Pesticides: des recommandations toujours en suspens près de quatre ans plus tard

Des recommandations formulées dans un rapport de 2021 sur l’épandage de pesticides au N.-B. demeurent en suspens près de quatre ans plus tard. Megan Mitton, députée du Parti vert, ne cache pas sa frustration.

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Alexandre Boudreau

IJL – Réseau.Presse – Acadie Nouvelle - Atl

Le rapport sur l’utilisation d’herbicides et autres pesticides au N.-B. a été élaboré par le Comité permanent des changements climatiques et de l’intendance de l’environnement, en 2021, alors que le gouvernement Higgs était au pouvoir.

Le rapport de ce comité de l’Assemblée législative contenait 20 recommandations visant à mieux encadrer l’utilisation de ces produits au N.-B.

Malgré les souhaits de certains groupes environnementaux, le comité où les progressistes-conservateurs étaient majoritaires n’a pas recommandé l’interdiction du glyphosate ou d’autres pesticides sur les terres de la Couronne.

Mais d’autres recommandations beaucoup moins radicales sont toujours en suspens, trois ans et dix mois après leur publication, et ce, même si plusieurs d’entre elles avaient un échéancier entre six mois et un an pour leur mise en œuvre.

Le sous-ministre des Ressources naturelles, Cade Libby, et son sous-ministre adjoint, Chris Norfolk, étaient présents à ce même comité, mardi, pour rendre des comptes sur les progrès des recommandations du rapport.

Par exemple, le comité avait demandé au gouvernement d’entreprendre une «vaste étude coûts-bénéfices» sur l’utilisation des herbicides contre leur non-utilisation dans les plantations d’arbres. Cette étude devait être terminée dans les 12 mois suivant la publication du rapport, donc au plus tard le 2 novembre 2022.

  1. Norfolk a dit mardi que la portée du projet sera évaluée cet automne et que le travail comme tel devrait commencer l’an prochain, si le budget existe pour l’embauche d’un consultant.

«Je sais que ces choses prennent du temps, mais c’est quelque chose qui est important pour les Néo-Brunswickois, pour ce comité et pour l’Assemblée législative. Dans le fond, j’exprime ma frustration que les choses avancent si lentement dans ce dossier», a dit la députée Megan Mitton mardi.

Elle juge qu’il y a un manque de «volonté politique» des gouvernements sur ces recommandations. C’est étrange, selon elle, puisque l’ancien ministre des Ressources naturelles Mike Holland faisait partie du comité, tout comme l’actuel ministre de l’Environnement et des changements climatiques, Gilles LePage. Notre demande d’entrevue avec le ministre mardi après-midi n’a pas abouti.

Le comité avait aussi recommandé la nomination d’un haut fonctionnaire de l’Assemblée législative responsable des terres et des eaux de la Couronne, avec un budget approprié, à compter de l’exercice financier 2022-2023.

Cela n’a pas été fait. Cade Libby a affirmé qu’il revient à l’Assemblée législative de créer ce poste. Le Parti libéral est majoritaire à l’Assemblée, mais le caucus libéral n’a pas répondu à nos questions à ce sujet.

Le gouvernement devait aussi «réactiver» un Conseil consultatif des terres et forêts de la Couronne dans les six mois suivant le rapport, soit en mai 2022. Il a maintenant été formé et sa première réunion aura lieu en octobre 2025, selon les fonctionnaires.

M. Norfolk a dit que le ministère a fait des progrès sur plusieurs autres recommandations et qu’il a mis différentes initiatives en place depuis la publication du premier rapport, comme en faisant des efforts pour doubler la taille des aires protégées des forêts du N.-B. sur les terres de la couronne.

«Nous avons pour cible d’augmenter la taille des aires protégées et conservées à 15% des terres de la Couronne, et nous voulons éventuellement livrer un plan pour atteindre 30%.»

Le gouvernement a aussi agrandi les zones tampon entre l’épandage d’herbicides et les habitations de 155 mètres à 500 mètres, même si le premier rapport du comité recommandait de les accroître à un kilomètre.

Une recommandation à Énergie NB

Une autre recommandation consistait à demander à Énergie NB de commencer à éliminer progressivement l’épandage des pesticides sous les lignes de transport d’énergie. Énergie NB a depuis changé de produit, mais ne semble pas près d’éliminer leur utilisation tel que demandé par le comité.

Elizabeth Fraser, porte-parole d’Énergie NB, dit qu’Énergie NB a cessé d’utiliser des herbicides à base de glyphosate en 2023, mais que la Société de la Couronne continue d’utiliser d’autres herbicides, dont Garlon, Navius et Clearview Brush «en quantité limitées» le long des lignes de transmission.

Ces produits ciblent les arbres feuillus et résineux sans affecter l’herbe, selon elle.

Elle affirme qu’Énergie NB a la responsabilité de se conformer à certaines normes de gestion de la végétation sous ses emprises de transport d’électricité en vertu de la North American Electric Reliability Corporation. Mme Fraser dit aussi qu’Énergie NB se conforme aux normes provinciales et fédérales sur l’utilisation d’herbicides.

La députée Megan Mitton a évoqué la possibilité que le comité pose des questions à Énergie NB.

«La recommandation était d’éliminer progressivement les pesticides, pas seulement le glyphosate.»

Un groupe environnementaliste attribue la note «F» aux libéraux

Le groupe Stop Spraying NB, qui s’oppose à l’arrosage de pesticides sur les terres de la Couronne et qui milite pour de meilleures pratiques de gestion des terres forestières, a publié son bulletin annuel des différents partis politiques mardi après-midi.

Il a attribué la note F au Parti progressiste-conservateur parce que, selon le groupe, il n’a «aucun intérêt à régler cet enjeu» Il a aussi donné la note F aux libéraux de Susan Holt parce qu’ils n’ont pas encore mis en oeuvre leurs promesses électorales, selon un communiqué publié par le groupe en après-midi.

Les libéraux avaient promis, dans leur plateforme, d’étudier les alternatives au glyphosate et de «réétudier sa sécurité à l’aide de nouvelles données spécifiques au N.-B.». Ils avaient aussi promis de mettre en œuvre les recommandations du comité dans son rapport de 2021, et d’étudier l’interdiction de la pulvérisation aérienne.

Le gouvernement n’a pas répondu à nos questions à ce sujet mardi après-midi.

Stop Spraying NB a aussi donné la note B- au Parti vert, qui a posé des questions sur l’enjeu des pesticides en chambre, mais qui n’a pas déposé de motion sur le sujet, selon le groupe.

 

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Photo : Megan Mitton, députée du Parti vert. - Archives

 

 

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  • Date de création 15 octobre, 2025
  • Dernière mise à jour 15 octobre, 2025
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