Pour réduire les véhicules de particuliers

La coopérative de partage de voiture Peg City Car-Coop est en bonne voie pour élargir son activité. En effet, l’administration publique de la Ville de Winnipeg recommande la mise en place d’un programme permanent de covoiturage, attribuant des places de stationnement réservées à la coopérative directement dans les rues. Après être passé devant le comité exécutif le 19 janvier, le projet a obtenu le feu vert du Conseil municipal le 27 janvier.

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Vincent Erario

IJL – Réseau.Presse – La Liberté

La résolution du comité exécutif de proposer des stationnements permanents aux voitures partagées dans les rues de Winnipeg a été unanimement approuvée par le Conseil municipal, le 27 janvier dernier.

« C’est une très bonne nouvelle », commente le conseiller municipal de Saint-Boniface Matt Allard, qui préside le comité d’orientation permanent du renouvellement des infrastructures et des travaux publics et qui était à l’origine de la proposition. (1)

Avant cette décision, un régime temporaire de stationnement avait été expérimenté dans le cadre d’un projet pilote. En collaboration avec Peg City Car Co-Op, la Winnipeg Parking Authority (WPA) a en effet fourni pendant un an et demi des places de stationnement réservées à des endroits stratégiques pour permettre aux Winnipégois d’utiliser un véhicule à la demande. Ce projet pilote s’inscrivait dans le cadre d’un effort visant à réduire ou à éliminer le besoin d’un véhicule pour la plupart des déplacements.

Au terme du programme pilote, Dan Locke, analyste des politiques au sein de la WPA, a fait état d’un bilan très encourageant : « Les résultats du projet pilote ont été très positifs. Nous avons recueilli un certain nombre de données. Sur une période de 16 mois, les cinq véhicules de Peg City Car Co-op impliqués dans le projet ont fait plus de 3 800 voyages et ont parcouru 120 000 kilomètres. Nous avons eu très peu de problèmes avec des véhicules non autorisés qui se seraient garés dans les espaces désignés aux voitures co-op. » En effet, parmi les cinq espaces réservés aux véhicules de Peg City Car Co-op dans le cadre du projet pilote, quatre étaient sur la voie publique. (2)

Un projet pilote prometteur

Dan Locke a même été surpris du niveau d’adhésion de la population au projet : « Les réservations entre octobre 2020 et septembre 2021 ont dépassé les projections initiales de Peg City Car Co-op. Donc les véhicules ont manifestement été utilisés et la demande a été là. »

Créée en 2011 avec seulement 30 membres, la coopérative de partage de voiture Peg City Car Co-op compte aujourd’hui 2 500 membres. Et elle projette d’atteindre les 3 000 membres d’ici la fin de l’année selon son président et fondateur Philip Mikulec. Celui-ci décrit un travail de longue haleine : « Il nous a fallu environ sept ans pour atteindre 1 000 membres. Donc nous avons eu quelques difficultés de croissance et il a fallu que nous restions fidèles à notre conviction que cela fonctionnerait. Et au fil du temps, nos efforts ont porté leurs fruits, avec une croissance vraiment rapide ces dernières années. »

L’idée de la coopérative est née du constat que d’autres villes au Canada possédaient leurs services de covoiturage, et pas la ville de Winnipeg. Philip Mikulec aspirait également à rendre service à la communauté et améliorer la qualité de vie : « Nous nous sommes donnés comme plan d’action de voir si c’était faisable à Winnipeg parce que nous avons conscience des impacts environnementaux avec la possession de véhicules privés, ainsi que l’impact urbain sur la ville. »

Daniel DeGagné est membre de Peg City Car Co-op depuis environ sept ans. Il travaillait au Conseil jeunesse provincial quand ses collègues lui ont parlé de la coopérative pour la première fois.

Occasionnelle, en complément de la voiture familiale : « J’utilise le service plus pour mes besoins de deuxième véhicule ou pour transporter des équipements spécifiques pour des travaux de rénovation, pour transporter ma motoneige ou des matériaux ».

Il est aujourd’hui pleinement satisfait du rapport qualité-prix. Il ironise : « Je paie plus en assurance pour notre premier véhicule que la totalité de la facture de Peg City Car Co-op! On s’en sort pas mal bien. »

Avec la décision du Conseil municipal du 27 janvier, Philip envisage de proposer de véhicules supplémentaires.  « Nous avons l’intention de passer de notre flotte actuelle de 70 véhicules à 90 véhicules d’ici le mois de mai. Parmi ces 20 véhicules supplémentaires, 8, nous l’espérons, auront des emplacements réservés dans la rue », confie Philip Mikulec.

Un investissement pour la ville et la communauté

Le conseiller municipal Matt Allard présente le covoiturage comme un investissement durable pour la ville de Winnipeg, quand bien même la perte en revenus de stationnement pour la ville est estimée à 32 647 $ par an. (3) « Le covoiturage encourage les gens à ne pas être propriétaire d’une voiture, ça donne une autre option de transport. C’est vrai qu’il y aura potentiellement une perte de revenus pour la ville au niveau du stationnement, mais on sait que le covoiturage une fois mis en application favorisa une réduction du nombre de voitures stationnées sur le chemin tout comme de la circulation véhiculaire, ce qui est bon pour nos infrastructures », confie le conseiller municipal.

À ce sujet, l’administration publique de la ville de Winnipeg a indiqué que le covoiturage réduirait les embouteillages en éliminant jusqu’à 15 véhicules personnels pour chaque véhicule partagé, selon une étude réalisée en interne par la Peg City Car Co-op. (4)

Le covoiturage participe également à la politique environnementale de la Ville d’après Matt Allard. Selon les chiffres établis par le Plan d’action climatique de la ville de Winnipeg en 2019, 81 % des déplacements hebdomadaires sont réalisés avec un véhicule personnel et 50 % des émissions de gaz à effet de serre à Winnipeg proviennent des transports. (5)

« La ville de Winnipeg cherche notamment à encourager les navetteurs à faire leurs trajets comme passager d’une voiture, comme piéton, cycliste ou utilisateur des transports en commun, car une personne qui conduit une voiture seule, c’est la façon la moins efficace de se déplacer, que ce soit au niveau de la circulation véhiculaire ou du changement climatique. »

 

(1)        Matt Allard signale que l’arrêt pris par le Conseil municipal le 27 janvier, prendra effet 30 jours après la date de réunion.

(2)        Les quatre espaces étaient situés à 100 Hargrave Street, 200 Hanbury Street, 575 McGee Street et 81 Roslyn Road.

(3)        Agenda du comité exécutif du 19 janvier 2022, Updates on the Success of the Carshare Parking Permit Pilot and Recommendations on the Terms of a Permanent Carshare Parking Permit Program (page 3) : https://clkapps.winnipeg.ca/dmis/ViewDoc.asp?DocId=21515&SectionId&InitUrl&fbclid=IwAR3dJ0vioQLDva42aMnafBdEr9_WExheVtNNIlGl-lV57EUdxABkBpFIOlU

(4)        Agenda du comité exécutif du 19 janvier 2022, Updates on the Success of the Carshare Parking Permit Pilot and Recommendations on the Terms of a Permanent Carshare Parking Permit Program (page 7) :

https://clkapps.winnipeg.ca/dmis/ViewDoc.asp?DocId=21515&SectionId&InitUrl&fbclid=IwAR3dJ0vioQLDva42aMnafBdEr9_WExheVtNNIlGl-lV57EUdxABkBpFIOlU

(5)        Winnipeg’s Climate Action Plan Summary : https://winnipeg.ca/sustainability/PublicEngagement/ClimateActionPlan/pdfs/CW_Climate-Action-Plan.pdf

 

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Photos : 

photos : Marta Guerrero. Philip Mikulec. Daniel DeGagné. Matt Allard.

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  • Date de création 4 février, 2022
  • Dernière mise à jour 4 février, 2022
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