Où sont les non-vaccinés de l’Ontario? [CARTE INTERACTIVE]

Où sont les non-vaccinés de l’Ontario? [CARTE INTERACTIVE]

ÉMILIE PELLETIER

Initiative de journalisme local — Le Droit

En moyenne, 22% des Ontariens admissibles à la vaccination contre la COVID-19, soit ceux âgés de 12 ans et plus, n’ont encore reçu aucune dose à cet effet. Le Droit a voulu savoir dans quelles régions se cachent ces non-vaccinés.

Toutes les personnes âgées de 12 ans et plus peuvent se faire vacciner en Ontario.

En province, la vaccination contre la COVID-19 a débuté il y a presque 200 jours.

Jusqu’au mois de juillet, le nombre de personnes qui recevaient leur première dose continuait d’augmenter à un rythme effarant.

Or, même si les travailleurs de la santé continuent d’administrer chaque jour des centaines de milliers de doses des vaccins contre la COVID-19, le nombre de personnes qui se déplacent pour recevoir leur première dose commence à stagner en Ontario. 

Et ce n’est pas faute de disponibilité des doses. 

 

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On retrouve les taux de vaccination les plus faibles dans trois des régions sanitaires les plus au sud de l’Ontario, soit celles couvertes par les bureaux de santé publique du Sud-Ouest, d’Haldimand-Norfolk ainsi que de Chatham-Kent. 

Pourquoi y a-t-il autant de non-vaccinés dans ce coin de la province? 

Il existe plus d’une hypothèse, selon la professeure en études politiques à l'Université d’Ottawa, Geneviève Tellier.

Elle remarque que ces régions où le taux de personnes admissibles non-vaccinés sont plus rurales et éloignées des grands centres urbains comme Toronto ou Ottawa. «Est-ce que c’est en raison du comportement politique? On sait que certains députés, notamment conservateurs, n'appuient pas toutes les mesures de santé publique.»

Or, elle constate que les députés qui représentent ces circonscriptions «ont un discours qui appuie le message du gouvernement Ford».

Un manque de stratégie au niveau provincial? 

La politologue constate que la décentralisation des décisions liées à la vaccination peut expliquer cette disparité entre les différentes circonscriptions sanitaires. 

«En Ontario, on a laissé les agences régionales décider des façons d’aller chercher les gens pour se faire vacciner. Ça peut être positif, puisqu’on adapte les stratégies à chaque population. À Toronto par exemple, on a ciblé des quartiers, des codes postaux. Mais en faisant ça, on oublie les régions qui n’ont pas été capables de mettre en place ces mesures-là.»

Les régions de l’Ontario où le taux de vaccination se situe sous la moyenne provinciale sont majoritairement rurales. 

La ministre de la Santé et vice-première ministre de l’Ontario Christine Elliott a souvent répété que la vaccination va bon train en province et qu’il n’est pas nécessaire d’utiliser des méthodes de motivation, comme les récompenses monétaires, pour encourager les gens à se faire vacciner. 

Geneviève Tellier est d’avis que le gouvernement aurait dû s’intéresser à ces endroits et aider les bureaux de santé publique locaux à «trouver des façons de rejoindre les gens». 

Un lien avec la proximité avec les États-Unis?

La situation géographique des trois régions où la vaccination semble être le moins populaire, particulièrement dans le contexte de proximité avec les États-Unis, pourrait aussi expliquer cette situation. 

«Peut-être que les résidents de ces régions connaissent davantage les discours qui ont eu lieu aux États-Unis. Ce n’est pas impossible. Les déplacements entre les frontières y sont plus fréquents. Ça pourrait être une des hypothèses.»

Ottawa fait bonne figure

C’est dans les centres urbains de la province que la vaccination se porte le mieux.

Tout comme les régions de York, de Niagara et de Halton, la Ville d’Ottawa est parmi celles qui ont réussi à administrer au moins une dose à plus de 80% de sa population de 12 ans et plus. 

«Évidemment, Ottawa est une ville de fonctionnaires, et depuis le début, on écoute les consignes», rappelle la professeure Tellier.

Juste à côté, 85% des personnes admissibles à la vaccination résidant la région représentée par le Bureau de santé du district de Leeds, Grenville et Lanark ont reçu au moins une dose.

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La carte interactive a été produite par Le Droit. Source: les données publiées par les 34 bureaux de santé publique de l’Ontario, le 12 juillet 2021.

  • Nombre de fichiers 1
  • Date de création 14 juillet, 2021
  • Dernière mise à jour 14 juillet, 2021
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