Plongez dans l’histoire de la pêche au Grand lac des Esclaves
Photos, vidéos, filets, leurres et même un vieux bateau… Avec une densité qui devrait vous appâter, l’exposition Poissons à vendre : l’histoire de la pêche commerciale sur le Grand lac des Esclaves ouvre ses portes le 28 septembre au Centre du Patrimoine septentrional Prince-de-Galles.
Denis Lord
IJL – Réseau.Presse – L’Aquilon
« Je pense que les gens seront surpris de ce qu’on a découvert, dit la conservatrice des collections communautaires du Centre du Patrimoine, Fran Hurcomb. Personne ne sait grand-chose sur l’histoire du Grand lac des Esclaves. C’est passé sous le radar. L’histoire est intéressante et je pense que notre expo la présente bien. Les concepteurs ont fait un travail merveilleux. Il y en a pour tout le monde, même les enfants vont aimer ça. »
Auteure de plusieurs livres sur le Nord, Mme Hurcomb a publié Chasing Fish à Old Town Press en 2022, une œuvre qui inspire considérablement la présente exposition. Elle a consacré huit ans de recherche pour l’écriture du livre et il en a fallu deux de plus à quatre personnes pour monter l’exposition.
Retour sur l’essor de la pêche
L’essentiel de l’exposition est consacré à l’essor de la pêche commerciale durant la Seconde Guerre mondiale. « Une grande partie de notre production de viande allait outre-mer pour nourrir les troupes, explique Fran Hurcomb, et les gens ont commencé à manger plus de poisson. C’était surtout du poisson de l’océan, mais ensuite, les compagnies ont réalisé quel grand lac il y avait ici […] qu’on pourrait exporter son poisson, principalement aux marchés kasher de New York City, Detroit et Chicago. Des gens, des compagnies de Vancouver, de Toronto, d’Edmonton, demandaient la permission de venir pêcher au Grand lac des Esclaves. Le gouvernement a envoyé une équipe de biologistes pour évaluer si on pouvait faire de la pêche à long terme. Ils ont dit qu’il y avait de grandes ressources. Et ça a commencé. »
Tissu social
L’avènement des pêcheries commerciales a un impact sur le tissu social des Territoires du Nord-Ouest, selon la conservatrice, particulièrement à Hay River, qui en est devenue la plaque tournante. En 1948, une route a été construite en alternative à la navigation sur la rivière des Esclaves.
« Les pêcheurs, la plupart des Métis, venaient du Nord du Manitoba, de Saskatchewan et de l’Alberta, rapporte Fran Hurcomb. Ils avaient pêché chez eux durant des générations, mais c’était trop dur. Ils étaient ambitieux, ils voulaient faire leurs propres affaires, essayer quelque chose de nouveau et de plus payant. Des centaines sont venues, la plupart à Hay River, et beaucoup de familles y sont restées. »
Tout au long de cette période, il y a eu plus de pêcheuses que l’on croit généralement : « Nous l’avons souligné dans l’expo, d’autant plus qu’il y a plusieurs jeunes pêcheuses aujourd’hui, ce qui est vraiment bien. » On retrouve d’ailleurs à Prince-de-Galles la yole sur laquelle Susan Weaver a pêché 20 ans durant, venue du lac Winnipeg aux TNO par train dans les années 50. « C’est vraiment un trésor », s’enthousiasme la conservatrice.
L’ère autochtone
L’exposition témoigne aussi de l’importance de la pêche ancestrale autochtone et de celle qui a eu lieu durant la période de la traite des fourrures. « Sans poisson, tout le monde aurait été affamé dans les postes de traite et les missions et autre », observe Fran Hurcomb.
Poissons à vendre : l’histoire de la pêche commerciale sur le Grand lac des Esclaves est une exposition permanente conçue en partenariat avec le Centre du patrimoine de Hay River. Le vernissage aura lieu le 27 septembre à 16 h.
À partir du printemps 2026, une exposition mobile dans une cabane de pêcheur fera le tour des communautés du Grand lac des Esclaves pour se terminer à Hay River à l’automne suivant.
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- Date de création 26 septembre, 2025
- Dernière mise à jour 26 septembre, 2025