Preuve de vaccination: «je n’en voulais pas», concède Ford

ÉMILIE PELLETIER

Initiative de journalisme local — Le Droit

«Ce n’est pas un secret, je n’en voulais pas», a concédé le premier ministre Doug Ford, en parlant de cet «outil temporaire» qu’est le certificat de vaccination, qui sera exigé en Ontario à compter du 22 septembre.

Le 1er septembre marque le «jour 1» du passeport vaccinal au Québec, mais aussi le jour où l’Ontario annonce qu’il prévoit également exiger la preuve de vaccination.

Dans sa première conférence de presse en plus d’un mois, le premier ministre ontarien Doug Ford a assuré que la preuve de vaccination ne sera pas exigée pour toujours. «C’est un outil temporaire», a-t-il promis.

Omerta médiatique

Le conservateur s’était fermement opposé à cette mesure à plusieurs reprises, et a fait régner le doute pendant tout le mois d'août, lors de son omerta médiatique.

Un certificat, pas de certificat, un certificat, pas de certificat. Un certificat. En coulisses, c’est dans cet ordre que s’est passé le jeu de ping-pong du premier ministre face à l’exigence possible de la preuve de vaccination en Ontario.

«Je n’étais pas en faveur de cela», a répété Doug Ford mercredi, ajoutant que c’est en discutant avec le médecin hygiéniste en chef de l’Ontario, le Dr Kieran Moore, qu’il a été convaincu de la pertinence de ce système.

Déception

Le premier ministre ontarien a aussi martelé sa déception envers le premier ministre Justin Trudeau et sa décision de déclencher des élections fédérales en pleine quatrième vague de la pandémie.

«Je secoue encore la tête», a-t-il martelé.

Il s’est aussi dit frustré qu’Ottawa ait décidé de ne pas mettre en place un passeport vaccinal national.

«Last minute Larry»

Quelques minutes après avoir appris que l’Ontario exigera finalement la preuve de vaccination, la cheffe néo-démocrate Andrea Horwath a traité Doug Ford de «Last minute Larry», en conférence de presse, expression que l’on peut traduire par «celui qui est toujours en retard».

«Ce n’est pas trop tôt pour l’arrivée des certificats de vaccination pour les petites entreprises qui ont du mal sans directives provinciales à assurer la sécurité de leurs clients et de leur personnel. M. Ford laisse encore beaucoup trop d’entreprises à elles seules pour prendre des décisions difficiles.»

Andrea Horwath croit que le premier ministre «fait le strict minimum» et qu’il est «plus intéressé à satisfaire les anti-vaccins qu’à protéger les Ontariens».

À ses dires, ça n’a par ailleurs aucun sens que les clients qui visiteront les établissements non essentiels comme les restaurants devront montrer une preuve qu’ils sont immunisés contre la COVID-19, mais pas les employés.

Schreiner réagit 

Le chef du Parti vert de l’Ontario, Mike Schreiner, affirme pour sa part accueillir positivement la nouvelle, mais critique le premier ministre pour sa lenteur.

«Les hésitations de Ford sur les trois jours de maladie payés inadéquats annoncés en mai et les vaccins obligatoires pour les travailleurs de la santé et de l’éducation en août qui ne sont pas vraiment obligatoires ont aggravé la pandémie. Le premier ministre doit agir, cesser de blâmer le gouvernement fédéral pour sa réponse médiocre à la pandémie et accélérer la mise en œuvre du certificat de vaccination de l’Ontario», a-t-il déclaré, dans un communiqué.

Le chef libéral inquiet

«Heureux de voir une action attendue depuis longtemps, mais nous ne pouvons pas oublier que Doug Ford ne fait la bonne chose qu’après y avoir été traîné et à coups cris et de coups de pied, a lancé le chef du Parti libéral de l’Ontario, Steven Del Duca. Je suis profondément préoccupé par le temps qu’il faudra pour déployer complètement un certificat de vaccination après avoir attendu si longtemps.»

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  • Date de création 1 septembre, 2021
  • Dernière mise à jour 1 septembre, 2021
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