Promouvoir la langue et la culture autochtone, la mission de Shawn Francis

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Shawn Francis tente par tous les moyens de revitaliser la langue et la culture de ses ancêtres. Dès le 6 juin, il offrira des cours de langue wolastoqey à la bibliothèque publique Mgr W.-J.-Conway d’Edmundston.

Dans le sillon du mouvement de vérité et de réconciliation avec les peuples autochtones, le jeune homme de la Première Nation malécite du Madawaska a été invité, l’an dernier, pour qu’il puisse offrir des séances d’information au sujet de cette culture autochtone.

«On voulait montrer les différentes facettes de la culture wolastoqey. Il y avait de la musique avec les tambours et les chants, l’utilisation de la médecine traditionnelle, les coutumes, etc. J’ai fait deux ou trois ateliers et les gens ont trouvé ça intéressant. On m’avait dit de ne pas hésiter à les approcher si j’avais d’autres idées dans le futur.»

Bien conscient que la langue wolastoqey a grand besoin d’une revitalisation, il a eu l’idée de se pencher sur l’enseignement de la langue, en grande partie aux gens qui demeurent à l’extérieur de la communauté autochtone du Madawaska.

«Le nombre de personnes qui parlent cette langue est en déclin, parce que ce sont surtout nos aînés qui la parlent encore couramment et ce n’est concentré que dans quelques communautés. Ce n’est pas éparpillé de façon égale dans nos communautés.»

Selon lui, ce type de cours s’arrime bien avec le travail qu’il réalise avec l’Université de Moncton, campus d’Edmundston, avec son centre Nikonuk.

«J’ai trouvé que la bibliothèque est un bon deuxième atout pour revitaliser notre culture (…) Je vais aussi essayer de développer le centre Nikonuk davantage pour offrir des services, des ateliers et des cours à travers le centre, pour la communauté en général.»

M. Francis souhaite que l’intérêt engendré par ses premiers ateliers se répète lors de ses cours de langue.

Il croit toutefois que l’apprentissage de la langue wolastoqey peut être assez difficile pour une personne qui souhaite le parler de façon fluide.

«J’ai été en apprentissage continuel depuis 2015 et, encore aujourd’hui, je ne me considère pas encore comme un parleur du Wolastoqey. C’est un passe-temps qui me passionne et ça fait partie de ma culture, alors j’ai vu ça comme une obligation envers ma communauté. Je veux qu’il y ait au moins une personne dans la région qui puisse maintenir ça et la transmettre aux générations futures.»

Il a dû visiter plusieurs communautés autochtones autres que la sienne afin de parfaire ses connaissances de la langue.

«J’ai côtoyé toutes les communautés wolastoqey du Nouveau-Brunswick et j’ai été accueilli chaleureusement. J’ai bâti un réseau d’amis et de gens qui ont voulu m’aider à m’intégrer dans des cours de langue dans ces communautés. Ç’a été un long cheminement.»

Shawn Francis est aussi au courant qu’il existe des outils numériques qui permettent d’apprendre une langue comme le Wolastoqey. C’est l’une des raisons pour lesquelles il a décidé de miser sur des rencontres plus informelles lors de ses cours.

«Je n’ai pas vraiment d’attentes, car mes cours ne seront pas sur un format salle de classe. Ça va être plus comme un cercle de partage. Dans les premiers cours, je vais faire un survol de l’alphabet et la phonétique, mais je vais ensuite lancer une période de questionnement et d’échange dans le groupe.»

«Je veux savoir quels sont les aspects de la langue qu’ils veulent apprendre pour que ce soit important pour eux de l’utiliser tous les jours.»

Les cours de langue wolastoqey seront offerts tous les jeudis, de 18h à 20h, à la bibliothèque publique d’Edmundston. Ils seront offerts tant qu’il y aura des participants.

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Photo : Sur la photo, on peut apercevoir Shawn Francis, au centre du groupe, lors d’un cercle de tambours. – Archives

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  • Date de création 10 juin, 2024
  • Dernière mise à jour 10 juin, 2024
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