Ontario: la pression monte pour une décision sur la réouverture des écoles

Ontario: la pression monte pour une décision sur la réouverture des écoles

ÉMILIE PELLETIER

Initiative de journalisme local — Le Droit

En Ontario, plusieurs parents d’enfants d’âge scolaire souhaitent la réouverture des classes, et plusieurs autres, non. Ils s’entendent toutefois sur une chose: le gouvernement Ford doit prendre une décision, et au plus vite. 

En Ontario, il semble s’être dressé deux camps: celui selon lequel il est grand temps pour la réouverture des écoles, et l’autre pour qui un retour en classes n’en vaut pas la chandelle.

«Mes enfants [...] sont sportives et engagées à l’école», souligne Eric Levac, un parent de Casselman impatient de voir ses trois filles du secondaire retourner à l’école. «Pour celle en 12e, c’est très frustrant de penser qu’elle n’aura pas la graduation rêvée, autant pour nous que pour elle», note-t-il. 

Bien-être

Quant au papa ottavien François Bordeleau, qui souhaite assurer le bien-être de ses enfants, «autant physique que mental et émotionnel», ça ne vaut pas la peine de rouvrir les écoles pour seulement quelques semaines. 

L’âge de ses enfants, soit de 12, 15 et 17 ans, y est «bien évidemment» pour quelque chose, constate-t-il toutefois. «Leur routine est bien établie, ils sont heureux. Et parce que je travaille de la maison, je peux prendre un peu de temps durant la journée pour passer du temps avec eux.»

Enseignant à la septième année, Francis Gourde est plutôt d’avis que même s’il reste peu de temps à l’année scolaire, les écoles devraient rouvrir, «ne serait-ce que pour vivre une fin d’année plus “normale”». 

«Après le stress des derniers travaux et évaluations, je pense que cela serait positif pour la santé mentale des élèves, mais aussi des enseignants. Du moins, les écoles des régions les moins touchées devraient rouvrir», soutient-il.

Les experts eux aussi divisés

Ce désaccord est aussi palpable entre les experts qui conseillent le gouvernement Ford sur la COVID-19.

C’est d’ailleurs pour cette raison que le premier ministre Doug Ford n’a pas encore dévoilé sa position, soutenant qu’il attend le consensus des scientifiques.

Mardi, le médecin hygiéniste en chef, le Dr David Williams, a fait savoir qu’il recommande la réouverture des écoles dans les régions moins touchées par la transmission du virus à compter de lundi prochain. 

Mais des experts comme le Dr David Fisman craignent qu’une réouverture des écoles pour les deux semaines restantes à l’année scolaire ne fasse qu’augmenter les chances d’une quatrième vague de la pandémie.

Celui-ci juge également que cela pourrait mettre à risque les enseignants, qui n’ont pas tous été vaccinés, ainsi que ceux qui viennent tout juste de recevoir leur première dose et dont l’immunité n’a pas encore été formée.

Watson lance un message à Ford

À Ottawa, le maire Jim Watson a lancé mercredi matin un message clair au premier ministre: «il est temps de rouvrir les écoles».

La santé mentale des enfants est en jeu, juge-t-il. 

«Au cours de la fin de semaine dernière, nous avons vu les effets de la réouverture des jeux d’eau et des activités extérieures sur l’esprit d’un enfant.»

Cette semaine, la Dre Vera Etches a dit avoir bon espoir que le personnel est prêt pour le dépistage et pour la recherche des contacts. 

Les enseignants peuvent recevoir leur première dose d’un des vaccins contre la COVID-19, tout comme les enfants de 12 à 17 ans. 

À Queen’s Park

À Queen’s Park, la pression monte. 

Le chef du Parti libéral de l’Ontario Stephen Del Duca a déclaré mercredi matin qu’il adorerait que ses enfants puissent retourner à l’école, mais qu’il ne fait pas confiance à Doug Ford. 

Celui-ci demande que le premier ministre laisse les médecins hygiénistes locaux prendre la décision, en fonction de l’état de la situation dans leur région respective.

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  • Date de création 26 mai, 2021
  • Dernière mise à jour 26 mai, 2021
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