Pour un tourisme plus respectueux de l'environnement?

Selon une étude publiée dans Nature Communications en 2024, le tourisme émet près de 9 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans le monde. Alors, comment miser sur un tourisme durable au Yukon? Cette année, la conférence Compass a eu lieu à Carcross les 24 et 25 avril. Une occasion d’explorer les concepts d’économie circulaire et de tourisme régénérateur.

Après une absence de quatre ans en raison de la pandémie de COVID-19, la conférence annuelle sur le tourisme au Yukon a repris l’année dernière, où environ 150 personnes étaient présentes à Whitehorse.

« Cette année, nous avons modifié le concept de la conférence en raison des commentaires que nous avons reçus des personnes participantes », informe Julia Heiroth, coordinatrice principale pour la sensibilisation et le développement à TIA Yukon.

« Les deux principaux commentaires que nous avons entendus étaient que les gens souhaitaient que l’événement ait lieu dans une communauté. Nous avons donc décidé de l’organiser au Carcross First Nations Learning Centre », poursuit-elle.

« L’autre chose que nous avons entendue, c’est que les gens voulaient vraiment avoir plus de temps pour communiquer les uns avec les autres. Cette année, l’événement a donc été modifié en ce sens qu’il s’est déroulé sans conférence. Nous nous sommes davantage concentrés sur la conversation avec les personnes présentes dans la salle, au lieu d’avoir des orateurs et oratrices sur scène qui parlent aux gens. »

Marie-Pierre Giroux, gestionnaire, Développement économique et entrepreneuriat à l’AFY et Camille Gachot, gestionnaire Marketing touristique à l’Association franco-yukonnaise (AFY), se sont rendues à la conférence.

Photo : Fournie

Camille Gachot, gestionnaire, Marketing touristique à l’Association franco-yukonnaise (AFY), et Marie-Pierre Giroux, gestionnaire, Développement économique et entrepreneuriat à l’AFY, se sont également rendues à la conférence. Camille Gachot a trouvé particulièrement intéressant le fait de « pouvoir réfléchir ensemble au tourisme au Yukon. »

Pour elle, « le fait que deux employées de l’AFY étaient présentes montre que nous avons le but d’être actifs dans l’industrie touristique, et ce à tous les niveaux. »

Tourisme durable dans le Nord

Cette année, la conférence s’intitulait « Tourism in Motion: Circular and Regenerative » (Tourisme en mouvement : circulaire et régénérateur).

« Quand nous avons exploré les concepts d’économie circulaire et de tourisme régénérateur, nous avons vu ce qu’il signifie pour le Nord et comment il peut être mis en œuvre dans le cadre d’un tourisme régénérateur », explique Julia Heiroth.

Selon elle, le défi est de trouver un concept qui fonctionne pour tout le monde. « Il s’agit en fait de trouver un concept où le tourisme est une force positive qui soutient les communautés locales, les populations locales, mais aussi l’environnement. »

« Nous devons donc trouver un concept qui fonctionne pour le Yukon, car nous ne pouvons pas le copier et le coller d’un endroit quelque part au Sud et l’imprimer ici. La région dans laquelle nous vivons est tout à fait unique. Il fallait donc que tout le monde dans la salle trouve à quoi cela pourrait ressembler et quelle serait la feuille de route pour y arriver. »

« Le concept de tourisme durable et régénérateur est étroitement lié à la vision du monde des Premières Nations, qui le pratiquent depuis longtemps », rapporte Julia Heiroth. « Ce n’est donc pas une idée nouvelle pour elles. C’est pourquoi leur présence et leur participation aux discussions étaient essentielles. Au Yukon, on a la chance de bénéficier de bonnes relations avec les Premières Nations, ce qui rend ces échanges d’autant plus précieux. »

Pour Camille Gachot, il était important de parler de la relation entre le tourisme et le changement climatique dans le Nord, le monde circumpolaire. « On est les premiers à voir des changements. Les changements en hiver, notamment. Si tu bases ton tourisme sur la neige, les glaces, alors que les glaciers fondent, tu ne sais peut-être plus quand la neige va tomber, combien de temps elle va rester. Ça génère des problèmes qu’il faut apprendre à gérer. »

« En parallèle, les touristes sont de plus en plus conscients de leur impact environnemental et cherchent des options de voyage plus responsables, surtout lorsqu’ils font de longs trajets », poursuit-elle.

« Le tourisme peut avoir un impact positif en sensibilisant les visiteurs à la protection des territoires naturels, comme le Yukon, et en les transformant en ambassadeurs de la cause environnementale. Toutefois, il comporte aussi des effets négatifs, notamment sur le climat et les communautés locales. Comme toute activité économique, le tourisme a un double effet : bénéfique pour le développement, mais aussi potentiellement nuisible ». Il était donc essentiel pour la gestionnaire d’en discuter et d’y réfléchir collectivement.

Impact des tarifs douaniers

Pour Julia Heiroth, il est difficile de prédire l’impact des nouvelles mesures tarifaires sur le tourisme lors de la prochaine saison.

« Je dirais que les opérateurs touristiques sont toujours très ouverts à la venue de quiconque. C’est surtout que les voyageurs canadiens ne vont pas nécessairement se rendre aux États-Unis cette année. Le fait qu’il y ait plus de voyages nationaux pourrait donc être un avantage », estime-t-elle.

« Nous en avons fait l’expérience pendant la pandémie. Nous nous sommes orientés dans cette direction. Et si cela se reproduit, je pense que nous sommes bien préparés. Les opérateurs se sont déjà concentrés sur cette question. Nous pouvons le faire à nouveau », conclut-elle.

IJL – Réseau.Presse – L’Aurore boréale

ENCADRÉ - Le tourisme comme connecteur humain

« Je pense que nous vivons une période très intéressante de tensions politiques, pas seulement en Amérique du Nord, mais dans le monde entier. Je trouve qu’il est très regrettable de constater que nous nous concentrons davantage sur la défense », pense Julia Heiroth.

« La pandémie a vraiment exacerbé la situation où les gens se sentent plus tendus et plus sur leurs gardes vis-à-vis des autres. Je considère le tourisme comme un connecteur. C’est à ce moment, lorsque vous voyagez quelque part, que vous commencez à mieux comprendre les autres. Je pense donc que nous devons garder le tourisme à l’esprit, même s’il n’est pas au premier plan des préoccupations de chacun en ce moment. Mais nous ne pouvons pas le perdre de vue. Les voyages d’agrément restent la dépense la plus importante pour tout le monde. »

« Ainsi, tout l’argent que les gens peuvent dépenser, ils l’utilisent toujours pour voyager et cela ne changera pas. L’être humain est conçu pour explorer et se connecter. Je pense donc qu’il est important de bien faire les choses. »

« Il est important de le faire correctement parce que le Yukon change très rapidement. Nous avons de plus en plus d’habitants. Nous assistons à un changement climatique. Le tourisme a un rôle à jouer pour améliorer la situation. Et, encore une fois, je pense que le plus important est que les gens aient une meilleure compréhension. Il faut donc que cela vienne de la base et pas seulement du sommet. »

  • Nombre de fichiers 3
  • Date de création 1 mai, 2025
  • Dernière mise à jour 1 mai, 2025
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