du Nunavut présente le site web www.irespectmyself.ca/fr, qui offre des renseignements sur la santé sexuelle et reproductive ainsi qu’un guide pour fabriquer soi-même des serviettes sanitaires réutilisables (site web en anglais seulement).

L’ACAN est un organisme dont la mission est de promouvoir une communauté inclusive et diversifiée où tous peuvent vivre, travailler et jouer en harmonie.  Faites un don à la collecte de fonds pour venir en aide aux jeunes filles du Nunavut au lien suivant : https://www.gofundme.com/f/ACANFreePadsNunavut/.

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  • Date de création 4 décembre, 2019
  • Dernière mise à jour 16 décembre, 2019
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