Prix de l’AFO: Raymond Jacques honoré pour son engagement franco-ontarien
Le Franco-Ontarien d’adoption, Raymond Jacques se trouve parmi les lauréats des Prix de reconnaissance de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), annoncés il y a quelques jours.
Par Chantallya Louis, IJL - Réseau.Presse - Le Droit
«Je reçois ce prix avec beaucoup d’humilité et de fierté», lance le gagnant du prix Florent-Lalonde.
Ce prix reconnaît les efforts et l’engagement d’un bénévole au sein de la communauté.
M. Jacques est arrivé à Ottawa en 1984 depuis Trois-Rivières, au Québec, pour participer à la mise en place d’un service pour des élèves francophones atteints de surdité pour le conseil scolaire de l’époque. Ce dernier n’a pas hésité à épouser la cause de la défense du français en Ontario.
«Et pour tout ce qu’il y avait à faire, pour valoriser les francophones ici dans la région et faciliter les services, assure-t-il. Si je parle des handicapés sensoriels [par exemple], du côté anglophone, ils avaient des budgets et des services très poussés, c’est donc tout ce travail qu’on n’avait pas pour les francophones qui [m’a encouragé] à rester et à m’engager de plus en plus de ce côté-là».
De 2004 à 2020, Raymond Jacques s’est aussi investi dans la communauté comme bénévole pour la Maison Fraternité, un organisme qui vient en aide à la population francophone ayant un problème de toxicomanie dans la province.
«Quand j’ai commencé dans la Maison Fraternité, ça demandait beaucoup de temps. J’ai donné pas mal tout mon temps libre à cet organisme. C’est un milieu qui, quand tu vois les résultats, te pousse à t’investir plus», assure-t-il.
Depuis, la Maison Fraternité s’est fusionnée avec le Centre psychosocial d’Ottawa pour devenir le Centre d’appui et de prévention (CAP), notamment pour des raisons de financement, explique Raymond Jacques.
«Son rôle d’administrateur, d’abord à la Maison Fraternité, puis au CAP, a considérablement influencé le développement et le maintien des services en santé mentale et en dépendances, spécifiquement pour la communauté francophone», soutient l’AFO dans sa fiche bibliographique.
C’est donc mission accomplie pour celui qui a pris sa retraite du conseil d’administration du CAP à la fin du mois de septembre.
Pour Raymond Jacques, les Franco-Ontariens sont des combattants de longue date, qui luttent depuis des décennies. «Et, on est encore au combat pour justement l’équité pour toute sorte de financement, c’est quasiment continu», avoue-t-il en entrevue avec Le Droit.
«Les Franco-Ontariens sont effectivement fiers; ils sont solides; ils ont une belle culture et je m’inclus là-dedans. Et dire que nous avons, c’est d’être capable de donner au Franco-Ontarien un même niveau de vie et de service que tous les autres Ontariens qui demeurent ici.» — Raymond Jacques
«Par son engagement bénévole, M. Jacques a témoigné d’un profond attachement à la langue française et à la culture francophone, reprend l’AFO. Beaucoup de francophones d’Ottawa se souviennent de ses talents de comédien amateur, de son éloquence et de sa verve lors des événements communautaires. Que ce soit dans ses relations amicales ou dans son bénévolat, Raymond a toujours su incarner et promouvoir les valeurs de la communauté franco-ontarienne.»
Les prix de reconnaissance de l’AFO
Les prix de reconnaissances remis par l’AFO visent à rendre hommage aux personnes qui s’investissent de façon «remarquable» dans la communauté franco-ontarienne.
«C’est important de faire connaître à la communauté que ces gens ont fait ce travail exceptionnel», explique le président de l’AFO, Fabien Hébert.
«Ça peut encourager les autres à faire de même».
Plusieurs autres personnes et un organisme ont été reconnus par l’AFO pour leurs efforts de promotion et défense de la langue française en milieu minoritaire.
Le Consortium Centre Jules-Léger (CCJL) se voit décerner le Prix de l’Horizon franco-ontarien, qui récompense un projet, une pratique ou une initiative communautaire, entrepris par un groupe, contribuant à la vitalité de la collectivité. La mutation de gouvernance du CCJL, d’une administration ministérielle à une gouvernance entièrement francophone pour les francophones, constitue selon l’AFO «une reconnaissance exceptionnelle» de son impact sur l’éducation spécialisée en Ontario français. Par ce changement, le CCJL est aujourd’hui reconnu comme le 13e conseil scolaire de l’Ontario.
L’ancien recteur de l’Université Hearst, Luc Bussières est lauréat du Prix Paulette-Gagnon. Ce prix honore les efforts et le cheminement professionnel exemplaire d’une personne à l’endroit de la communauté francophone. M. Bussières a consacré plus de 30 ans de sa carrière à l’Université de Hearst, où il a exercé les fonctions de professeur (depuis 1990), de vice-recteur (2001-2005), puis de recteur (2017-2024). Sous sa direction, l’Université de Hearst a connu une évolution «remarquable», passant d’un établissement régional affilié à une institution entièrement autonome.
Le Prix Jeunesse est décerné à Sophie Filion, jeune engagée dans sa communauté à l’école secondaire Saint-Jean-de-Brébeuf, à Welland, dans le sud-est de l’Ontario. Ce prix reconnaît les efforts et l’implication d’une jeune personne à la communauté franco-ontarienne. Le palmarès de l’implication communautaire de la jeune franco-ontarienne est exhaustif et varié, autant à l’école qu’au sein d’organismes communautaires.
Pour sa part, la directrice générale de Canadian parents for French de l’Ontario (CPF), Betty Gormley a remporté le Prix francophile. Ce prix reconnaît les efforts et l’implication d’une francophile à la langue et à la culture francophone. À la tête de CPF depuis plus de 20 ans, Mme Gormley a dirigé des initiatives clés qui ont eu un impact significatif sur la communauté francophone et la promotion du français langue seconde.
Finalement, le Prix coup de Coeur du jury a été remis à la militante pour les droits francophones en Ontario, Marie-Pierre Héroux, elle qui «incarne un engagement passionné pour la francophonie en Ontario.»
La jeune leader franco-ontarienne s’est investie dans plusieurs postes d’organismes franco-ontariens dès le secondaire et a notamment participé au premier panel franco-ontarien de l’émission Tout le monde en parle, où elle a partagé sa vision de l’avenir de la francophonie en Ontario. En 2023, elle a été invitée à une émission spéciale de 24•60 sur l’état du français au Canada. Actuellement étudiante en histoire à l’Université d’Ottawa, ses recherches portent sur la mobilisation des mouvements jeunesse franco-ontariens dans le débat sur l’université en langue française en Ontario.
Photos :
Photos Une_Raymond Jacques_Cr. Etienne Ranger Le Droit : Selon l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, Raymond Jacques est aussi connu dans la communauté pour «ses talents de comédien amateur, de son éloquence et de sa verve lors des événements communautaires». (Etienne Ranger/Le Droit)
Photo_Luc Bussières_Cr. Courtoisie AFO : L’ancien recteur de l’Université Hearst, Luc Bussières. (Courtoisie : L'Assemblée de la francophonie de l'Ontario)
Photo_Sophie Filion_Cr. Courtoisie AFO : Sophie Filion (Courtoisie : L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario)
Photo_Betty Gormley_Cr. Courtoisie AFO : Betty Gormley (Courtoisie : L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario)
Photo_Marie-Pierre Héroux_Cr. Courtoisie AFO : Marie-Pierre Héroux (Courtoisie : L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario)
- Nombre de fichiers 6
- Date de création 7 octobre, 2024
- Dernière mise à jour 7 octobre, 2024