Permis d’étude : réduction du nombre de visas aux étudiants étrangers
Ottawa a récemment annoncé un plafonnement du nombre de permis d’études afin de réguler la croissance de l’immigration et d'alléger la pression sur les demandes de logement, les soins de santé et autres services. Cette décision aura des répercussions sur les collèges et universités de la Nouvelle-Écosse, déplore l’Université Sainte-Anne.
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Farida Agogno
IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse - Atl
Marc Miller, ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté (IRCC), a déclaré que son gouvernement a prévu un plafonnement des permis d’études pour une période de deux ans.
Cette mesure implique une réduction de 35 % pour l’année en cours, avec une acceptation de 360 000 permis, comparé aux 560 000 accordés l’année précédente.
Selon M. Miller, certains établissements ont abusé du Programme des étudiants étrangers en acceptant un grand nombre de demandes, ce qui a, par ailleurs, augmenté leurs revenus.
Luc Tardif, directeur général du recrutement international et des sessions d’immersion printemps et été à l’Université Sainte-Anne (SA), partage également cette position.
Ce plafond a été de plus réparti de façon proportionnelle à la population de chaque province et territoire. Donc, certaines régions connaîtront une diminution plus significative que d’autres.
Dorénavant, toute demande adressée à IRCC devra être accompagnée d’une lettre d’attestation d’une province ou territoire. Ces derniers devront mettre en place ce processus de délivrance de lettres aux étudiants d’ici le 31 mars.
Pour M. Tardif, cette annonce a été abrupte et sans préavis. Il pense que cette décision n’est pas la réponse à la crise du logement.
En ce qui concerne le logement des étudiants internationaux, il souligne que SA dispose de capacités d’hébergement, mais cela n’est pas le cas sur le campus d’Halifax. « Je ne crois pas que dans la communauté de Clare, cette mesure va avoir des impacts positifs sur la crise du logement. Chez nous, il y a très peu de logements à louer. Les gens en général sont propriétaires de leurs maisons. Il y a très peu de complexes d’appartements », dit-il.
M. Tardif souligne que, malgré l’immigration croissante de personnes francophones au Canada, le pays perd peu à peu sa dimension francophone, car beaucoup d’entre elles choisissent de vivre en anglais.
Il exprime également l’espoir que l’annonce du ministre Miller n’aura pas de répercussions négatives sur les étudiants internationaux francophones, que ce soit au Québec ou ailleurs au Canada.
Il ajoute que l’immigration représente une richesse pour le Canada. Pour lui, ces étudiants et travailleurs étrangers participent à la société, fleurissent les entreprises et apportent surtout une diversité dans les milieux ruraux.
D’ailleurs, il faut noter que, selon les données du gouvernement, les étudiants internationaux ont contribué à environ 21,6 milliards de dollars au PIB du Canada et ont occupé près de 170 000 emplois pour la classe moyenne.
Le Courrier a contacté le Bureau du Travail, des Compétences et d’Immigration, qui a répondu par courriel.
« En Nouvelle-Écosse, la communauté acadienne et francophone est l’une des anciennes du Canada, indique le Bureau. Elle constitue une part essentielle du patrimoine de la Nouvelle-Écosse depuis plus de 400 ans ». Voilà pourquoi, depuis 2019, la province a lancé son premier Plan d’action en matière d’immigration francophone visant la croissance de la population francophone.
En 2022, la province a publié un communiqué portant sur son objectif de poursuivre le Plan avec des missions telles que la promotion, l’attraction, la rétention et inclusion, grâce aux services d’établissement, aux programmes de recherche et d’évaluation et à l’engagement accru de la communauté et des partenaires.
« Aider à attirer et à retenir davantage de nouveaux arrivants francophones est une partie importante du Plan d’action francophone de la Nouvelle-Écosse », confirme le Bureau.
D’après le Bureau, les établissements postsecondaires sont responsables de disposer des infrastructures nécessaires pour soutenir les étudiants étrangers.
« La Nouvelle-Écosse a toujours accueilli et valorisé les étudiants internationaux qui viennent étudier dans notre province. Les établissements d’enseignement postsecondaire, y compris l’Université Sainte-Anne, offrent des soutiens et des services supplémentaires aux étudiants internationaux pour garantir qu’ils puissent achever avec succès leurs études », complète le Bureau.
Autres mesures prises par Ottawa
À compter du 1er septembre 2024, les étudiants internationaux qui commencent un programme d’étude faisant partie d'un accord d’utilisation des programmes d’études ne seront plus admissibles à un permis de travail postdiplôme à la fin de leurs études.
Les diplômés de programmes d’études supérieures, de maîtrise et de doctorat pourront demander un permis de travail d’une durée de trois ans.
Désormais, seul l’époux ou l’épouse d’un étudiant étranger d’un programme de maîtrise ou doctorat aura accès à un permis de travail ouvert.
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- Date de création 8 février, 2024
- Dernière mise à jour 8 février, 2024