IJL - Ouest
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  • Date de création 10 décembre, 2021
  • Dernière mise à jour 10 décembre, 2021

Passer à l’action vers le Nunavut

Organisée par le World Trade Centre de Winnipeg (WTC), une conférence a eu lieu le 25 novembre pour des gens d’affaires afin de discuter des occasions de collaboration et d’échanges commerciaux entre le Manitoba et le Nunavut. Un rendez-vous qui a permis de mettre en lumière certaines difficultés particulières au Nord pour les entrepreneurs.

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Ophélie Doireau

IJL – Réseau.Presse – La Liberté

Pour la présidente-directrice générale du WTC de Winnipeg, Mariette Mulaire, ce genre d’évènement est nécessaire dans la communauté des affaires. « Il y a beaucoup de relations en place avec l’extérieur du Canada. À l’intérieur de notre propre pays, on se rend compte qu’il y a beaucoup d’échanges commerciaux qui ne se font pas naturellement. Il n’y a pas de stratégie nationale pour faire des échanges interprovinciaux.

« Il existe une entente qui favorise les échanges entre les provinces. Mais il reste beaucoup de barrières pour qu’il y ait plus d’échanges comme les taxes. Il n’y a pas d’entité qui faciliterait les transactions. Dans un monde idéal, il y aurait un secrétariat national qui serait la plaque tournante de ces échanges interprovinciaux.

« Quand on pense commerce, on pense souvent à l’exportation à l’international. Mais il y a tellement de choses qui peuvent être faites ici.

« Il y a une volonté politique. Mais presque chaque année, les Provinces et les Territoires sont en élection. L’année prochaine, les gouvernements de l’Ontario et du Québec seront en élection, nous le serons en 2023. C’est une histoire de calendrier qui empêche un aboutissement. »

La conférence était partagée entre deux panels d’interlocuteurs. En premier lieu, Gary Bell, PDG de Calm Air ; Marc Cool, directeur général d’Arctic Gateway Group et Derrick Webster, chef des opérations à EPLS Group of Companies ont tous soulevé le même point : le fait que les chargements soient pleins à l’aller, mais vides au retour coûte extrêmement cher en frais d’expédition. L’un des points discutés a été le manque d’infrastructures routières au Nunavut.

Le deuxième groupe de panélistes était composé de Collen Smook, maire de la Ville de Thompson, Todd Burns, PDG de Cypher Environmental et Gerry Marques, directeur du développement économique communautaire de PrairiesCan. Ils ont apporté un point de vue depuis le nord du Manitoba en soulignant le besoin de visiter les communautés du Nord pour cerner leurs enjeux.

Mariette Mulaire précise les étapes à suivre pour voir à la pérennisation des relations commerciales entre le Nunavut et le Manitoba. « La proximité entre le nord du Manitoba et le Nunavut est évidente. Depuis des années, on développe des tentatives d’amener des gens d’affaires parce qu’il y a tellement d’opportunités. »

Les occasions d’affaires ont aussi été amenées à la table par les différents intervenants. On retrouve entre autres, l’industrie minière, la construction de logements, l’énergie, les services et la sécurité alimentaire.

Pour Mariette Mulaire, ces relations doivent se faire en collaboration. « À un moment donné, il faut passer d’opportunités à actions. À date, toutes nos initiatives ont été des actions ponctuelles. La conférence s’inscrit dans une volonté d’une grande stratégie.

« On développe une stratégie et ensuite on développe un plan d’action. Il faut avoir une vision pour comprendre quelle direction prendre.

« Cette vision doit se faire avec d’autres qui ont aussi des intérêts à cet aspect à développer le potentiel avec le Nunavut. C’est pour ça que la Chambre de commerce du Manitoba était présente ainsi que le Business Council of Manitoba et la Province du Manitoba.

« Cette rencontre a permis de montrer le potentiel qui existe, on voulait encourager les gens d’affaires à investir au Nunavut. »

Par potentiel, on peut voir que le Nunavut est passé d’une population de 31 906 en 2011 à 35 944 en 2016. C’est la population la plus grandissante au Canada. Pourtant, la densité est faible puisque le territoire représente 20 % de la masse continentale du Canada.

Des investissements viendraient peut-être régler l’un des problèmes majeurs du Nunavut : le chômage. En 2016, le taux de chômage était de 14,9 %, soit le plus élevé du pays.

En plus de montrer le potentiel aux personnes d’affaires, Mariette Mulaire souligne que « souvent une personne d’affaires toute seule va se sentir débordée ou ne va pas savoir par où commencer. Quand on peut mettre ensemble deux ou trois compagnies qui ont intérêt à aller faire des affaires sur un marché - je ne parle pas de compétiteurs, mais bien de collaborateurs - ils peuvent partager leurs ressources, leurs coûts, leurs informations.

« Je peux donner un exemple concret, Jean-Pierre Parenty, qui a récemment vendu son entreprise Parenty Reitmeier, il était là, ça fait des années qu’il entretient des relations avec le Nunavut surtout au niveau de la traduction. C’est une excellente personne vers qui se tourner. Il y en a d’autres comme ça qui peuvent se prêter au jeu. »

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Photos : 

Mariette Mulaire. photo : Marta Guerrero

De gauche à droite : Chuck Davidson, Colleen Smook, Todd Burns et Gerry Marques au Musée des Beaux-arts. photo : Darcy Finley

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